‹ Contribution à l'étude de certaines myélites et de leurs rapports avec l'encéphalite épidémiqueChapitre 12 sur 21 · I. — Modes de début · texte numérisé non relu

I. — Modes de début

Le début est variable. On note toutes les gradations depuis le début des plus insidieux, la maladie s’installant sournoisement, sans bruit, jusqu'au début brutal, à grand orchestre. C'est ainsi que dans l'observation n° IT, le début de la maladie remonte au mois de novembre 1918 et la malade ne dut s'arrêler et entrer à l'hôpital que le 12 avril 1919. Dans l'observation n° VI, le début remonte au commencement de février 1920 et la malade est obligée de s’arrêter et d'entrer à l'hôpital le 15 mars. Pour le cas noté dans l'observation n° Ï, l'invasion est encore plus rapide : entrée à l'hôpital le 12 mars 1919, avec le diagnostic de tétraplégie, si l’on excepte une certaine raideur de la nuque ressentie le 26 janvier, les premiers symptômes alarmants se sont montrés le 3 février. Chez la nommée L. D., observation n° V, venue à la consultation d’ophtalmologie le 20 février 1919, le début a été presque brusque, puisque le 25 elle entrait à l'hôpital avec toutes les apparences d’une parkinsonienne.

Enfin, comme exemple de début brutal, dramatique, nous citerons le cas de la femme B. née C., qui fut terrassée par la maladie avec une extrème violence, et dont l'entrée à l'hôpital se fit dans le coma, l’élat général qui se maintint très grave les jours suivants faisant craindre une issue fatale à bref délai. Nous avons omis volontairement de parler du cas relaté dans

no fe

l'observation n° [V, parce que selon toute vraissemblance, il s'agit d'une rechute, la maladie ayant débuté paraît-il en 1914. Si nous en croyons les renseignements recueillis sur le malade, À. M., il s'en suivrait que la première atteinte fut foudroyante, A. M. tombant subitement alors qu'il se rendait à son bureau, et restant ensuile des mois avec une impotance totale des deux membres inférieurs, et que la rechute en différa notablement, la maladie adoptant alors une marche excessivement lente, pour, à un moment donné, éclater avec des symptômes bruyants : fièvre, délire, cependant que, parachevant le tableau clinique, apparaissait la paralysie des sphincters.

Quels sont les symptômes de cette période de début ? Le plus couramment 11 ÿ a tout d'abord de la céphalée; presque constamment observée, elle est parfois {rès tenace. Il est rare qu'elle ne s'accompagne pas de lassitude extrème, d’asthénie physique ou mentale. A ces symplômes se surajoute tout un cortège de sensations bizarres, pénibles, ou franchement douloureuses. Cela peut aller de Ta simple impression de raideur, par exemple de la nuque, à celle d’une crampe, ou bien à celle que les malades qualifient de « pesanteurs », jusqu'aux engourdissements gênants, aux douleurs en ceinture, ou enfin jusqu'à l’odieuse rachialgie qui immobilise avant même que la paraplégie ne s’inslalle.

Ce qu'il y a de remarquable au premier chef, c'est que parfois, accompagnant la céphalée, se manifestent des troubles oculaires, brouillards, diplopie, ptosis, à telle enseigne que la malade, dont l'histoire navrante figure dans l'observation n° V, a élé amenée chez M. le Professeur Verger, salle #4, par l'interne averti du service d’ophtalmologie, après qu'un examen très minutieux n'eut rien pu déceler, ni dans le fond de l'œil, ni dans les mouvements du globe.

La fièvre ne se manifeste pas toujours des plus nettement. Cependant, d'ordinaire, le mouvement fébrile plus ou moins accentué de la période d’invasion ne.passe guère inaperçu. Les malades, quelquefois le médecin, mais alors dans une visite unique, l'ont pris pour la manifestation d’une simple

PE

courbature, ou même d’une grippe frustre, sans que, bien entendu, ces diagnostics puissent en imposer le moins du monde. 4

Page 1