‹ Contribution à l'étude d'un complexe biologique: la piéride du chou (Pieris brassicae L.) et ses parasites hyménoptèresChapitre 63 sur 96 · RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS DE L'ÉTUDE DE LE. APPENDIGASTER · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS DE L'ÉTUDE DE LE. APPENDIGASTER

L’E. appendigaster a été bien décrit par Mayr (1878) ; il a été souvent confondu avec des espèces voisines, en particulier l’E. rosae Nees. La femelle se nourrit à l’aide d’un tube de succion, qu’elle construit

de la larve d’Apanteles à la paroi du cocom. La montée du sang de la

victime est assurée par le retrait lent et régulier de la tarière. L’œuf glisse dans la tarière, sous une couche de mucus dont une partie part avec lui et sert à sa fixation sur l’hôte. L’œuf porte à chaque extrémité un pédi-. celle, dont l’un est très nettement plus long et plus large que l’autre. La jeune larve est caractérisée par sa pilosité, avec des rangées de poils; sa tête est nettement chitinisée.

La larve vit en parasite externe et solitaire sur l’A. glomeratus, enfermé dans son cocon. La ne a lieu à nu dans le cocon de l’hôte, dont la dépouille est rejettée à l’un des pôles.

La durée du cycle biologique est de 22-25 jours en juin-juillet, de 30-37 jours en juillet-août. Ce parasite apparait très tardivement au

printemps et la sortie des adultes s’échelonne sur une longue période. L’hibernation est très précoce. On compte 2, et quelquefois 3 générations par an.

L’E. appendigaster est un parasite des Microgastérides ; peut-être marque-t-il une affinité plus grande pour certaines espèces parasites de Liparis dispar L.

VI. — HOMOPORUS LUNIGER NEES, VAR. BRACONIDIS FERR. ET-JACAFAURE à :

ETUDE MORPHOLOGIQUE ET SYSTÉMATIQUE

Dans une note préliminaire (1924), nous avions signalé cette espèce comme un Arthrolytus sp. Elle se rapproche en effet beaucoup de PA. punctatus Thoms., qui a la même structure, la même nervulation des aïles avec la même tache enfumée et une teinte bleuâtre semblable, mais plus claire; elle en diffère cependant par la coloration des pattes et de l’abdomen, et surtout par des rapports différents dans la longueur des articles des antennes. Sur ce dernier point elle se rapproche davantage de VA. incongruens Masi ; mais celui-ci n’est pas un Arthrolytus et nous avons montré (1925), après KurpsuMov (1913), qu’il doit être identifié au Schizonotus Sieboldi Ratz.

Des recherches complémentaires, faites en collaboration avec CH. FER- RIERE (1925), nous ont amenés à placer notre Chalcidien, parasite de VA. glomeratus, dans le genre Homoporus Thom., caractérisé surtout par absence de plis et de sillons latéraux sur le ans médian, et par la massue des antennes, qui est généralement un peu pointue au bout. Nous l'avons identifié à l’H. luniger Nees, dont THoMson (1878) a donné une bonne description. Toutefois ayant relevé quelques petites différences entre nos individus et un exemplaire typique, FERRIERE et nous avons cru devoir décrire nos parasites Comme une variété nouvelle de cette espèce ; nous lui avons donné le nom de braconidis.

Cette variété est semblable au type par la forme générale, la stru:du thorax, la tache des ailes et la coloration. Elle en diffère par les caractères suivants : articles, du flagelle des antennes légèrement plus

étroits et un peu allengés au lieu d’être subcarrés, massue foncée, nervure postmarginale des ailes de même longueur que le radius, couleur du thorax d’un bleu un peu plus vif.

De ces différences assez minimes, c’est la teinte de la massue, foncée au lieu d’être jaune, qui frappe l’attention au premier abord.

ETUDE BIOLOGIQUE

Ce Chalcidien est apparu dans no élevages pour la première fois en août 1923 ; nous avons capturé des femelles en train de pondre dans la nature jusqu’au 27 octobre de la même année. Nous ne l’avons plus retrouvé les années suivantes. Nous notons qu’il ne fut rencontré que dans la région de St-Genis-Laval ; c’est donc, comme beaucoup d’autres, un parasite occasionnel de ce Braconide. Son action fut nulle pendant la durée de nos observations.

Avec les quelques individus, obtenus ou capturés, nous avons pu faire sans difficulté des élevages au laboratoire; nous avons ainsi pu établir les données suivantes sur la biologie de cet insecte.

L’adulte quitte le cocon de son hôte par un orifice circulaire pratiqué en un point quelconque de la surface. L’accouplement et la ponte ne présentent rien de particulier ; ils se passent comme chez les Dibrachys et le Pferomalus. Les adultes se nourissent de liquide sucré ; nous en avons conservés pendant 62 jours au laboratoire, à une température moyenne de 11° C. Les femelles peuvent aussi se nourrir aux dépens des larves d’Apanteles enfermées dans leur cocon par le moyen d’un tube de succion, qu’elles sécrètent. Nous n’avons suivi la formation de ce tube que de l’extérieur ; elle nous a paru du même type que celle que nous décrirons en détails à propos du Pteromalus variabilis. La construction du tube demande une heure environ, et l’aspiration des humeurs peut durer une heure et demie. Le tube en se desséchant prènd une teinte noire. La femelle, pendant la nutrition, peut abandonner moméntanément l’extrémité du tube, qu’elle retrouve ensuite en s’aidant des antennes et des palpes.

La ponte peut commencer 3 jours après la sortie du cocon ; un ou plusieurs lœufs sont déposés sur une même larve d’Apanteles.. Les femelles ne reconnaissent pas les cocons déjà parasités.

L’œuf ressemble beaucoup à celui du D. boucheanus : il est blanc brillant, légèrement convexe, de forme ovoïde, avec un de ses pôles plus large que l’autre. Son chorion est recouvert de petites aspérités, plus serrées et plus longues que celles de l’œuf du D. boucheanus ; ses pôles sont lisses, comme chez ce dernier, mais plus arrondis. L’œuf mesure 0. 38 m/m de longueur sur 0.15 m/m au point le plus large.

Les larves vivent en parasites externes, souvent au nombre de 2 ou 3 sur une même larve d’Apanteles ; elles ressemblent beaucoup à celles des

autres Ptéromalides que nous avons étudiés. La nymphose a lieu à nu ‘dans le cocon du Braconide. |

Dans nos élevages, conduits à l’étuve, à la-température constante de 25° C. la durée du cycle évolutif, de l’œuf à la sortie de l’adulte, fut de 21-23 jours. -

DE GauLze (1908) considère l’H. luniger comme parasite de Cecidomyia avenae. Rimsky-Korsakov (1914) l’a étudié en Russie comme pire sites de Isosoma rossieum A. K. et Philachyra apterum R. K., Chaleidiens parasites des Céréales. D’après cet auteur, l’H. luniger a 2 ou 3 générations par an. Les premiers adultes volent en mai-juin et pondent dans les galies de Z. rossicum et quelquefois, mais plus rarement, dans celles de P. apterum. La seconde génératicn apparaît en juillet et les larves dans la première moitié d’août. Quelques unes de celles-ci hivernent et se transforment au printemps suivant, mais la majorité se transforme fin, août et donne une troisième génération dont le sort est inconnu.

N'ayant pu retrouver la variété braconidis en 1924 et 1925, nous ne pouvons pas préciser le nombre annuel des générations dans Ja région lyonnaise.

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