RÉSUMÉ HISTORIQUE
Dans la famille des Thrombidiidæ les diverses larves parasites, munies seulement de six pattes et toutes de couleur rouge vif, sont très différentes les unes des autres selon le genre auquel elles appartiennent et se différencient aussi beaucoup de leurs adultes respectifs, avec lesquels elles n’ont aucune resremblance.
En ce qui concerne le cas spécial du Leplus autumnalis Shaw, on a cherché pendant longtemps à quelle espèce il doit être rattaché.
En 1876 Méenix |p. 11] déclara formellement que ce Rouget (pl. 12, fig. 8-9) était la forme larvaire hexapode du Thrombidium holosericeum L.
R. Moniez :1895, p. 304] objecte que l'adulte dessiné par Mécxin diffère du véritable holosericeum par plusieurs earactères : en particulier, les pattes seraient garnies de poils simples (et non plumeux) et se termineraient par des caroncules (pulvillus) ciliées (dont l'espèce Linnéenne est dépourvue) : il en conclut qu'il s’agit ici d'un Thrombidium d'espèce indéterminée, d’ailleurs voisine de l’holosericeuin et peut-être identique au T. rimosum (?).
() Cette maladie est souvent mortelle, un certain nombre de larves parasites pouvant servir de porteurs à un virus qu’elles transmettent du Mulot:à l'Homme.
() La présence de pulvillus aux pattes indique que Mégnin à eu affaire à un Atllothrombium.
Une deuxième larve hexapode a été observée par Méenx [1876, p. 9, pl. f1, fig. 9-12] qui l’a trouvée sur des Faucheurs et des, Insectes : il l’a regardée comme étant la même espèce que le T. phalangqu de Ducis et il a admis qu’elle était la larve du T. fuliginosum Herm.
Mais Henxine, après une étude très complète, pense [1882, p. 635} que la forme vue par Mécnix est un tout autre animal que la véritable larve du T. fuliginosum, laquelle vit uniquement sur les Pucerons.
Cependant Moniez [1895, p. 303] admet que l'adulte appelé fuliginosum par Méex est bien l’espèce décrite et figurée par Bercese [ 1885, pl. 8] et par Canesrrint [ 1885, p. 130, pl. V] sous les noms de 7. gymnopterorum et T. phalanqu (tous deux syno- : nymes de fuliginosum).
Il trouve même qu’en ce qui concerne la larve, Les figures données par Mécnin et par HexkiN6 ne sont peut-être pas 'inconciliables.
Mais L. BruyanT 1911, p. 257] a reconnu que, loin de pouvoir être rapportée au fuliginosum Herm. — gymnopterorum auct., la larve dessinée par Méenix ressemble à celle de l'Achorolophus nemorum Koch, laquelle, parasite sur les Faucheurs, est probablement l’une des formes du Leptus phalangii Latr. et appartient à une tout autre famille, Les £rythræidæ.
En 1893 Benzuse [p. 94) affirma que le Leptus autumnalis était la larve du T. gymnopterorum auct. — fuliginosum Herm. (!) ; mais la forme qu'il figura [pl. XV] comme telle fut d’abord jugée distincte et nommée T. meridionale par Ounemans [1909, p. 45]; puis celui-ci a reconnu [1912, p. 32] en elle Le même animal que son T. inopinatum |[1909, p. 43|, qui est d’ailleurs le véritable Leptus autumnalis Shaw.
Quant à une autre larve, vivant sur les Orthoptères (Acridiidæ et Locustidæ), qui a été décrite et figurée par Bercese 11893, pl. XIV] comme étant celle du T. holosericeum L., Oune- MANS, après l'avoir distinguée Sous le nom d’A//othrombium ualicum |[1909, p. 26], a constaté [1912, p. 109] qu'elle avait pour forme adulte le T. {rigonum Herm.
Une troisième larve dessinée par Bercese | 1893, p. 94, pl. XVT!,
(!) Comme l’ont fait remarquer Moniez [1895, p. 305] et Bruyanr [1909, p. 672], c’est sans doute par inadvertance que Bercese, quelques pages plus loin [pp. 102 et 110}, se contredit en identifiant ce même Lepte à la larve de l’holosericeum.
qui avait été recueillie par le D' Trousssarr sur un Oiseau (Hirundo riparia L.) à été appelée par Ounewans 7. Berleser 11903, p. 143], mais l'adulte en reste inconnu.
En 1897 E. Baücker [p. 879 ; 1900, p. 413], après avoir comparé des larves recueillies sur l'Homme avec les figures données par Henkinc et par Berress, crut pouvoir affirmer que le Rouget était la forme larvaire du 7. gymnopterorum L. = fuliginosum Herm.
S. Jourpaix, qui avait reconnu [1896, p. 1082] que le Rouget n'est pas la larve du T. holosericeum, arriva également à conclure [1899, p. 633] qu'il était celle de ce T. gymnopterorum.
Mais, d'autre part, Moniez |1895, p. 305 et 308] s'était élevé contre la tendance à croire qu’il existait un Rouget ou Leptus autumnalis unique, et avait émis l'hypothèse que plusieurs larves pouvant attaquer l'Homme devaient être comprises sous ce nom : il admit même qu’elles pourraient non seulement appartenir au genre Thrombidium, mais aussi être des Rhyncholoplus.
Cette pluralité spécifique des Rougets de l'Homme semblait avoir été prouvée en 1904 par F. He et A.-C. Ounemans [1904 a, p. 704; 1904 6, p. 91] : ils crurent avoir constaté que dans une localité française {(Buré-la-Forge, Meurthe-ct-Moselle) trois formes larvaires de Thrombidium étaient simultanément parasites sur l'Iomme et les Vertébrés supérieurs et ils pensèrent avoir mis hors de doute que le terme de Leptus autumnalis groupait des larves différentes (1).
Ils rapportèrent l’une d’elles au T. gymnopterorum L., mais ne purent découvrir l'adulte des deux autres, T. striaticeps Oud. et T. poriceps Oud.
L. Bruyant en 1909 [5, p. 207] a affirmé que la larve du T. gymnnopterorum L. — fuliginosum Herm. ne lui semblait pas pouvoir parasiter l'Homme et les Mammifères, mais qu’elle ne s'attaque qu'aux Pucerons.
Plus récemment F. Picarp [1927, p. 189] à repris l'opinion émise par Brücker : tout en admettant comme fort vraisemblable que les larves hexapodes de divers Thrombidiidæ soient susceptibles de piquer l'Homme, il a de nouveau soutenu que,
{1} W. Evans [1910, p. 100] à admis également que sous l'appellation de Leptus autumnalis on avait inclus les formes larvaires de plusieurs espèces différentes, et il a reconnu qu'aucune de celles-ci n’est Ie T. holosericeum L.
dans la majorité des cas, la larve que l’on désigne sous le nom de Lepte automual est celle de L'A//othrombium fuliginosun.
Or, d’une façon générale, les larves de Thrombidions se répartissent en deux grands groupes, suivant qu’elles possèdent deux boucliers céphalothoraciques dorsaux ou qu'elles n'en présentent qu’un seul.
Au premier type appartient la larve de l'A. fuliginosum qui, en fait, n'a Jamais été trouvée que sur des Pucerons par HexkinG (1882, p. 553], dont les observations ont été confirmées par BruyawT [1909 c, p. 673] et par Ouoemans [1912, p. 91].
Au contraire, dans le deuxième type rentre la forme décrite par Oupewans sous le nom de T. inopinatum|— gymnopterorum Berlese {non L.)| () et assimilée par lui au Leptus autumnalis.
Notons d’abord que les observations de Baücker[1897, p. 879 ; 1900, p. 413] ne peuvent guère permettre d'élucider la question : car Les parasites qu’il a trouvés sur l'Homme, le Rat (Mus rattus L.) et le Merle, d’abord à Semur-en-Auxois, puis aux environs de Paris (à Bicêtre notamment) ont été déterminés par lui comme larves d’A. fuliginosum à la suite de la comparaison avec les descriptions de Hexxinc et de Berzese. Or les figures données par ces deux auteurs représentent respectivement, pour le 1 [1882, pl. XXXV, fig. 31], une larve à deux boucliers et, pour le 2° [1893, pl. XV] un Leptus à un seul bouclier. Et même, quand on remarque avec quelle netteté la figure de Ber- Lese montre l’existence d’un bouclier unique, on serait tenté de supposer que ce caractère ne saurait avoir échappé à Brücker, qui aurait donc eu sous les yeux un véritable inopinatum — Leptus autumnalis et non une larve d’A//othrombium (?).
Par contre, les observations de Bruyant, confirmant celles de Hexxixc, sont très précises. IL affirme [1909 c, p. 673] qu'ayant élevé un grand nombre de larves d'A. fuliginosum [= gymnopterorum L. (non Berl.)], il les a vues se développer uniquement sur des Pucerons, sans avoir pu jamais obtenir leur fixation sur l'Homme et les Mammifères, ni même sur d’autres Inver-
(!) Ainsi qu’il est dit, plus haut, p. 61, Oupguaxs a montré que le nom gymnopterorum L. donné à cette forme par Bencese est erroné et il l’a remplacé par nopinatum Oud. |
(2) Il est, de plus, à noter comme autre caractère distinctif que, outre les deux soies pseudostigmatiques, on observe chez le L. autumnalis, sur l'unique bouclier, plus large que long, 5 poils barbulés (1 antérieur médian et 4 situés dans les angles), tandis que dans la Jarve de l’A. fuliginosum, le bouclier antérieur, plus long que large, présente 6 poils barbulés latéraux. -
tébrés. Il ajoute, de plus {p. 674}, qu’il connait des propriétés où PA. fuliginosum adulte pullule par centaines sur de très faibles étendues et où l’on ne ressent, pourtant à la saison d'été, aucune attaque des Rougets (*).
Rappelons encore ce fait que l’A. fuliginosum est signalé par Bercese [1912 «&, p. 258] de plusieurs localités de l'Italie centrale et que cependant l’érythème-automnal y parait mconnu, d'après cet auteur [1912 6, p. 99] (Voir plus haut, p. 56).
Au contraire, quant aux observations constatant le parasitisme, sur des Vertébrés, du F. inopinatum — Leptus autumnalis, à un seul bouclier dorsal, nous avons vu, p. 45, combien elles sont nombreuses.
Enfin, il à été dit plus haut (p. 52) que les dates des périodes successives de l'évolution biologique ne paraissent pas concorder pour l'A. fuliginosum et pour le T'. inopinatum. Tandis que, d’après Hexkin6, chez le fuliginosum le développement tout entier, depuis l'œuf jusqu’à l’imago, se ferait la même année, de mai à octobre, Bruyanr et Tozpr pensent que le T. inopinatum serait capable d'hiverner à l’état larvaire, la nymphose n'ayant lieu qu'en mai-juin de l’année suivante.
D'ailleurs, dans une localité donnée, à une même époque la coexistence des deux espèces, l’une, le Leptus autumnalis, à l'état larvaire, l’autre, l'A/Z. fuliginosum Herm., sous forme de nymphe ou d'imago, a été constatée aussi bien dans le Tyrol méridional par Tocnt [1926, p. 7}, qu'aux environs de Paris pour moi-même [M. Anoré, 1927 a, p. 319]. | C'est ainsi que j'ai observé en 1928 les faits suivants (?) :
Dès la deuxième quinzaine de juillet, à La Croix-en-Brie (S.-et-M.), Versailles (S.-et-0.) et St-Palais (Ch.-Inf.) j'ai rencontré sur des Groseilliers (Ribes rubrum L. et R. nigrum L.), parmi les Pucerons qui couvraient la face inférieure des feuilles, un grand nombre de larves d'Al/othrombium fuliginosum et déjà quelques très jeunes nymphes de la même espèce ; je pus recueillir ainsi cette forme à ces deux stades pendant trois semaines ; puis au mois d'août, des recherches minutieuses me permirent de constater la disparition totale de la larve hexa-
() GC. Wansurrox [1928, p. 233] a également fait remarquer que l'affirmation avancée en 1927 par M. F, Prcarp ne saurait être acceptée, la larve de l'A. fuliginosum élant une forme entièrement distinete, qui n’attaque pas l'Homme.
(2) J'ai fait des observations analogues en 1929.
pode. Pendant toute cette période, je n'ai rencontré aucun Leptus autumnalis.
Mais, dans les derniers jours d'août et surtout au début de septembre, les deux localités de S.-et-M. et de S.-et-0. que je viens de citer se trouvèrent, presque simultanément, envahies par les Rougets qui continuèrent à être très abondants pendant toute la première quinzaine de ce dernier mois.
Ce furent, en particulier, des larves récoltées le 12 septembre en S.-et-0., dont l’éclosion me donna le 19 octobre les ny phes dont je lent plus loin (p. 72).
Les Leplus atutumnalis ont donc fait leur apparition plus d’un mois après les larves des A//othrombium et ces dernières avaient évolué en nymphes dès la fin de juillet, alors que c’est seulement à la mi-octobre que les Rougets ont atteint leur stade nymphal.
On peut donc admettre avec Bruyanr [1910, p. 347; 1911, p. 257] que la forme larvaire quis’observe le plus fréquemment sur l'Homme est le T. inopinatum Oud. — meridionale Oud. — Leptus autumnalis Sh. ; il n’a d’ailleurs jamais rencontré cette forme en dehors des Mammifères et des Oiseaux (").
D'un autre côté, BRuYANT avait admis au nombre des Rougets de l'Homme une deuxième larve [1909 &, p. 208 ; 1909 c, p. 672] qu'il avait d'abord assimilée à l'A//. striaticeps Oud. : ultérieurement il l’a identifiée à l’A//. fectocervix Oud.'et il a reconnu qu'elle appartenait à une forme adulte qu’il avait primitivement rapportée au 7. holosericeum L.
Mais il s'’aperçut ensuite [1913, p. 597] que sous ce dernier nom on a confondu plusieurs espèces.
Le véritable holosericeum L. a pour larve le T. poriceps Oud. : Oudemans {1913, p. 135] admet, d’autre nn que cette larve est identique à l’Acarus parasilicus de Geer, qu'il considère comme le type du genre Afomus Latreille.
Le T. tectocervix Oud., est la larve d'une deuxième espèce, le T. Degeeri Oud., qui serait d’ailleurs identique au 7°. rimosum Koch.
Une troisième forme adulte, voisine du T. hole: est le T. latum Koch, dont on ne connait pas le stade larvaire.
() F. Branpts [1897, p. 415] n'avait pas non plus pu obtenir qu’elle se fixàt sur d’autres animaux que ces Vertébrés homéothermes,
Quant au T. striaticeps Oud., il est la larve d’un adulte appartenant au genre Enemothrombium [Ounemaxs, 1928, p. 347].
in ce qui concerne le T. poriceps Oud. etle T. strialiceps Oud., Hein et Oupemans [1904 b, p. 96] avaient constaté que ces formes qui, fixées sur des Insectes, acquièrent, pendant la période assez longue de leur vie parasitaire (15 à 18 jours), une grosseur triple de leur taille initiale, n’atteignent jamais ce volume sur les Mammifères et les Oiseaux : ils pensaient donc que les larves qui s'implantent chez les animaux à sang chaud sont des parasites fourvoyés sur un mauvais terrain et que c’est aux dépens des Arthropodes qu'elles auraient dû mener leur existence normale.
Aussi actuellement Ounemans | 1912, p. 95] regarde-t-1l comme douteux chez l'Homme le parasitisme du 7. poriceps Oud. (— parasiticum de Geer), qui a pour adulte le T. holosericeumr, et du 7’. striaticeps Oud., dont l’adulte est un Enemothrombium, et il n'admet pas non plus celui du 7. tectocervix Oud., larve du 7. Degeeri Oud.
Il en résulte que la seule larve qui soit certainement parasite de l'Homme en France, et d’ailleurs, d’une façon générale, en Europe, est le Leptus autumnalis Shaw.
De mon côté, tous les spécimens de Rougets que j'ai recueillis en liberté ou en parasitisme sur moi-même appartiennent au groupe des Leptus à un seul bouclier et, bien qu'ayant en même temps rencontré également des AZ/othrombium fuliginosum à l’état soit de nymphe, soit d’imago, je n'ai jamais observé une seule larve à deux boucliers ailleurs que sur des Pucerons.
Mes recherches confirmant donc celles de Bruyanr, Ounemans, Hirsr, 1l résulte que les seuls Rougets observés jusqu'ici sur des Vertébrés sont des larves à un seul bouclier et qu’elles appartiennent au groupe du Leptus autumnalis et qu'en particulier la présence sur des animaux homéothermes de l'A. fuliginosum ne parait pas avoir été jamais authentiquement constatée.
D'ailleurs, comme l'a fait remarquer Bruxanr [1909 c, p. 672/, même le T. inopinatum Oud. — autumnale Shaw, qui ne se rencontre pas sur des Invertébrés, mais uniquement sur des Oiseaux et des Mammifères (!}, ne peut avoir chez l'Homme
(:) Le Chigeer américain (Leplus irritans Riley}, lui non lus, n’a jamais été trouvé au nombre des larves de Thrombidiidæ parasites sur les Trachéates.
qu'un stade parasitaire tout à fait temporaire, les Leptus étant toujours rapidement arrachés par le grattage.
Nous avons vu, du reste que, d’après Tornr, l'Homme n'est pour eux qu'un hôte accidentel, un « ersatz » d'occasion.
La forme adulte du Leptus autumnalis Sh. = T. inopinatum Oud., est restée pendant longtemps mal connue.
Bruyant [1909 6, p. 207] avait admis que c'était le Microthromhidium pusillum Herm. ; car, en élevant des Rougets pris sur des Vertébrés (Mammifères et Oiseaux), il était arrivé à avoir une nymphe unique qu'il avait cru pouvoir rapporter à cette espèce ('). |
En 1923 K. Tornr jun. {4, p. 1}, dans un travail sur l’érythème automnal (ou thrombidiose) causé dans le Tyrol méridioual par le Leptus autumnalis, considèrait encore celui-ci comme la larve du M. pusillum.
Cependant A.-C. Ounemans, qui avait d’abord [1912, p. 21] partagé cette opinion, l'avait rejetée ensuite [1913, p. 1271: car, après un nouvel examen de l’unique spécimen qui lui avait été communiqué par Bruyanr et qui, conservé dans la glycérine, était en assez mauvais état, 1l avait reconnu que cette nymphe offrait des caractères ne permettant pas de lidentifier au M. pusillum Merm. : chez elle, en effet, Le tarse de la première paire de pattes est conique rétréci au sommet (au lieu d’être ovalo-claviforme) et seulement un peu (et non deux fois) plus long que le tibia [, la griffe du palpe maxillaire est simple (et non double), les poils recouvrant le corps sont tous pourvus de barbules, mais (au lieu d’avoir la même taille) ils augmentent de longueur en allant d'avant en arrière, jusqu’à devenir trois fois plus longs à l'extrémité postérieure de l'abdomen (?).
D'autre part, Ewine [1921, p. 5] n’a pas réussi à le rencontrer sur les petits Rongeurs : mais peut-être cela tient-il à ce qu’il a fait ses recherches à une époque trop tardive (septembre). Cependant il a admis en 1924 [p.251] quele Lapin pouvait être l'hôte naturel de ce Leplus. De son côté, un autre auteur américain, A. E. Mrccer (1925, p. 345], reprenant une observation déjà faite par Ewin6, a constaté à diverses reprises la présence de Chiggers fixés, à l’état de replétion, sur diverses espèces de Serpents de l'Ohio méridional : ce Leptus serait donc parasite de Vertébrés à sang froid, D'ailleurs une autre espèce américaine attaque, d’après Ewinc, une Rainette (Æyla).
(!) Bruvanr [1910, p. 351 (note)] a pu aussi examiner une nymphe obtenue par F. Branois en 1897 [p. 415; 1898 (in Kramer), p. 463] de l'élevage d’un Rouget humain commun aux environs de Halle, et il a constaté que c'était la même nymphe que la sienne et que cette forme larvaire d'Allemagne, rapportée à tort par cet auteur au 7. holosericeum, était également le 7. inopinatum Oud.
(?) Voir, pour la description du 4. pusillum : 1926 a, M. Anoré, p. 205.
En conséquence, Ounemans avait alors admis l'existence de deux espèces distinctes : 1° le Microthrombidium pusillum Herm., dont la larve reste inconnue, 2 le Microthrombidium autumnale Shaw, dont la forme larvaire aurait été le Leptus autumnalis et dont on aurait connu seulement la nymphe, mais non l'adulte.
Mais, en 1916, à Mumich, Ludwig Kweissz [p. 253], ayant réussi à élever des larves qu'il avait identifiées au T. inopinatum Oud. (= Leptus autumnalis Sh.), avait obtenu dix nymphes qu'il reconnut, avec surprise, comme appartenant au genre Thrombicula Berlese, 1905, et, d’après lui, c’est également à ce genre que l’on doit, sans hésitation, rapporter la nymphe observée par Brüranr et figurée par Oupemaxs [1913, pl. XII, fig. 1-6].
© Ce Thrombicula est d'ailleurs différent de toutes les espèces jusqu'alors décrites et doit prendre le nom de Thrombicula autumnalis Shaw.
Knmissi n'indique pas les hôtes sur lesquels il avait récolté les larves lui ayant fourni la nymphe dont il n’a donné que cette diagnose succinte : Leniter rosea. Pilis in abdomine postico longis. Oculis nullis (). Tarsis anticis 2 1/3 longioribus quam latis.
Plus récemment St. Hinsr [1926, p. 140}, de son côté, obtint de l'élevage de larves recueillies en parasitisme sur de jeunes poulets et s’identifiant aussi au Leptus autumnalis une nymphe unique qu'il rapporta également au genre Thrombicula, tout en la regardant comme le type d’un nouveau sous-genre Veéthrombicula.
I] lui semble d’ailleurs probable que Le spécimen étudié par BruyanT et Oupeuans appartient à la même espèce qu’il convient, par conséquent, d'appeler Thrombicula (Neothrombicula) autumnalis Shaw.
Enfin, tout dernièrement, À. Merazags [1928, p. 17], qui attribue au Thrombicula autumnalis Sh. les cas de thrombidiose observés dans la Basse Autriche (territoire de Fischau) par K. Torpr, a classé également dans Le genre Thrombicula, sous le
(t) La présence d’yeux avait été indiquée par Bruyant ; mais ils n'avaient pu être distinguës par Oupemans. Hirsr est d'accord avec Kneiss pour affirmer qu’ils font’complètement défaut.
nom de 7. Desaleri, l'espèce qui cause cette maladie dans le Tyrol méridional (massif du Schlern); mais, dans aucun cas, il n'a pu réussir à trouver la forme adulte correspondante.
CuaPiTRE ÎI
Diverses FORMES LARVAIRES DE THROMBIDIONS SIGNALÉES EN FRANCE
D'après l'ensemble des travaux de Bruyanr, Oupemans et Hirsr, il y a lieu de signaler en France d’abord six larves dont on connaît l'adulte (ou tout au moins la nymphe) :
1° Microthromhidium autumnale Shaw [Leptus] |1790) — T, inopinatum Oud. — meridionale Oud. — gymnopterorum Beriese (non L.). — Hôtes : Oiseaux, Mammifères, Homme. — Adulte : Thrombicula (Neothrombicula) autumnalis Shaw.
2 Allothrombium fuliginosum Mermann |1804). — Hôtes : Pucerons. — Adulte : A/lothrombium fuliginosum Herm. [= gymnopterorum auct. (non L.)] ().
3° Metathrombium |?) parasiticum de Geer [1778] = T. portceps Oud. = inexspectatum Oud. -— Hôtes : Aranéides, Orthoptères, Hémiptères, Diptères, Hyménoptères, Lépidoptères, Coléoptères, Gallinacés, Rongeurs, Carnivores, Homme : mais le parasitisme sur les Vertébrés est tenu pour douteux par Oupe- MANS (1912, p. 204]. — Adulte : Sericothrombium holosericeum L.
4° Euthrombidium italicum Oudemans [1909| — T. holosericeum Berlese (non L.). — Hôtes : Orthoptères (Acrididæ, Locustidæ, Gryllidæ, Mantidæ). — Adulte : Æuthrombidium trigonum Herm. (*°).
- 5° Thrombidium tectocervir Oudemans [1908] — sériaticeps
Bruyant [1909, non Oud.]. — Hôte : Diptère (Oscinella frit L.) :
l’indication des hôtes Vertébrés (Gallinacés, Hermine, Chat, Homme) donnée par Bruyanr est regardée par Oupruans [1912,
{‘} Comme ïl a été dit plus haut (p. 40), le véritable Acarus gymnopterorum Linné est, d’äprès Oupgmans, une larve d'Hydrachnide (Æydryphantes ruber De Geer).
(?) Ounemans [1913, p. 135] a admis l’identité complète de son Metathrombium poriceps avec l’Acarus parasiticus de Geer et à fait tomber Metathrombium Berlese en synonymie d'Afomus Latreille [Voir M. Anork, 1926 b, p. 3761.
(5) Ounemans [1912, p. 109] rapporte à la même espèce un individu des Etats- Unis déterminé par H. E. Ewinc Astoma locustarum Walsh.
p. 113] comme sans valeur. — Adulte : Sericothrombiun Degeeri Oud. — rimosum Koch.
6° Thrombidüun striaticeps Oudemans [1904]. — Hôtes
Diptères, Coléoptères, Oiseaux (Gallinacés), Mammifères (Chien, Chat, Homme) : Ounemaxs [1912, p. 105] doute du parasitisme
sur les Vertébrés. — Adulte : £nemothrombium striaticeps Oud. A0
Il faut y ajouter six larves dont l'adulte est inconnu :
7 Microthrombidium russicum Oudemans [1902] — muscæ Oud. — Hôtes : Chauves-Souris et très accidentellement Insectes (Muscidæ).
8 Schüngastia Berlesei Oudemans [1903) — 7rombidium sp. Berlese. — Hôte (Hérundo riparia L.). :
9° Metathrombium argentanense Bruyant [1912]. — Hôte
Insecte (un représentant de l’un des ordres : Coléoptères, Hémiptères, Diptères).
10° Parathrombium egregium Bruyant !1910. — Hôte Hyménoptère (Pompilus pectinipes Lind.).
11° Parathrombium teres M. André [1998]. — Hôte : Hémiptères (S/enodema calcaratum Fallén, S. /ævigatum L., et Orthops montanus Schil.).
12° Neothrombium neglectum Bruyant [1909 — Hôte Courtihère (Gryllotalpa vulgaris Latr.).
On peut encore mentionner une 7° larve rencontrée sur la frontière franco-italienne :
13° Heterothrombibium sanremense Oudemans [1902] — granulatum Oud. (non Koch et Berendt). — Hôte : probablement Insecte (Coléoptère, Hémiptère) ou Araignée.
Dans les pays exotiques Ouneuaxs [1912, p. 215| signalait comme larves attaquant l'Homme un Schüngastia : S. Vandersandei Oud. (Nouvelle-Guinée) ; des représentants du genre Microthrombidium : M. Wichmanni Oud. (Célèbes), M. thalzahuatl Murray (Mexique) ; et deux formes qui vraisemblablement appartiennent à ce mème groupe : l'Acarus batatas Linné (Antilles) et un Trombidium sp. R: Blanchard, appelé par Brumpr [1910, p. 506! T. akamushi, qui cause au Japon la maladie de Kédani ou Tsutsugamushi.
Ce dernier parasite a été reconnu être un Thrombicula [1919, Haronr, p. 241) et à ce même genre appartiennent plusieurs
formes observées dans les Indes Orientales, à Java [1905, Ber- LEsE, p. 155; 1912, Bercsse, p. 93] et à Sumatra (pseudotyphus) (1924, Warcn, p. 4991, ainsi que Le M. érritans Riley — thalzahuatl Murray des Etats-Unis et du Mexique [1925, Mrirer, p. 345] et de nombreuses larves américaines (Etats-Unis, Saint- Domingue, Panama, Pérou, Chili, République Argentine, Paraguay) [1913, Ewixe, p. 113 ; 1921, p: 389; 1995, p. 257 ; 1926, dant115,1926%0;.p; 2611.
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