‹ Contribution à l'étude d'un complexe biologique: la piéride du chou (Pieris brassicae L.) et ses parasites hyménoptèresChapitre 23 sur 96 · INFLUENCE DE LA PLANTE-HÔTE SUR LE TAUX DU PARASITISME · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA PLANTE-HÔTE SUR LE TAUX DU PARASITISME

GrARD (1908) constata que des chenilles de P. brassicæ récoltées sur Capriers (août 1903) et sur Cakile serapionis (septembre 1905) étaient exemptes de tout parasite dans la région de Wimereux%MARTELLI (1910) qui observa également en Sicile le développement de P. rapæ et de P. brassicæ sur Capriers, rapporte que toutes les chenilles étaient saines, sauf une sur 211, qui donna des Apanteles. GENtEYS (in litteris) récolta dans la région de Menton des chenilles de P. brassicæ sur diverses plantes, parmi lesquelles la Capucine et éut « une fois de plus la preuve que les chenilles vivant sur cette dernière plante ne sont pas parasitées », Comme le fait remarquer Prcarp (1922), ces cas d’immunité peuvent tenir à l’isolement des colonies: on pourrait aussi les interpréter comme provenant de l'influence du végétal dont l’odeur éloigne les parasites: PICARD rapproche de ces faits l'observation dont lui fit part Pou-

#4. ASE RE

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TIERS sur le Novius cardinalis qui délaisse dans la nature les Icerya Purchasi vivant sur le Spartium jurceum et ne dévore même pas en captivité les Cochenilles provenant de cette plante. L'action répulsive de la plante-hôte est peut-être la cause de l’immunité des chenilles de Piéride sur certaines plantes. Nous sommes d’avis de l’expliquer par l’isolement des colonies de chenilles : isolement qui peut être réel, c’est-à-dire éloignement de tout foyer important de chenilles, ou isolement artificiel, dû à l’absence d’attirance de la plante hospitalière pour l’A. glomeratus.

Nous pensons que l'électivité de l'A. glomeratus pour les chenilles de P. brassicæ tient non seulement à l’attraction particulière que celles-ci exercent sur ce parasite, mais encore à celle de la plante ordinairement exploitée, soit les variétés cultivées de Brassica oleracea. Nous avons constaté que les 4. glomeratus, qui éclosent en été avant les jeunes chenilles dans lesquelles ils pourront pondre, sont toujours très abondants dans les plantations de Choux, qu’ils explorent avec activité, à la recherche d’une proie qui ne s’y trouve pas encore. L’attirance du végétal est indéniable, puisque les Apanteles ont éclos toujours à une assez grande distance des carrés de Choux. Ce facteur concourt puissamment à concentrer les. pontes du Braconide et à limiter ‘sa polyphagie. Le choïx de l’hôte “est secondairement déterminé par l’affinité plus grande pour certaines espèces : sur les Choux c’est P. brassicæ qui est exploité presque exclusivement par l’A. glomeratus, Anilastus ebeninus est bien attiré également par les Choux; mais ce sont les chenilles de P. rapæ dans lesquelles il pond de préférence.

Ainsi l’immunité relative des chenilles de la Piéride du Chou vivant sur d’autres plantes que les Crucifères tient-elle, à notre avis, uniquement à l’absence d’attirance de ces végétaux sur le Braconide, Cette immunité n’a rien d’absolu; que les circonstances conduisent dans le voisinage d’une de ces colonies un A. glomeratus, le réflexe de la ponte sera déclanché par l’hôte habituel. C’est ce que montre l’observation de MarTELL1 (1910). Cette immunité relative n’est donc due qu’à l'isolement artificiel de la colonie. Prcarp (1919) dans sa « Contribution à l’étude du peuplement d’un végétal », traite des attirances comme facteurs de peuplement, et explique la spéficité du Sycosoter Lavagnei Pic. et Lich. pour l’Hypoborus ficus Er., par une affinité spéciale du Braconide pour le Figuier.

Cette attirance particulière des Choux cultivés et en général des Crucifères sur l’A. glomeratus nous permet d’affirmer avec plus de force qu’il est un parasif électif des chenilles de P. brassicæ, et qu’il n’exploite les autres hôtes, qui lui sont connus, qu’accidentellement. La possibilité de développement sur d’autres chenilles reste un avantage précieux pour la conservation de l’espèce en cas de disparition momentanée de l’hôte préféré.

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