CHAPITRE II
APPAREIL BUCCAL (Fig. G, 7. 8).
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Chez les Acariens, l'appareil buccal se compose de deux paires d’appendices :
1° dorsalement, les chélicères ou mandibules,
2° ventralement, les maxillipèdes où pédipalpes.
D'après les recherches de Brücker (19007, tandis que la partie antérieure dorsale du céphalothorax forme un prolongement, l'épistome ou lèvre supérieure, placé au-dessus des chélicères, on trouve, au-dessous de celles-ci, le céne buccal, ou rostre, constitué par un prolongement céphalothoracique ventral qui contient la cavité buccale se continuant en arrière par un pharynx musculeux. : |
La paroi dorsale de ce cône buccal se déprime pour former une gouttière (gouétière chélicérale) sur laquelle reposent les chélicères et elle est constituée, comme l’a indiqué Hexkine [1882, p. 568, pl. XXXIV, fig. 7, mb] chez les Thrombidiides, par une mince membrane chitineuse appelée par Brücker (1900, p. 415] éégument supra-oral où supra-buccal (Fig. 8, 1sb).
Sur la face ventrale du cône buccal se sont aplatis et soudés les articles basilaires, ou plaques coxales, des maxillipèdes : ils s'affrontent et se fusionnent pour former une plaque unique, l’Aypostome ou lêvre inférieure, portant sur ses côtés Le reste des articles qui constitue les palpes. Cet hypostome présente à sa face interne, suivant la ligne de coalescence, une
gouttière (gouétière mazxillaire) hmitant ventralement la
cavité buccale.
FiG. 5. — Coupe longitudinale du rostre des Thrombidiidæ : schéma montrant la disposition relative des différentes parties de l'appareil buccal aussi bien chez la larve que chez l’adulte.
CR, chélicère; Æp, épistome: Ay, hypostome ; ?m, palpes maxillaires ; B, bou-
che; Ph, pharynx : e, épipharynx ; k, hypopharynx ; {sb, légument supra-buccal.
Nr
Fic, 6. — Larve : Chélicère.
A, vue de profil ; 2, face dorsale.
Chez la larve du 7. autumnalis on voit, au-dessus des chélicères, l’épistome [Ep] qui, profondément fendu en avant, est formé de deux parties presque arrondies (Fig. 7, D).
Cbaque chélicère |Ch] est composée de deux articles : le premier forme le corps conique de cet appendice et porte, du côté ventral près du sommet, le deuxième article, qui constitue un ongle mobile (fig. 6).
L'article basilaire, à son bord antérieur dorsal, finit par des prolongements chitineux (doigt immobile), qui, d'après Ouns- MANS [1909, p. 44}, consisteraient en un lobule arrondi et une pointe plus longue : mes observations m'ont permis de recon-
naître l'existence de deux lamelles triangulaires minces et
Fic, 7. — Larve : Appareil buccal, C, vue ventrale ; D, vue dorsale.
Hy, hypostome; Zm,'lohe maxillaire: M’, lobule interne (mala interior): Me, lobule externe (mala exterior) ou galea ; St, strobile ; Pm, palpe maxillaire ; Ch, chélicère ; £p, épistome (dont le lobe gauche est supposé raballu en arrière, pour laisser voir la chélicère) ; S'y, soie de la galea. x
transparentes, entre lesquelles se trouve comprise la base de l'ongle (doigt mobile) et qui viennent se réunir sur la ligne dorsale ().
L'ongle, mobile dans le sens vertical, est très robuste, falciforme, courbé vers le haut, et présente un très léger denticule un peu avant l’extrémité pointue.
(} Une disposition analogue a été figurée par MeruraL 11927 ©, p. 245, fi. 35] chez l'adulte de l'Allothrombium fuliginosum Merm.
Sur la face ventrale de l’animal, les plaques coxales des maxillipèdes, aplaties et soudées au cône buccal, sont devenues coalescentes pour former l’hypostome | Hy] qui est très large, en forme de palette (Fig. 7, C).
Cet hypostome, dans la partie antérieure de sa ligne médiane, est fendu en deux lobes maxillaires [Lin |.
Chaque lobe maxillaire se divise par un sillon en un lobule interne et un lobule externe. |
Les lobules internes (mal tnteriores) [Mi] forment par leur réunion une large lame rétrécie sur les côtés et cordiforme en avant, dont le plus souvent, d'après mes observations, Les bords antéro-latéraux se renversent dorsalement autour des
ongles des chélicères.
Les lobules externes (malx erleriores) où galex [Me] se recourbent également du côté dorsal ct peuvent venir embrasser ces crochets chélicéraux : cependant ils ne cachent jamais ceux-ci que partiellement et n'arrivent pas à se rencontrer sur la ligne médiane dorsale. |
Les galcæ ne présenteraient, d'après Oupeuans |1909, p. 44}, aucun poil (1); au contraire, j'ai constaté, comme Himsr (1915, p. 74[ et Meturacz | 1928 /, p. 219], qu’elles portent chacune une soie lisse [So
Sur la partie postérieure de l'hypostome, on voit, en arrière de l'insertion des palpes maxillaires, une paire de poils, Les stroliles où « zapfen » {St}, qui, dans cette espèce, ont la même forme plumeuse que les poils des plaques coxales des pattes (?).
L'ensemble des lobules maxillaires (internes et externes) constitués par de fines membranes chitineuses, forme une sorte de ventouse qui, après la perforation de la peau de la victime par les ongles des chélicères, s'applique sur la blessure et assure une clôture hermétique pendant la succion.
L'ouverture buccale conduit dans un pharynx qui, comme l'ont décrit, chez les Thrombidüdes, Hexkixc [1882, p. 569] et Si Taor |1904, p. 58|, est formé par deux demi tubes ou gouttières chitineuses, l’une inférieure (ventrale), l’autre supérieure (dorsale).
(1) Malgré ce que Ouvemans aflirme dans son lexle, on peut noter que dans sa. figure 39 (pl. 7), il représente, à gauche, sous l’épistome, une longue soie lisse qui parait prendre naissance sur l’hypostome
(?) Chez l'£uthrombidium titalicum Oud. — holosericeum Berlese (non L.). larve de l’£. /rigonum Herm., ces strobiles ont une forme courte, cylindrique, à extrémité pointue, ce qui justilie leur nom (sro6fthos, Loupie, cône).
La gouttière chitineuse inférieure, ou hypopharynx |A), qui représente la paroi ventrale de la cavité buccale et du pharynx (Fig. 5), s’accole, sur la ligne médiane, à l'enveloppe chitineuse du cône buccal.
La gouttière supérieure, ou épipharynz [e], qui constitue la paroi dorsale du pharynx est une formation élastique qui, à l'état de repos, s’appliqué contre la gouttière ventrale, mais sur laquelle s’insèrent des muscles : ceux-ci, en se contractant,
Fic. 8. — Palpe maxillaire (droit).
£, face externe ; Æ, face ventrale ; G, face dorsale.
déterminent l’écartement de cette gouttière dorsale : il y a ainsi production d’un vide dans le pharynx et aspiration des liquides provenant de la victime.
Les palpes maxillaires [Pm] sont préhenseurs, car ils sont recourbés en dedans (Fig. 8).
Ils sont formés de 4 ou 5 articles : l'inférieur (1% + 2° = trochantéro-fémur) est muni, sur la face dorsale, d'un beau poil plumeux [a] ; il y en a de même un semblable [4] sur l'ar- Yicle suivant (3° génual ou! patella); l’avant-dernier ou pénultième (4 — tibia) porte une soie lisse [c] dorsale assez
courte (!), un poil plumeux [7] ventral et une soie lisse très fine [e] latérale (?), et il se termine par une griffe peu courhée, qui est trifurquée et divisée, par suite, en trois pointes dont la médiane est la plus longue et la plus forte (*); le dernier article (5° — tarse) constitue un très petit appendice papilliforme, ou tentacule, un peu plus long que large, cylindrique, arrondi à l'extrémité : tandis qu'il présente sur sa face morphologiquement interne, un seul grand poil plumeux {n}, il offre, sur la face externe, six poils plumeux |[k-m} et deux soies lisses dont l'une émoussée en forme de bâtonnet [f], l’autre plus longue et pointue [g|.
Ce Leptus autumnalis appartient à un groupe de larves caractérisées : 1° par l'existence d’un seul bouclier dorsal médian portant 7 poils ; 2° par les poils pseudo-stigmatiques longs et minces (*).
Cette forme se distingue d’une espèce très voisine, le T. russicum Oud., par le fait que les yeux postérieurs sont plus petits que les antérieurs.