‹ Contribution à l'étude d'une méthode de fabrication des textiles chimiques et matières plastiques artificiels à base d'un mélange de xanthogénate de cellulose et de xanthogénate d'amidon, en solution alcalineChapitre 53 sur 84 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

L’alcali d’amidon

À. — GÉNÉRALITÉS

De l’amidon, mis en présence d’une lessive alcaline, donne une masse gonflée qui se dissout progressivement dans le liquide de trempage.

L'interprétation des phases de l’alcalinisation de l’amidon a posé les mêmes points d'interrogation que pour l’alcali de cellulose, à savoir : l’alcali d’amidon est-il un composé défini ? L’alcali est-il combiné ou adsorbé?

Les opinions varient avec les auteurs.

Fouard (50) nie l'existence d’une combinaison chimique de l’alcali avec l’amidon; il arrive aux conclusions suivantes : 1° Il n'existe aucun composé chimique d’amidon et de potasse ; 2° La potasse provoque une désagrégation de la molécule; 3° Il peut exister une réaction d’absorption de l’alcali par le produit de désagrégation du complexe amidon. Contrairement, Pfeiffer et Tollens (51) admettent l’existence d’alcali d’amidon : C#H#O%K et C*H#O7Na Lintner (52) se tourne aussi vers un composé chimique. M. Ernst Stern (53) croit, ce qui semble logique, qu'il y a analogie de réaction entre l’amidon et la cellulose et qu’il faut admettre la formation d’amylates comme on admet celle de cellulosates. Il. pense que la fixation de l’alcali croît quand croît la concentration des lessives (ce qui est vrai dans le cas de l’alcali de cellulose) et qu’elle peut surpasser le rapport : C'HNOSNaOET,

208 VISCOSE D'AMIDON

D'après MM. Ost, Westhoff et Gessner (54), l’amidon en

présence d’une lessive alcaline, donnerait un amidon disodique : LEO (NaO)]E

L'alcali d’amidon de pomme de terre a été étudié en vue d'essayer son emploi comme colle végétale, mais cette dernière n’a pas donné satisfaction car son pouvoir collant, grand au début, était en diminution constante, par suite de la perte de fluidité et d’élasticité. L'augmentation de la viscosité est due à un phénomène analogue à celui étudié par M. Maquenne (55) dans les empois d’amidon : les amyloses, préalablement dissoutes ou en suspension dans la lessive alcaline, rétrogradent, c’est-à-dire se déshydratent et floculent dans l’hydrosol, augmentant la viscosité.

Cette rétrogradation est surtout observable avec des lessives peu concentrées, car à partir d’une certaine concentration, l’action de dépolymérisation de la soude sur le complexe moléculaire amidon, produit un démembrement hvdrolytique en éléments plus simples, ce qui tend à diminuer la viscosité.

Cette régénération d’amyloses peut être suivie au viscosimètre et M. Stern, déjà cité, a donné, sans la commenter, la figure suivante qui montre la direction des courbes des viscosités d’un alcali d’amidon à 33 % d’amidon. Les pourcentages, en regard de chaque courbe, indiquent les teneurs en NaOH de l’alcali d’amidon avant dilution, les taux de ces dilutions sont indiqués sous les pourcentages.

213 28% 12/ 12% ï z 2F15 zx 125 m 232% 4 1:25 e r ri 48 É 12 : m eym u 2 V/ j SZ pes Ÿ > 7 1 3 + 6 F Jours

VISCOSE D’AMIDON 209

Nous avons désigné par un chiffre romain chaque courbe de la figure primitive de M. Stern, en vue de faciliter la conpréhension de nos commentaires.

Dans le tableau suivant sont indiquées les caractéristiques des alcalis d’amidon correspondant aux différentes courbes :

% NaOH dans l’alcali d’amidon initial

Numéro de la courbe

Taux de dilution

ni ni bi et et it et it pi D = D D h D ND D NO

Etant donné les dilutions différentes, toutes les courbes ne sont pas comparables. Nous avons rangé en trois groupes les alcalis d’amidon ayant été dilués dans les mêmes conditions :

Premier groupe, dilution 1 : 2 courbes I, VI, VII, IX.

Deuxième groupe, dilution 1 : 2,5, courbes IT, III, IV.

Troisième groupe, dilution 1 : 1, courbes V, VIII.

De plus, dans chaque groupe, pour mieux comparer la direction des courbes, nous les avons théoriquement toutes ramenées à la même viscosité initiale. Pour obtenir ce résultat, il suffit de mener, en partant toujours d’un même point, des parallèles aux courbes. Pour chaque groupe, nous avons établi un graphique; nous devons signaler, comme cela se conçoit, que nous ne recherchons pas des comparaisons exactes entre les grandeurs des viscosités mais des vues d'ensemble des directions des courbes.

YISCOSE D'AMIDON

Fig. 61

VISCOSE D'AMIDON 211

De l'examen de ces trois graphiques, il résulte que :

1° Toutes les courbes, sauf V, montent plus ou moins;

2° En général, la montée est d'autant plus rapide que la courbe correspond à un alcali de faible teneur en hydroxyde de sodium.

3° En général, toutes les courbes, sauf V, VIII, IX, commencent par une montée rapide qui se ralentit; ce phénomène peut recevoir l'explication suivante : pendant le premier âge, la rétrogradation est forte, ce qui augmente la viscosité, mais bientôt, la soude provoque un démembrement du complexe moléculaire amidon, ce qui tend à diminuer la viscosité ; à ce moment, la rétrogradation et le démembrement se contrarient.

Dans chaque groupe la montée est d'autant plus accentuée que le % sodique est faible, ce qui s'explique par une action contrariante affaiblie de la soude (exception : courbe IT).

Les courbes VIII et IX qui n'ont pas, dans une première phase, une montée rapide, correspondent à des alcalis d’amidon de teneur relativement forte en soude (4 % et 3,62 % NaOH), ce qui montre que la rétrogradation l’emporte de peu sur le démembrement du complexe amidon.

Dans la courbe V, correspondant au plus fort % sodique, la ligne des viscosités s'annonce par une descente progressive; dans ce cas, l’action de dépolymérisation de la soude l'emporte sur la rétrogradation qui n’est plus observable.

Suivant MM. H. Ost, F. Westhoff et L. Gessner (56), de l’'amidon purifié, après avoir subi, durant 21 jours, l’action d’une lessive de soude à 10 % donne, à l’iode, la même coloration bleu soutenu que l’amidon frais. Il ne réduit pas la liqueur de Fehling et a le même pouvoir rotatoire spécifique [a]p = + 195 à + 196 que l’amidon frais. Néanmoins, ces auteurs admettent, comme il le semble logique, que la grande molécule d'amidon (CSH1O°} a subi un rapetissement, non démontrable par les réactions usuelles.

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