DÉSIGNATION DES CULTURES
Milieu glycériné Alcalinité en HS01 0,0172
— mannité — — ELA PRE 0,0147 — Jévulosé — — MALE CARE 0,0147 — saccharosé — -- BA CO 0,0147 — glucosé Aeidité en H2S0m. 0,0140
On peut conclure de ces résultats que les cristaux se précipitent toujours en milieu alcalin, sauf dans le cas des cultures en bouillon glucosé, où la réaction est très faiblement acide.
La formation des cristaux peut aussi s'effectuer en milieu synthétique type additionné d'acide sulfurique, phosphorique, succinique, avec une acidité voisine de 0*,0098% pour H, SO; et PO, H,, mais de beaucoup supérieure pour l'acide suceinique.
INFLUENCE DES BASES ET DES PRODUITS DE DIVERSES FERMENTATIONS DE L'ASPARAGINE
Action de l’ammoniaque. -— L'analyse montre que, lorsque la végétation s'arrête, le milieu n’est pas complètement épuisé en éléments nutritifs. Le Bacille a done dû former des produits microbiens qui, jouant le rôle d’antiseptiques, ont arrêté son développement. Parmi les produits de la fermentation, l'ammoniaque mérite de fixer l’attention par sa constance: il est done, par suite, intéressant de rechercher son action sur la production des cristaux et sur la végétation bactérienne. A cet effet, des cultures effectuées en milieu synthétique type reçoivent des doses croissantes d’ammoniaque. Le tableau ci-dessous indique les modifications morphologiques et physiologiques déterminées par l’aleali.
5 NH ADDITIONNE DÉSIGNATION FR RAS à 100emÿ
des cultures de bouillon
grammes
0,0085 | Bacilles mobiles, longueur un peu
supérieure à la moyenne.
La taille des cellules augmente 0,0170 avec les doses crmissantes de 0,0250 NH;. Les cultures offrent de 0,0340 ; longs bacilles souvent réunis 0,0/20 en filaments. La motilité äu con- 0,010 traire diminue de À à G où les 0 ,0680 cellules sont très souvent immo-
Pas de voile, » ni fluorescence, ni cristaux.
biles, 0,0850
Pas de développement,
Les résultats précédents montrent que l'ammoniaque, à
doses relativement faibles, entrave le développement bactérien, détermine l’allongement des bacilles (Voir planche, fig. 6), diminue où supprime la motilité et s'oppose à la production des cristaux, et qu’à doses plus fortes, elle arrête toute manifestation vitale, Il y a lieu, toutefois, de remarquer que les chiffres indiqués dans le tableau ci-dessus ne sauraient être considérés avec leur valeur absolue, car l’alcalinité de la culture ne reste pas constante et égale à celle qui serait déterminée par l’addition de l’ammoniaque. La base produit, en effet, un précipité dans le milieu, et une certaine quantité de gaz NH, est perdue par volatilisation. L'examen de la culture G, par exemple, montre une alcalinité qui, exprimée en NH, est de 0*",0400 alors qu’on a ajouté initialement au milieu 0*,0680 d’alcali. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce fait lorsque nous rechercherons les causes déterminant les modifications morphologiques de la cellule bactérienne. °
Dans toutes les cultures ammoniacales, une modification curieuse vient s’ajouter à celles que j'ai signalées dans le tableau ci-dessus; c’est l’apparition d’une substance chromogène bleue.
Cette nouvelle coloration de la culture s’obtient très aisément en partant d’un milieu synthétique additionné de 25 milligrammes de NH, pour 100 de bouillon. Après un séjour de dix à quinze jours à 259, les cultures sont abandonnées à la température de la chambre et, au bout de vingt, trente jours, parfois plus, le bleuissement peut être observé. Cette coloration ne se manifeste que sur les cultures en tubes où elle envahit environ les quatre cinquièmes du liquide, la partie supérieure du bouillon étant colorée en jaune. En ballon (1 centimètre cube de bouillon pour 6 centimètres cubes de capacité totale du vase) toute la culture présente une teinte jaune semblable à celle de la partie supérieure des tubes et ne bleuit jamais. La substance bleue est insoluble dans l’alcool amylique, l’éther et le chloroforme; l'agitation et les réactifs oxydants jaunissent instantanément les cultures où elle a pu se former. Ce fait permet de comprendre pourquoi la partie supérieure du tube et les ballons de culture où l’air a facilement accès, ne présentent pas le chromogène
bleu, mais le jaune. D’ailleurs, dans les tubes, le bleuissement commence toujours à la partie inférieure et gagne peu à peu les couches supérieures en teinte dégradée pour passer au jaune à la surface du liquide. Les alcalis, les acides décolorent les cultures bleuies, mais l’action des acides se continue après la décoloration, et on voit apparaître, au bout de quelques heures, une teinte rose très vive. Cette coloration rose se produit même instantanément si, après addition d’acide sulfurique, par exemple, on agite énergiquement le tube et qu’on le chauffe légèrement.
En résumé, l’ammoniaque détermine lapparition d’une fonction chromogène nouvelle, et il semble même que la Bactérie qui, jusqu'alors était toujours incolore, soit faiblement colorée en bleu très pâle lorsqu'elle se développe dans un milieu renfermant cet alcali, mais c’est là un point que je ne puis préciser.
Action de la potasse et de la soude. — L’ammoniaque agitelle en tant que base et alors peut-on la remplacer par un autre composé basique, ou Jouit-elle d’une action propre? Pour répondre à cette question, il suffit d'observer les cultures faites en un milieu auquel on ajoute des doses croissantes de soude et de potasse.
Le tableau ci-dessous se rapporte à l’action de la soude.
DÉSIGNATION NaOH d ADDITIONNÉE Ps : s es ANooset MODIFICATIONS MORPHOLOGIQUES CARACTÈRES DE CULTURE
cultures de bouillon
grammes
AR 0,0333 Horménormale et ct 00. Développement moyen ; cristaux vers 20e jour.
BANC 0,0666 UE AMP RE LUS Développement moyen ; cristaux vers 20° jour.
CEE: 0000 è
Dis DORE 0,1332 La taille des cellules augmente] É
DS AR 0,1665 légèrement pour arriver à donner Pas, de: voie, ni ANSE
HIPAENRE 0,1998 en G des formes qui peuvent RE M PERS DORE
GE 0,266/4 \ teindre deux à deux fois et demie
| bleue extrêmement faible HT 0,3330 / lalongueurdes cellules normales.
Je ferai ici une remarque analogue à celle que j’ai faite pour NH;. L’addition de l’hydrate de sodium au milieu détermine un précipité, et l’alcalinité de la culture ne correspond plus à la quantité de base ajoutée. Ainsi les ballons (G et H), après quatre jours d’ensemencement, accusent respéctivement une alcalinité de 0%,1440 en NaOH au lieu de 0°,2664; et 0%°,1160 au lieu de 0,333.
Les chiffres du tableau ne sauraient donc être considérés avec leur valeur absolue, mais comme représentant simplement des doses croissantes de soude ajoutées au milieu.
Ces réserves étant faites, il ressort néanmoins de la comparaison des tableaux 7 et II que l’action de la soude est comparable à celle de l’ammoniaque, tout en étant notablement plus faible. Ce fait s'explique aisément. En effet, la soude, même en quantités aussi faibles que celles indiquées au tableau cidessus, détermine à la température du laboratoire une faible hydrolyse de l’asparagine avec mise en liberté de NH,. Il est donc logique d’admettre que l’hydrate de sodium additionné à la culture agit pour la plus grande partie comme producteur de NH.
Il semble résulter de là que l’ammoniaque a une action spécifique. MiqueL (1883), Kirasaro (1888), Borr (1890), ont d’ailleurs montré le caractère antiseptique de cette base vis-à-vis de certaines bactéries. Mais, comme nous avons constaté la présence de NH, dans les produits de fermentation de B. chlororaphis, on ne s’expliquerait guère la végétation normale de la Bactérie en milieu synthétique si on n’observait la formation de carbonate d’ammoniaque, sel faiblement antiseptique.
Si la présence de NH, a été constatée parmi les produits de la fermentation des cultures de B. chlororaphis, nous n’avons pas, par contre, décelé d’acide aspartique, alors que ARNAUD et CHarRiN (1891) ont montré que B. pyocyaneus hydrolyse l’asparagine en donnant de l’aspartate d’ammoniaque. J’ai cru intéressant, néanmoins, d’essayer l’action de l’acide aspartique et de NH, sur B. chlororaphis. Pour cela, j'ai ensemencé la Bactérie dans un milieu renfermant pour 100 : acide aspartique 1*°,400; NH, 25 milligrammes et, en outre, les éléments minéraux et
hydrocarboné du milieu synthétique type. Le Bacille donne des cultures brunes à développement très faible sans voile ni cristaux et l'examen microscopique montre des formes filamenteuses.
NeugerG et CappezzuoLi (1909) ont montré que certaines bactéries transforment l’asparagine en acide propionique et succinique. J’ai cru devoir étudier l’action de ces acides sur B. chlororaphis et, à cet effet, j'ai additionné le milieu synthétique type de 0,050 de propionate de sodium et 0*°,100 de succinate d’ammoniaque. Ensemencée sur le milieu ainsi obtenu, la Bactérie donne des cultures à développement microbien extrêmement faible, sans voile ni cristaux. L'examen microscopique montre des éléments à formes irrégulières.