RECHERCHES PERSONNELLES
Pour mes recherches, j'ai utilisé des Leplus autumnalis ayant plusieurs provenances :
1° Spécimens de la collection Trouessant examinés par Oonr- MANS et comprenant : |
un individu rencontré par M. Rousseau avec des Halacariens, sur des Algues, dans la zone des marées à l'ile de Ré ;
sept exemplaires trouvés par le D' Trouessanr lui-même sur Arvicola amphibius dans l'Indre.
2° Spécimens donnés en 1899 au Muséum de Paris par M. Henri ou Buysson, fixés en grand nombre sur des Lapins provenant de Broût-Vernet (Allier). À
3° Nombreux individus recueillis, soit en liberté, soit en parasitisme sur moi-même, pendant mes excursions dans diverses localités de Seine-et-Oise et de Seine-et-Marne :
Montreuil-sous-Bois (Seine) mi-août 1926.
Saint-Cloud (S.-et-0.) : 22 et 29 août 1926 ; 6 et 11 septem= bre 1927.
Chèvreloup près Versailles {S.-et-0.) : septembre 1928 et
Sucy-en-Brie (S.-et-0.) : fin août et septembre 1927.
La Croix-en-Brie (S.-et-M.) : 18 septembre 1927, septembre 19928, fin août 1929 et septembre 1929.
Grâce à ces abondantes récoltes, en même temps que j'étudiais divers points de la biologie de cette forme larvaire, notamment son mode de nutrition, j'ai pu, en premier lieu, établir
une description détaillée de sa morphologie.
En second lieu il m'a été possible de réaliser des élevages qui m'ont permis de préciser son développement post-larvaire.
Nous avons vu qu'en France une seule nymphe était jusqu'alors connue, celle découverte par Bruyanr : mais il n’a pas spécifié quel est, des différents hôtes (Mulot, Campagnol, Lièvre, Chat, Perdrix grise) sur lesquels il avait observé ses Rougets, celui dont provenait la larve qu'il a vue évoluer jusqu'au stade nymphal.
Je suis parvenu en 1928 à élever des Rougets qui m'ont donné quatorze nymphes.
Le 12 septembre, près de Versailles, au voisinage immédiat du domaine de Chèvreloup (appartenant au Muséum national de Paris) j'ai recueilli, dans un champ de Haricots, des Leplus autumnalis que j'ai réussi, dans la journée du 14, à faire fixer sur un jeune Lapin ('), en particulier dans la région des oreilles. Au bout de 70 heures, je vis de celles-ci sortir des Rougets gorgés, ayant triplé de volume (jusqu'à atteindre environ 1 mm. de long) : ils se promenaient alors assez lentement parmi les poils. Je les recueillis et les plaçai dans un récipient dont l’atmosphère humide était maintenue à son point de saturation et qui contenait de la terre préalablement stérilisée : ils s’enfoncèrent immédiatement dans celle-ci. À partir du 19 octobre, c’est-à-dire 33 jours après cet enfouissement des larves, et jusqu’au 26 du même mois, j'ai constaté la présence de 14 nymphes qui se déplaçaient assez activement au milieu de la terre où elles avaient accompli leur métamorphose (1).
Çes nymphes, dont je donnerai plus loin une description détaillée, offrent des caractères qui, dans leur ensemble, correspondent à ceux de la nymphe figurée par Hirsr et permettent de les rattacher indiscutablement au genre Thrombicula.
Leur coloration pâle (blanchâtre, légèrement rosée) et l’absence d'yeux permettent de présumer que ce sont des animaux lucifuges menant une existence hypogée.
La forme adulte restait encore à découvrir quand, après de longues et minutieuses recherches, j'eus, le 23 août 1929, à la Croix-en-Brie (S.-et-M.) la satisfaction de recueillir — à l’'intérieur d'une motte de terre prise à une profondeur de 15 à
{!) D’autres larves que j'avais placées sur un jeune Poulet y restèrent fixées,
mais gardèrent l'aspect de minuscules points rouges, sans se développer davantage.
MARC ANDRÉ Fe
90 centimètres, dans un plant de fraisiers, dont les feuilles portaient, à leur face imférieure, de nombreux Leptus autumnalis — un unique Thrombicula adulte, que la présence de ventouses autour de l’orifice génital caractérisait comme une femelle et qui, ne contenant plus d'œufs, avait done effectué sa ponte.
Cet animal était parfaitement vivant, bien que mutilé par la perte des trois derniers articles de chacune des pattes de la première paire.
La concomitance de Leptus dans la même localité et la comparaison de cet individu complètement dépigmenté et aveugle (décrit plus loin p. 122), avec les nymphes précédemment obtenues par élevage me portent à regarder comme fort plausible qu'il s’agit là d’un exemplaire adulte du Thrombicula autumnalis, lequel se montre donc nettement être un animal terricole.
IL existe cependant, certaines différences entre cet adulte et la forme nymphale, notamment dans l’armature des palpes, mais elles ne me paraissent pas de nature à permettre une séparation spécifique, du moins actuellement, avant que l'étude de plusieurs individus ait pu être faite.
Il est d’ailleurs impossible, dans le cas présent, de se prononcer avec certitude, car l'absence, dans notre exemplaire, des derniers articles des pattes antérieures entraîne la disparition du caractère essentiel sur lequel repose la distinction des espèces du genre T'hrombicula et qui est basé sur le rapport existant entre la longueur et la largeur du tarse [.
TRoïsièME PARTIE
Description morphologique du Lepte automnal. -