‹ Contribution à l'étude d'un complexe biologique: la piéride du chou (Pieris brassicae L.) et ses parasites hyménoptèresChapitre 24 sur 96 · RÉSUMÉ ET CONCLUSION DE L'ÉTUDE DE L’A, GLOMERATUS · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ ET CONCLUSION DE L'ÉTUDE DE L’A, GLOMERATUS

Les mâles éclosent avant les femelles et restent sur l’amas de cocons, guettant la sortie des femelles, avec lesquelles ils s’accouplent aussitôt. Les femelles vierges, qui sont arrhénotoques, sont donc très rares dans la nature. Ce que confirme le contrôle des éclosions d’une même nichée, toujours composée des deux sexes.

Les femelles peuvent pondre pendant toute leur existence, qui atteint quelquefois 70 jours; elles se nourrissent de liquide sucré et du suc des feuilles de Choux: La ponte, très rapide, a lieu dans la nature essentiellement dans les chenilles au premier âge; mais jusqu’au début du troisième âge les chenilles peuvent être parasitées. 5

Le nombre des larves pouvant vivre dans une même chenille varie dans de larges limites, dans l’espace et dans le temps; il est le plus souvent compris entre 20 et 50; il ne paraît pas pouvoir dépasser 80, sans entraîner la mort des parasites et de leur hôte.

Les larves d’A. glomeratus passent par trois stades successifs. Les chenilles apantélisées se comportent comme les chenilles saines. Les larves d'Apanteles en sortent chacûne par un orifice propre, presque toujours sur les flancs de l’abdomen dans la région du cinquième au onzième segment.

On observe dans la région lyonnaise un groupement des amas de cocons d’Apanteles dans les mêmes lieux que les groupements de chrysalides de la Piéride. En règle générale, toutes les chenilles apantelisées meurent.

L’A. glomeratus a un cycle évolutif un peu plus court que celui de la Piéride du Chou. Il à trois, et quelquefois qatre générations par an sous le climat lyonnais.

Il existe une parfaite harmonie entre les cylces évolutifs de l’A, glomeratus et de P. brassicæ. Partout où on rencontre cette Piéride on trouve cet Apanteles. Celui-ci est susceptible de pulluler aux seuls dépens de cette Piéride dans des proportions telles qu’il peut en enrayer à lui seul les multiplications excessives. Il subit une attraction particulière des Crucifères, sur lesquelles il recherche surtout les chenilles de P. brassicæ. À. GLOMERATUS EST UN PARASITE ÉLECTIF DE P. BRAS- SICÆ; les chenilles des autres espèces dont on l’a obtenu doivent être considérées comme des hôtes de fortune.

L’immunité relative des chenilles de Piéride du Chou sur d’autres plantes que les Crucifères est due à un isolement artificiel de ces colonies, conséquence de l’absence d’attirance de ces plantes sur l'A. glomeratus.

II, — APANTELES RUBRIPES HALID

Nous r’avons obtenu, en 1923, que quelques individus de cette espèce d’une chenille de Pieris brassicæ, qui a donné en même temps À. glo-

meratus. Ces deux Apanteles sont très voisins; ils se distinguent par les caractères suivants :

A. glomeratus A. rubripes Ecaillettes noires. Ecaillettes d’un testacé obscur. Pleures lisses, $ Pleures densement ponctuées.

Eperon interne des pattes postérieures plus court que la moitié du métatarse.

Eperon interne plus long que la moitié du métatarse.

; Premier segment abdominal carré.

Premier segment abdominal de moi-

tié plus iong que large. Segments 1 et 2 rugueux. Quelques points épars sur le seg-

Segments 1 et 2 de l’abdomen lége- ment 3.

rement ruguleux. Segment 3 lisse.

À. rubripes est vulgaire en Angleterre, où il infeste surtout Geometra päpilionaria L. et moins souvent P. brassicæ et Vanessa urticæ L. (MARSHALL, 1890). D’après MarTELLI (1907), on l’aurait obtenu aussi de Deilinia pusaria L. :

ReINHaRD donne comme synonyme d’A. rubripes, ie Microgaster gastropachæ Bouché; MARSHALL considère cetet identité comme douteuse. Le soi-disant rubripes du continent a.été élevé de Bembecia hylæi. formis Lasp., Bombyx neustria L., Cymatophora or Fab. et Abraras gossulariata L.

Les cocons d’Apanteles rubripes ressemblent beaucoup à ceux de À. glomeratus; ils sont toutefois un peu plus gros et plus pâles. Comme eux, ils sont de couleur jaune soufre, irrégulièrement entassés, liés ensemble par quelques filaménts, mais sans enveloppe commune.

L’A. rubripes a été obtenu en Angleterre (HALIDAY), en Allemagne (BoucHÉ, RATZEBURG), en France (DE GAULLE); il serait probablement répandu dans toute l’Europe (MARSHALL).

L'espèce est très voisine de l'A. glomeratus et c’est un peu fortuitement que nous avons pu l’en distinguer en 1923. Depuis, malgré toute notre attention, nous n’avons pas pu la retrouver. À. rubripeas est un parasite polyphage; nous ne connaissons aucun travail sur cet Hyménoptère et nous ne saurions dire s’il marque une prédilection pour lun quelconque des sept hôtes qu’on lui connaît. La seule observation sur ce point est celle déjà mentionnée de MARSHALL. Nos propres observations paraissent bien confirmer que P. brassicæ serait pour À. rubripes un hôte de fortune. Le fait qu'aucun autre auteur que MARSHALL et nousmême l’ait, à notre connaissance, obtenu de ce Lépidoptère, renforce cette opinion; mais sa rareté et sa grande ressemblance avec À. glomeratus peuvent avoir contribué à le faire confondre avec celui-ci,

CPE

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