‹ Contribution à l'étude d'un Acarien: Le Thrombicula autumnalis ShawChapitre 4 sur 16 · CHapiTRe V DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE EN Europs · texte numérisé non relu

CHapiTRe V DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE EN Europs

La thrombidiose se présente comme une maladie endémique largement répandue dans l'Europe occidentale et centrale, mais localisée à des places étroitement limitées.

Le Leplus autumnalis a été signalé notamment des régions suivantes : | . Ecosse : East Lothian [G. Ware, 1850) ; Berwick [St. Hinsr, 1915].

Angleterré : [J. J. Wew, 1876]; Yorkshire [J. J. Waiçur, 1870] ; Lincolnshire [St. Hirsr, 1915] ; Wiltshire {[J. T. D. Lrx-

() Ewinc [1921, p. 3] a également constaté pour le Leptus irrilans Riley, de l'Amérique du Nord, que certaines localités, voisines de districts infestés, se montrent indemnes de ces parasites, bien qu’elles présentent des conditions de milieu semblant idéales pour ces larves.

WELYN, 1865; ; Surrey [St. Hinsr, 1915]; Ile de Wright [J. J. We, 1876 ; St. Hinsr, 1915]. P

France (!) : Nord (environs de Lille) [L. Bruyanr, 1911]; Seine (Bicêtre [Brücker, 1900}, Choisy-le-Roi *, Montreuil-sous- : Bois !) ; Seine-et-Oise (St-Cloud ! Versailles ! Sucy-en-Brie !) ; Seine-et-Marne (La Croix-en-Brie !) : Aube (Romilly-sur-Seine *) ; Meurthe-et-Moselle (Buré-la-Forge) [F. Him, 1904; : Côte-d'Or (Semur-en-Auxois [Brücker, 1897}, Dijon [F. Picaro, 1927) : Allier (Broût-Vernet *) ; Vienne {Poitiers *) ; Indre | TrouessanT] ; Manche: (Port-Baïil) [S. Jourpain, 1896]; Sarthe (Conlie *) : Maine-et-Loire (Ecoutlant *) ; Deux-Sèvres (Ste-Marie-de-Bernegoue *) ; Charente-Inférieure (St-Palais *) () ; Tarn-et- Garonne (°).

Espagne : Tocpr, sans préciser de localité, + signale le Rouget.

belgique Baryanr, 19111).

Danemark : Jutland (Thisted) [P. V. Heinerc, 1874).

Allemagne : Hanovre (Bierden) ; Lesum (près Brême) [A. C. Oupeuans, 1912]; Bonn [Merucacr, 1928]; Meiningen, Vallée de la Saale (Halle) TF. Brannis, 1897] ; Mannheim [Merara6r, 1928]; Wurzburg, Werneck (Basse-Franconie) [Gunoen, 1871; Bartenstein (Wurtemberg) [Touor, 1923 ; Mreruracr, 19281; Munich [Kxeiss, 1916}, Teplitz (Bohème) [Meraracr, 1927|.

La thrombidiose à été également rencontrée dans les Alpes où on en a observé trois groupes de stations :

à J’Ouest, canton de Fribourg et Valais [Gazu-Vazerio, 1918:

au Centre, canton des Grisons | Giovanozr, 1909 et 1916}, Valteline [Gazzi-Varerio, 1913 et 1914] et Vintschgau (ou Val Venosta) [Tocor, 1921-1922];

à l'Est : dolomites du Tyrol méridional (massif du Schlern) [Tozpr, 1921-1922] (*).

(‘) J’ai fait des recherches personnelles dans les localités désigntes par un! et je dois à divers correspondants l’indication de celles marquées d’un *.

{(?) La collection Trourssarr renferme un Leplus trouvé avec des Halacarides, à l'Ile de Ré : A. C.Oungwans croit que cet exemplaire avait été emporté là par le vent.

() Comme le fait remarquer K. Tozpr [1926, p. 7}, il est probable que le travail de Grusy [1861] sur l’érythème automnal, bien qu'aucune localité n’y soit indiquée, se rapporte à des cas de cette endémie observés en France.

(*) En Hollande, Ouvemans [1912, p. 32] a trouvé à Arnhem un Leplus sur un Oiseau (Parus major L.) au mois de mars.

(*) D'après le Dr A. MeruaGe [1928, p. 17}, dans.le Tyrol méridional la thrombidiose est causée par une forme qui, bien que voisine du Z. autumnalis Sh., serait distincte et qu’il appeile T'hrombicula Desaleri.

MÉM. SOC. ZOOL, T. XXIX. b)

Dans cette région des Alpes, la distribution en latitude parait assez limitée : de 46° 40° Lat. N, (Grisons et Vintschgau) à 46° 8 (Martigny [Valais) et Sondrio |{ Valteline]) : pour le moment, il subsiste donc une large lacune de séparation entre les endémies alpestres et celles de l'Allemagne du Sud.

La thrombidiose serait, d'après BerLese, inconnue en /{alie ; il dit en effet [1912 a, p. 991 : « Le Rouget est parasite fréquent de l'Homme en France et dans les autres pays de l'Europe centrale : mais je ne sache pas qu’il se comporte de même en Italie, bien que cependant nos espèces correspondent à celles du reste de l’Europe et plus particulièrement à celles de l’Europe centrale. J'ai toujours trouvé chez nous très communs les Leptus d'espèces variées sur les petits Mammifères, les Oiseaux et divers Arthropodes, mais il ne m'est jamais arrivé de m'apercevoir que l'Homme ou les grands Mammifères en aient été attaqués. »

Cependant, ainsi que Tocor [1923 4, p. 28] l’a fait remarquer, antérieurement CanesrriNt [1885, p. 132] avait signalé qu'il avait vu un chien portant au front un grand nombre d’exemplaires du Leptus autumnalis qui cause l'érythème automnal : il n'indique aucune localité précise, mais on peut supposer que c'était dans le Trentin ou la Vénétie, car ce sont ces deux contrées qu'il attribue comme habitat au T. holosericeum L. qui était pour lui, suivant l'opinion alors courante, l’adulte du L. autumnalis.

De son côté, Giovaxout [1909, p. 587 ; 1916, p. 66], en même temps qu’il a observé la thrombidiose dans le canton des Grisons, l’a signalée dans la province italienne limitrophe : la Lombardie.

: Dans l’Europe centrale les Leptus ne paraissaient pas à Tocpr se montrer en masses plus loin à l’Est que dans le massif du Schlern et, comme on‘trouve dans presque toute l’Europe occidentale des foyers de contamination disséminés en plusieurs places, il admettait [1923 4, p. 32] qu'il existait pour les stations de Leptus en masses, c’est-à-dire pour la thrombidiose, une aire de distribution Ouest-Européenne dont la limite orientale ne lui paraissait pas dépasser le 12° Long. Est.

Il lui semblait douteux que la thrombidiose se rencontrât

dans le Voralberg et le Tyrol septentrional : en Carinthie, il n'en connaissait aucun indice, mais À. MeraLacz [1929 c, p. 246] y a signalé le Leptus autumnalis.

D'autre part, dans la Basse Autriche, Toldt a fait connaître en 1925 et 1926 l'existence de deux territoires où se sont produites des manifestations de thrombidiose.

Dans le premier, à Anninger au Sud-Ouest de Mülding [près Vienne] (terrain calcaire dolomitique : 350 à 500 m. d'altitude), il a constaté [1925, p. 3] la présence d’un foyer d’une endémie analogue qui atteint l'Homme et qu'il appelle maladie de Gaaden (nom de localité) : sous le rapport de l’intensité (papules plus petites) et de la durée (3 ou 4 jours de démangeaisons au lieu de 6), elle représenterait une forme plus bénigne de la thrombidiose.

Il pensait qu’elle est également provoquée par des Acariens : dans des excursions faites en mai et juillet 1925, il avait recueilli, vivant en liberté, environ huit formes différentes d'Acariens qu'il n’avait pu déterminer exactement, mais parmi lesquelles ne se trouvaient pas de Leptus autumnalis typiques : la plupart étaient des Acariens connus comme n’attaquant pas les animaux à sang chaud, mais deux de ces formes étaient yraisemblablement des stades de développement d’une seule et même espèce et il les considérait comme étant les auteurs de la maladie de Gaaden : on sait d’ailleurs que, dans divers pays, différents Acariens attaquent l'Homme de la même façon que le Leptus.

Plus récemment, À. Meraracz [1928, p.17; à reconnu qu’en effet à Gaaden, il s'agissait, outre le L. autumnalis Sh., d’une forme constituant un nouveau genre et une nouvelle espèce : Polydiscia squamata.

Dans le deuxième territoire, à l'Ouest de Fischau [près Wiener Neustadt] (grès marneux : 400 à 500 m.), Toznr [1926, p. 2] a étudiéen août 1925 une localité où se trouvait un jardin fréquenté par un chien « Schnauzer » qui portait; au ventre, aux pattes et aux oreilles, des agglomérations de larves d’un jaune rougeâtre clair (teinte due à la répartition moins dense du pigment par suite de la distension du corps) : en enlevant ces larves après une succion prolongée, il a constaté que leurs pièces buccales étaient entourées d’un tube fibrineux provenant des tissus de l’hôte.

Dans ce jardin il a pu récolter, à l'état de liberté, un grand nombre de larves à jeun, d’un rouge écarlate, et isolément quelques stades d’un développement plus avancé qui appartenaient à une autre espèce que les larves (il s'agissait, en effet, d'après les déterminations de A. Meraracr, de nymphes et d'imago d’Actineda vitis Schr. |Erythræideæ)).

Ce jardin constituait d’ ailleurs, par rapport aux environs immédiats, un foyer endémique très linifé : on pourrait penser qu'iks’était produit là soit une invasion d’Acariens due à lintroduction de certaines plantes infestées (ce qui ne paraît pas le cas) ou d'engrais, soit une multiplication de ces animaux dans cet endroit clos protégé contre le vent. Mais Tozpr 1926, p. 4] admet qu'il ne s’agit pas d’un incident particulier, mais du fait général que les Leptus, dans l'étendue d'un même territoire contaminé, se rencontrent seulement à de petites places isolées.

Dans ce cas de Fischau, deux faits d’immunité sont à noter.

Le « Schnauzer » dont il a.été parlé est venu de Vienne, au cours de l’été, à plusieurs reprises, passer un certain temps dans le jardin en question et chaque fois s’est trouvé parasité au bout de quelques jours : au contraire, un fox-terrier, qui y demeure comme chien de garde, n’est jamais (on n'est plus) attaqué par les Acariens.

D'autre part, comme il a été dit plus haut (p. 48), Tozpr (qui est brun) a présenté, après 30 heures de séjour dans cette localité, de nombreuses papules, tandis que Le D' Meraracr (blond clair) qui l’accompagnait, n’a éprouvé aucune démangeaison, soit qu'il ne fût pas mordu, soit que la piqûre n’eût pas d'action sur lui.

Jusqu'ici, pas plus dans la région de Fischau que dans celle d’Anninger, aucune larve n’a été observée en place, fixée sur la peau de l'Homme : par suite, non seulement on n’a pu établir avec certitude l'espèce en cause, mais on pourrait même se demander si, dans ces cas de la Basse Autriche, les irritations cutanées sont provoquées réellement par la morsure directe des larves ou par quelque autre influence, encore inconnue, corrélative à leur présence.

Cependant le fait que des larves ont été trouvées attachées à un chien prouve qu’elles attaquent les Vertébrés à sang chaud.

De plus A. MerazaGr, a examiné les larves recueillies par Tocpr sur les animaux domestiques tant dans le Tyrol méridio-

MARC ANDRÉ | 59 nal que dans la Basse Autriche. Or, si celles de la première région (massif du Schlern) appartiennent à une espèce nouvelle, Thrombicula Desaleri, qui se place entre le T. autumnalis Sh. et Le 7°. Fahrenholzi Oud., il a reconnu |1928, p. 17] que la généralité des cas de thrombidiose de la Basse Autriche (territoire: de Fischau), qu'il avait d'abord [ 1926, ëx Tocor, p. 6] attribués au ?. Fahrenholzi Oud. [1912, p.35] (1, est, en réalité, à rapportier au 1°. autumnalis Sh.

D'ailleurs ces formes autumnalis, Fahrenholzi, Desaleri sont très proches parentes et la maladie qu'elles causent peut, dans tous les cas, conserver l’appellation de thrombidiose.

Les divergences qui, dans intensité des démangeaisons et daus leur durée, existent entre la thrombidiose du Tyrol et ces maladies de Gaaden et de Fischau, peuvent tenir soit à ce qu'il s'agit de trois espèces différentes (Thrombicula Desaleri, Polydiscia squamata, Leptus autumnalis), soit à des conditions climatologiques locales.

Si on se rappelle d’ailleurs que, parmi les Vertébrés à sang chaud, l'Homme n’est pas un hôte normal pour le Leptus, il est possible que les habitants de la Basse Autriche conviennent encore moins à ce parasite que ceux du Tyrol {Touvr, 1926,

RE

Au point de vue de la distribution géographique, il est intéressant de rapprocher de ces endémies de Gaaden et de Fischau (?) certaines données encore vagues qui semblent indiquer que des maladies semblables pourraient exister aussi dans l'Europe orientale. On à signalé, en effet, des cas isolés en Hongrie chez des personnes occupées au déchargement de blés provenant de Roumanie, et également en Allemagne lors de l'introduction de céréales de Russie !Toivr, 1923 4, p. 5 ; 1926, Dre ,

Mais, dans tous ces cas, les parasites sont-ils bien des Leptus ? À ce propos Tocpr [1923 6, p. 6] rappelle, en effet, qu'en Europe une maladie cutanée, la fièvre des céréales, est causée par les femelles (et non les larves) du Pediculoides ventricosus Newp.

(‘) Cependant on à vu plus haut que dans le cas unique de Gaaden iutervient aussi une forme appartenant à un genre distinct : Polydiscia squamata Methl.

() A. MeraLace à signalé également d’autres foyers de thrombidiose aux environs immédiats de Vienne (Leopoldsberg, Kahlenberg, etc.}.

En dehors de l'Europe, l’érythème automnal est connu dans l'Amérique du Nord et des maladies semblables ont été signalées au Mexique (sous le nom de Tlalsahuate), ainsi qu’au Japon (fièvre des rivières, ou Kedani, ou Tsutsugamushi) (‘) et à Sumatra (pseudotyphus).

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