VII. — PTEROMALUS VARIABILIS RATZ
ETUDE MORPHOLOGIQUE ET SYSTÉMATIQUE
Nous avons obtenu de €ocons d’A. glomeratus deux espèces de Chalcidien, appartenant à des genres différents, mais qui ne peuvent être séparées l’une de l’autre que par un examen attentif. La conformation générale et la coloration de leur corps, la longueur relative des articles des antennes et des nervures des ailes, sont à peu près les mêmes chez les deux espèces. Prise isolément, chacune peut être identifiée au Pteromalus variabilis, décrit par RATZEBURG en 1844 ; on sait qu’à l’époque de cet auteur la dénomination de Pteromalus était beaucoup plus générale qu’aujourd’hui.
Bien que la courte description de RATZEBURG puisse à la rigueur s’appliquer à ces deux parasites d’A. glomeratus, elle cadre mieux avec l’un d'eux, qui a le thorax « vert foncé » ; Comme d’autre part celui-ci rentre dans les limites actuelles du genre Pteromalus, nous l’avons considéré comme le véritable P. variabilis Ratz. 3 - ‘La seconde espèce, de teinte plus brillante, rougeâtre métallique au. thorax, appartient au genre Habrocytus : nous la décrivons plus loin sous le nom de H. poecilopus. Nos recherches bibliographiques nous laissant croire que ces deux Chalcidiens cnt souvent été pris l’un pour l’autre, nous estimons qù’il est nécessaire de denner une description détaillée du P. variabilis, pour éviter à l’avenir de nouvelles confusions.
. Pteromalus variabilis Ratz. n. descr.
Femelle, Tête aplatie transversalement, plus large que le thorax ; de
Eux À 1. 5 à dd à À EST CU CNRS
face plus large que haute. Yeux relativement petits et bombés. Epistome échancré, avec deux courtes dents arrcndies ; striolé, alors que le reste de la tête est réticulé. Occiput excavé, non marginé.
Antennes insérées au-dessus du milieu de la face. Scape plus long-que les trois premiers articles du funicule ; pédicelle de la longueur du premier article du funicule ; les deux annelli petits, égaux entre eux, plus longs que larges ; massue un peu plus longue que les deux derniers articles du funicule réunis, un peu renflée à son tiers inférieur.
Mandibules cachées au repos, portant chacune 4 dents, la première nettement plus longue et terminée en pointe.
Thorax plus long que large ; prethorax bien apparent, transversal, réticulé. Sillons parapsidaux nets, atteignant le milieu du mesonotum ; partie postérieure du scutellum inclinée, mais non séparée de l’avant par un sillon ; mésothorax presque aussi large que le scutellum, sans carène: ‘nucha distincte Tout le thorax réticulé, sauf un bourrelet transversal (postscutellum) à l’arrière du scutellum et l’épiternum, qui sont tous deux lisses et brillants. Stigmates ovales, à bords saillants, avec les HUE ‘qui les entourent à fine réticulation.
Ailes antérieures dépassant la pointe de l’abdomen une fois repliées ; nervure marginale un peu plus large que la postmarginale, mais plus courte qu’elle ; radius presque aussi long que la nervure marginale. Ailes postérieures n’atteignant pas la pointe de l’abdomen ; ciliées sur leur bord postérieur, cils allant en diminuant de la base à l’extrémité ; trois crochets.
Hanches des 3 paires vert foncé ; celles de devant ponctuées, celles de derrière finement réticulées ; trochanters testacés foncés ; fémurs aux 3 paires testacés très foncés en dessus et sur les côtés; genoux, tibias
et tarses testacés aux trois paires ; tibias des pattes postérieures assom- : LA bris à leur base.
Abdomen de forme ovale, allcngé en pointe, un peu plus long que le thorax; pointe de la tarière visible en dessus. Premier segment recouvrant le 1/3 de l’abdomen ; deuxième plus petit que le troisième. Abdomen
lisse et brillant.
Couleur générale vert foncé ; thorax et tête moins brillants que Pab- . domen. Scape des antennes testacés ; le reste plus sombre.
Longueur : 2,9 mm. environ ; envergure 5 mm. environ.
Mâle, Semblahle à la femelle, mais un peu plus petit. Antennes plus étroites, et plus longues, avec poils plus longs ; articles du flagelle nette- . ment ”allongés. Abdomen de la longueur du thorax, arrondi à son extrémité, et avec un tache dorsale pâle vers sa base. Thorax d’un beau vert, - plus vif et plus-brillant que chez la femelle,
; Longueur : 2, 25 mm. environ ; envergure .: 4 mm, environ,
NU
ETUDE BIOLOGIQUE
L'adulte quitte le cocon de son hôte par un orifice plus ou moins cr culaire, pratiqué le plus souvent latéralement près d’un sommet. Le méme orifice est utilisé par tous les adultes. L’accouplement a lieu aussitôt, il se passe comme chez tous les Chalcidiens. L'activité des adultes ne se manifeste qu’à une température supérieure à 15° C. ; la lumière les attire : lumière et chaleur sont du reste deux agents auxquels sont très sensibles toutes les espèces de parasites que nous avons observés.
Nous avons obtenu des adultes de P. variabilis seulement en août et septembre 1923 ; nous n'avons plus retrouvé cette espèce par da suite dans le consortium exploitant les Apanteles dans la région lyonnaise.
Les adultes des deux sexes, se nourrissent d’eau sucrée ; les femelles absorbent aussi le sang de la larve d’A. glomeratus, enfermée dans son cocon, grâce à un tube de succion. Les élevages au laboratoire ne présentent aucune difficulté.
Nutrition. — La femelle parcours l’amas de cocons, les tâte avec la pointe des antennes ; puis elle s’arrête, se fixe solidement par les pattes aux fils de soie, ramène son abdomen en dessous, jusqu’à ce qu’il fasse un angle droit avec le reste du corps. Les valves servant de guide, d’extrémité de la tarière s’insinue dans la paroi/du cocon. L’abdomen reprend sa position normale, tandis que la tarière reste engagée et que le travail de perforation commence. Alors que l’orifice n’est encore qu'à peine ébauché, la pointe de la tarière peut se dégager. Souvent dans ce” cas, le Pteromalus, avec l’extrémité de sa tarière dégainée, choisit un nouvel emplacement où il recommence le forage. D’autres fois, il ramène sa tarière à sa position normale et reprend le travail à son début. Pour traverser la paroi du cocon, la tarière est animée d’un mouvement alternatif de torsion, conséquence des mouvements latéraux de tout l’abdomen. En même temps, l’Insecte, solidement agriffé au cocon, par contraction des membres, appuie fortement sur sa tarrière, comme on peut
s’en rendre compte par les courbures que celle-ci présente à certains moments.
Lorsque la paroi du cocon est traversée, la femelle enfonce sa tarière jusqu’à ce qu’elle rencontre la larve ; cela correspond à un allongement
en pointe de la partie ventrale de l’abdomen, tandis que la partie dorsale reste très sensiblement dans le même plan. L’Insecte explore alors la surface du corps de l’Apanteles avec sa tarière, qui, devenue très souple, se coude et glisse sur la larve, en l’effleurant à peine. Enfin la femelle perfore les téguments de sa victime et la larde de coups de tarière en tous sens jusqu’à ce qu’elle ne réagisse plus. Cette première phase, dont le résultat est la paralysie de la victime, se traduit extérieurement par des mouvements de va-et-vient de la tarière sous des angles variés, d’allongement et de soulèvement de Pabdomen, des périodes d’arrêt et d’enfoncement total de la tarière, qui laisseraient croire que la femelle est en train de pondre,