ER
Suivent une vingtaine de remèdes de même genre, et. à la fin, la note suivante : « On joint à tous ces remèdes séparément, un imprimé qui enseigne la manière de s’en servir », et l'adresse du Frère Célestin.
Ces exemples donnent une idée de ce qu'était le commerce des drogues au xvii° siècle ; cependant parmi le nombre incalculable de ces produits charlatanesques quelques compositions avaient une réelle valeur et survécurent dans la pharmacopée peu ou pas modifiées. | PAS
Telle fut la « poudre des Jésuites » qui n ei AUTRE que le quinquina : chose curieuse d’ailleurs, cette spécialité vendue au poids de l'or ne connut aucun succès, jusqu'à ce qu’elle fut rapportée d'Angleterre sous le nom de «potion du Docteur Talbot » (infusion d’écorce de quinquina dans du vin, avec des fleurs de petite centaurée et des graines de genièvre).
Talbot (ou Talbor!), Médecin du Roy Charles Il futen effet appelé à Orléans en 1678 pour soigner la Petite Mademoiselle, fille d'Henriette d'Angleterre et de Monsieur, frère du Roi, alteinte de fièvre quarte ; la guérison de Mademoiselle et de plusieurs autres personnes, fit grand bruit el consacra le médicament qui connut dès lors une vogue considérable : jusqu’au « bonhomme » La Fontaine qui en vanta Îles mérites :
Talbot sera mon Médecin,
Puisqu’il faut qu’on boive du vin,
Peste soit de ces ânes
Qui nous font crever à la fin,
Boursoufflés de tisanes (1).
« Le baume Tranquille », préparé par les Frères Aignan et Rousseau, du Louvre, et que vante la grande «Bavarde» du Siècle (Madame de Sévigné, Lettres à sa fille, 15-12- 1684)
« Le remède contre les Dissenterres », d'Helvétius, qui n’élait autre que l’ipéca.
« Les pilules hydrargyriques de Belloste », inscrites depuis au Codex, sous le nom de pilules mercurielles.
La fameuse « affaire des Poisons », fournit matière à la parution de nouveaux textes répressifs, dont une partie au moins nous intéresse: x".
C'est l’édit de 1682 « pour la punition de différens crit mes ». A “
IL vise le commerce des produits vénéneux.
L'article 6,définit le poison: Tout produit déterminant la mort, « où calpable d’altérer peu à peu la santé ».
L'article 7, ordonne établissement d’un registre de vente à tous les grossistes qui sont obligés d’en faire le commerce. | :
L'article 9, stipule que Nul ne pourrait créer un « Laboratoire et y travailler, sans une autorisation « spéciale et une lettre patente du Garde des Sceaux ». Cette défense s’adressait même aux médecins et aux Apothicaires, seul donc le Roy se réservait le droit d'accorder le privilège du Commerce des produits vénéneux à qui bon lui semblait.
(1) La FonTAINE « poème du quinquina » 1682, cité par le D' Bouvet mais nous n'avons pas retrouvé ces vers dans le « poème du quinquina».
Ode
Cet édit interdit encore la vente des toxiques, même par ceux y autorisés, sans une ordonnance médicale ou une aulorisation expresse. ë ne
La peine de mort était la sanction applicable aux délinquants.
Mais ces textes ne changèrent rien à l’état de chose préexistant : Le grand Siècle fut donc aussi le Siècle électif du charlatanisme. Il est vrai que la Science médicale et pharmaceutique subissait une véritable crise et n’était pas en mesure de concurrencer les empiriques et les charlatans.
« Clistérium donare
« Postéa seignare
« Ensuitla purgare ».
Molière n'avait pas tout à fail tort en raillant nos ancêtres. Il les avait fort bien observés, si l’on en croit l’ouvrage de Raynaud « Les Médecins au temps de Molière » : & Il n’est pas, dit-il, une des dissertations que Molière met dans la bouche de ses personnages, qui ne soit parfaitement conforme à l’esprit et même au langage usilé dans l’Ecole... le meilleur morceau en ce genre est la consultation. donnée à M. de Pourceaugnac. »
Au xvui siècle, le Roi, les Pouvoirs Publics et les Sociélés Savantes, tentèrent de réagir contre l’envahissement du remède secret et des charlatans; plusieurs textes virent le jour, que nous ne pouvons pas passer
BoNNEL 3