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C’est pourquoi, en raison même des différences existant dans le système enzymatique dont dispose chaque bactérie, il est impossible de réaliser un milieu de culture idéal convenant à toutes.
Mais si le glucose, dans la majorité des cas, suffit comme source de Carbone, il n’en est pas de même pour la source d'azote, qui, comme nous l’avons déjà dit, en quelques mots, peut varier à l'infini: ceci, en relation avec le mode de vie des Bactéries envisagées; car, si les Saprophytes, tels que le Colibacille, se contentent d’un simple sel ammoniacal pour synthétiser l’ensemble de leurs constituants azotés protoplasmiques, les espèces pathogènes sont très souvent beaucoup plus exigeantes. En effet, leur adaptation à la vie parasitaire a entrainé une réduction de leur pouvoir de synthèse, c’est pourquoi elles doivent trouver dans le milieu ambiant toutes les matières organiques et en particulier les éléments azotés nécessaires à leur métabolisme.
Cette source d’Azote, selon l’importance de l'équipement enzymatique de la bactérie, pourra passer des protéines complexes aux peptides et acides aminés.
R. VESCHAMBRE fait remarquer que, même dans le cas de bactéries dites protéolytiques, c’est-à-dire capables de proliférer aux dépens des grosses molécules protidiques, l’apport de peptones, mélange complexe issu d’une dégradation enzymatique préalable des Protéines, favorise toujours la prolifé-
ration des germes.
C’est pourquoi, tout bon milieu de culture doit apporter une gamme aussi étendue que possible en ce qui concerne les éléments indispensables à la vie des Bactéries, les éléments azotés en particulier.
Etant donné les exigences nutritives des bactéries pour leur culture en milieux artificiels qui doivent être riches en éléments azotés, facteurs de croissance etc, les Bactériologistes s'adressent généralement aux tissus d'organes animaux qui, après un traitement approprié, comportant essentiellement une digestion enzymatique des protéines, formeront un protéolysat: source d’azote facilement assimilable par les bactéries et de formule voisine de celle des milieux américains à base de peptones.
Les Laboratoires Difco, en effet, fabriquent des produits contrôlés pour l’usage microbiologique par des ütrages appropriés, très riches en peptones d'origines diverses, de composition connue et constante, tel que le Milieu «Protéose-Peptone Difco» qui est une synthèse de Polypeptones enrichies.
Tous ces caractères, J. MEYER, J. MALGRAS et R. VEs- CHAMBRE (14bis) les ont rencontrés dans un produit destiné à
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l'usage thérapeutique : le «Protéolysat de Ronchèse», dont la préparation et la composition telles qu’elles lui furent communiquées par les Laboratoires Ronchèse sont les suivantes:
Préparation. Constitution sommaire du Protéolysat Ronchèse.
«La majeure partie du Protéolysat résulte de Phydrolyse sulfurique de la caséine, de la viande et du sérum, pendant six heures à 100 degrés, de manière à pousser lhydrolyse aussi loin que possible.
L’acide est neutralisé ensuite par le carbonate de chaux pour éliminer le plus possible les parties minérales par plusieurs filtrations au cours des concentrations, en sorte que Île produit ne dépasse pas en général 10% de cendres totales. Ces hydrolysats sont cependant additionnés d’une partie d'hydrolysat enzymatique de ces mêmes produits et de fibrine, afin d’assurer au mélange un taux de Tryptophane dau moins 1%. L'hydrolysat complet doit renfermer de 36 à 40% de l’azote sous forme d’azote aminé, et moins de 10% d’azote ammoniacal».
Ces dosages d’azote, ainsi que ceux du tryptophane et des cendres, sont effectués pour chacune des préparations.
R. VESCHAMBRE a fait une étude comparée des constituants azotés du Protéolysat et du Bouillon V F, où il montre la teneur remarquable du premier en dérivés dégradés, (d’où l’utilisation plus facile par le microorganisme) et par là sa supériorité sur le Bouillon V F, bien que la teneur totale en composants azotés soit sensiblement la même pour les deux:
Bouillon V F: 5,7% en N total.
Protéolysat à 5%: 5,725% en N total.
Composition du Protéolysat pur en Acides aminés ou Polypeptides.
(Communiquée par les Laboratoires Ronchèse.)
1 GES EE TN TAN PNA RS AA EE er ee ee 2,4
EAST EN at 2,10 Acide aspartique .... 4,0
Peter 12,10 Cystine-cystéine ...: 1,10 ISoleueime tr: ere. 4,10 Acide glutamique .... 14.2
D OT AE AE 5,29 Giycocolle Een rer 1,4
Méthionine: :.....…1..1 2,15 Hydroxyproline ..... 0,15 Phénylalanine ....... 4,90 Proline rain 7,2
Phrconimentis TUE: 3,80 SÉRIE Neue 4,8
‘Revpiophane! 7... 1,00 LNTOSRES ENTRE TEN 2,0
SNS n ee CONS MASSE 7,00
Soit en tout: 83,4%.
Pope
En ce qui concerne la nature des amino-acides existant dans le Protéolysat et le Bouillon VF, d’après l’analyse chromatographique de R. VESCHAMBRE, il ressort que la gamme des amino-acides présents dans les deux milieux est sensiblement identique.
Mode d’emploi du Protéolysat , en tant que milieu de culture courant au laboratoire.
R. VESCHAMBRE fit des dilutions de Protéolysat à 1%, 2% et 5% sous forme de bouillon glucosé.
Ses essais de culture, effectués au Laboratoire de Microbiologie de la Faculté de Strasbourg sur les dilutions énumérées ci-dessus, ont montré que le pourcentage le plus économique, tout en étant suffisant, était de 2%. Il l’adopta alors pour la suite de ses recherches.
La préparation du milieu de base est la suivante:
PTOLCOLVS TE RCE MER ER 20/9:
EAU TS Hé Re EN PA 1.000 cc.
Il suffit de faire dissoudre le Protéolysat, qui a l’aspect d’une poudre jaune-brun, d’odeur caractéristique. On obtient rapidement, par simple agitation, une solution acide dont il faut ajuster le pH à 7,2 environ à l’aide de soude diluée.
On peut employer comme indicateur de pH un papier réactif spécial; mais, par l’addition de Soude, le liquide se trouble peu à peu, et, pratiquement, le pH voulu est atteint quand la précipitation est arrivée à son maximum, provoquant un trouble très net. Cette précipitation, due aux phosphates et carbonates alcalino-terreux, s’accentue encore à chaud. Il faut done porter le ballon contenant le milieu à la vapeur fluente dans l’autoclave et filtrer à chaud.
On obtient un liquide jaune elair très limpide.
Ce bouillon peut être enrichi, gélosé, etc. Dans nos expériences, nous l’avons utilisé non gélosé, mais glucosé à 2%.
Il suffit ensuite de le répartir dans les tubes et de stériliser à l’autoclave 15 à 20 minutes à 115°.
Le milieu est ainsi prêt à emploi.