‹ Contribution à l'étude d'un complexe biologique: la piéride du chou (Pieris brassicae L.) et ses parasites hyménoptèresChapitre 14 sur 96 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les Hyménoptères parasites des œufs

Nos recherches bibliographiques nous ont apporté peu de renseignements sur les parasites des œufs de Pieris brassicæ. L'observation la plus ancienne est celle de GANIN, qui, d’après KRYGER (1918) aurait, en 1869, constaté dans des œufs de la Piéride du Chou le développement de larves qu’il a rapportées au genre Ophioneurus (Trichogramminæ); mais aucun adulte ne fut obtenu. Ronpani (1876-1878) mentionne le Polynema ovulorum Hal. (Myramide); SiLvesrri (1911) signale ce même Chalcidien en haute Italie et en Russie.

Nous avons observé pendant trois années consécutives un parasite des œufs de P. brassicæ, le Trichogramma evanescens Westw. Nous étudierons d’abord cet Insecte au point de vue systématique et biologique; ce n’est que dans la quatrième partie de notre travail, lorsque nous connaîtrons bien toutes les données du problème, que nous nous occuperons de son rôle économique et de ses rapports avec les autres éléments du complexe biologique. D’ailleurs nous suivrons le même mode d’exposition pour tous les parasites.

ETUDE MORPHOLOGIQUE ET SYSTÉMATIQUE DU TRICHOGRAMMA EVA- NESCENS WEsTw.

T. evanescens Westw. est un tout petit Chalcidien qui mesure environ 0 mm. 7 pour les femelles et 0 mm. 5 pour les mâles, sans compter les ailes qui dépassent largement la pointe de l’abdomen. La tête est à peine plus large que le thorax; celui-ci est aussi long que large; l’abdomen est sessile. Les antennes ont 6 articles, avec un funicule assez particulier; les antennes du mâle, très pileuses, sont un peu différentes de celles des femelles. La distinction des sexes est rendue par suite très aisée. Les tarses se composent de 3 articles. Mas1 (1909) et HINTZELMANN (1925) ont

doné des descriptions très détaillées de ce Chalcidien, accompagnées d'excellents dessins.

La détermination spécifique précise des Trichogramma est délicate à faire. En Europe, les onze espèces suivantes de Trichogramma ont été signalées :

evanescens Westw., 1833.

. latipennis Halid., 1833 (Calleptiles).

s embryophagus Hart, (Encyrtus).

carina Walk. 1843.

vitripenne Walk., 1851.

signatum Ratz., 1852 (Ophioneurus).

minutum Riley, 1870 (Pentarthron).

. semblidis Auriv. (Cophthora).

. fasciatum Perkins, 1905.

carpocapsæ (Ashm.) Schr., 1907 (Pentarthron). . piniperdæ Wolff., 1915.

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Un examen critique de ces espèces ne permet d’en retenir que trois, dont la validité est du reste discutable (1); ce sont T. evanescens, qui est la forme typique; T. carpocapsæ, qui est caractérisé par des raies jaunes sur le thorax, et T. semblidis, dont les mâles sont aptères.

Or on sait que la teinte, comme la taille des Hyménoptères parasites, est très variable et ne peut servir de caractère spécifique. Parlant des Trichogramma KRYGER écrit : « Je possède des milliers d'exemplaires, en partie élevés, en partie capturés. Il y en a de grands et de petits. J'ai obtenu un seul individu d’un œuf de papillon et j'ai élevé treize exemplaires d’un autre œuf de la même ponte. Naturellement la structure, la taille, etc., sont très différentes. J'ai des exemplaires jaunes clairs, jaunes foncés, bruns et bruns foncés et aussi des jaunes avec marques brunes et je trouve toujours des intermédiaires quand je croyais pouvoir les séparer. En somme, l’espèce est en train de se modifier, mais aucun caractère net n’a encore paru. »

D’après certains auteurs, l'existence de mâles aptères permettrait de caractériser sûrement des espèces tranchées de Trichogramma, On est frappé de voir certains élevages donner toujours une certaine proportion de mâles aptères et d’autres où il n’en paraît jamais. Pour résoudre cette question, il faudrait savoir si l’aptérisme est héréditaire ou s’il dépend du milieu. Les observations faites dans la nature ne permettent aucune conclusion; des expériences de laboratoire seraient des plus intéressantes à poursuivre pour résoudre cette question. Actuellement on trouve des mâles présentant tous les degrés de passage entre la

forme aptère à antennes très modifiées et la forme ailée à antennes normales,

(1) Pour plus de détails, voir FERRIÈRE et FAURE (1924).

Cie

Il nous semble donc qu’il faut ne considérer au point de vue morphologique qu’une seule espèce de Trichogramma en Europe, le T. evanescens. I1 est possible qu’il existe des races biologiques différentes, comme nous le verrons.

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