CHAPITRE PREMIER
DévELOPPEMENT DES 7 4ROMBIDIIDÆ
Dans le développement des Thrombidiidæ, tel qu'il a été étudié complètement par Henkixe [1882] chez le T. fuliginosum Herm., on distingue trois grandes périodes dont chacune se termine par une phase de vie active.
I, — Dans l'œuf, qui peut être pondu de la fin du printemps au commencement de l'été, se développe un embryon; puis, au bout de trente à quarante jours, par rejet de l’enveloppe chitineuse (ou apoderme) de celui-ci, est mise en liberté une première forme larvaire, la larve hexapode, qui va mener une existence active pendant laquelle elle est parasite externe sur des hôtes déterminés.
Cette phase de vie active se présente, en général, pendant les mois chauds de l'été (juillet et août) et elle dure à peu près trois semaines.
Après avoir ainsi rassemblé les matériaux nécessaires à son développement ultérieur, la larve se détache de l'hôte sur lequel elle était parasite et cherche une retraite dans la terre.
I. — Elle s'y transforme en chrysalide (pupe larvaire) : pendant ce stade de repos qui embrasse une quinzaine de jours, l'animal subit une dégénérescence des tissus par histolyse, puis les organes se reconstituent et, en ce qui concerne Îles pattes, il en apparait une 4° paire.
De cette pupe sort la deuxième forme larvaire, la nymphe octopode, qui se distingue de l’adulte seulement par de faibles caractères et surtout en ce que les organes génitaux internes sont encore rudimentaires.
Elle mène, pendant un espace de temps de trois à quatre semaines, une vie active et libre, n'étant plus alors parasite, afin de faire une nouvelle provision de nourfiture pour les métamorphoses ultérieures.
Ensuite l'Acarien recherche un endroit abrité pour s’y transformer de nouveau en chrysalide (pupe nymphale).
II. — Pendant ce stade de repos, qui comprend à peu près quarante jours, il se produit une nouvelle histolyse des. organes, puis l’Acarien prend sa forme définitive.
Enfin l'enveloppe de cette chrysalide est rompue pour mettre en liberté à l'automne l'animal parfait, prosopon où imago, qui, pas plus que la nymphe, n’est parasite.
Il passe l’hiver dans le sol et sort au printemps, époque où il est apte à la reproduction de l’espèce. Lorsque la fécondation a eu lieu, la femelle, deux à trois semaines après le repos
hivernal, dépose dans le sol une ponte de plusieurs centaines d'œufs.
Les individus sexuellement mürs disparaissent successivement pendant l'été.
En ce qui concerne le Leplus autumnalis, sa biologie est actuellement assez bien connue : dans nos régions françaises, cette larve hexapode se rencontre à l’état de vie libre dans les derniers jours d'août et surtout pendant la première quinzaine de septembre, période durant laquelle elle doit, pour pouvoir continuer son évolution, se fixer en parasite sur un Vertébré homéotherme (').
Cette date (septembre) d'existence libre est celle qui est normale dans les pays de plaines, mais, comme nous l'avons dit p- 52, dans les hautes montagnes (au-dessus de 1.000 m.), bien de le cycle de PR utan des Leptus n’ait pu encore y ètre entièrement suivi, il apparait cependant que le climat plus froid retarde l’époque du développement : il est, en effet, certain que la période de vie libre du Leptus se produit là à ure époque tardive, non seulement en septembre, mais aussi en octobre. De plus, comme dans ces zones élevées, on a observé encore des cas de thrombidiose à la mi-novembre et d’autres dès avril, il est probable que les Leptus des régions montagneuses peuvent hiverner à l’état larvaire
Mes recherches ont prouvé qu'après avoir traversé la phase de vie parasite nécessaire, le Leptus se détache de son hôte, s'enfonce en terre et s’y on en une nymphe octopode qui appartient incontestablement au genre Thrombicula.
Les conditions d'élevage favorables qui se trouvent réalisées dans un laboratoire, montrent que cette métamorphose peut se produire vers la mi-octobre
Cependant rappelons (voir p. 53) que Bruyanr, ayant constaté que le Leptus autumnalis est capable de passer l’hiver à l'état de parasitisme sur les animaux à sang chaud, était d'avis que, pour cette espèce, les phénomènes de nymphose doivent, dans la nature, se trouver retardés jusqu'en mai-juin de l’année suivante.
La nymphe continue vraisemblablement à mener une vie
(‘} Au contraire, les larves de l'Allothrombium fuliginosum apparaisseut en juillet, et dès la fin de ce même mois il y en a déjà qui sont parvenues au stade nymphal, mais {toutes ont complètement disparu dans les derniers jours d'août.
hypogée et il en est de même de la forme adulte que je crois être parvenu à découvrir (').