II. — Période d'état
Puis, plus ou moins rapidement, quelquefois avec des rémissions, s'installent les divers symptômes qui caractérisent l’alteinte de la moelle et son atleinte diffuse. Ce sont : d’abord l’impotence motrice, souvent limitée aux membres inférieurs, absolue ou plus ordinairement incomplète ; la parlicipation à la paralysie de la vessie et du rectum, se traduisant par l’inconlinence d'urine (ou tout au moins, quand les troubles sont peu accentués, par le caraclère éminemment impérieux des miclions), et l’incontinence des matières fécales ; les troubles de la sensibilité, surtout subjectifs, parfois objectifs; l’exagération (syndrome des seclions incomplètes ou de compression de la moelle), ou l’aholition (syndrome des sections complètes) des réflexes ; le signe de Babinski, les troubles trophiques et en première ligne l'’amyotrophie et les eschares ; les troubles vaso-moteurs et sécrétoires, ceux-là accessoires ; enfin l'état général plus ou moins atteint.
Et puis, nous n'insisterons pas davantage. Toute cette symptômatologie est des plus banale, et commune à toutes les myélites infectieuses. Grasset l'avait bien vu et en élait à tel point persuadé qu'il le répète sur tous les tons dans son rapport sur les myélites infectieuses an Congrès de Médecine de Bordeaux de 1895 (Seconde session). Comme il nous paraitrait difficile de surpasser sa concision et sa clarté et qu'au surplus nous ne sommes pas fâché de pouvoir, pour justifier le peu de développement que nous donnons à ce chapitre, nous abriter un instant derrrière son incontestable autorité, nous lui passons la parole : voici ce qu'il dit : « C’est un principe qui domine toute la pathologie médullaire, que les
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Symptômes des myélites pris isolément sont des facteurs du siège des lésions médullaires et non de la nature nosologique de ces lésions »: — « Les divers types cliniques de myélites peuvent être engendrés par les maladies infectieuses, avec cetle remarque complémentaire que les formes les plus fréquemment observées après les infections sont des myélites diffuses, soit myélite diffuse aiguë (non envahissante ou envahissante, en un foyer ou en foyers disséminés), soit myélite diffuse chronique (en un foyer ou en plaques) ». — « Les myéliles infeclieuses n’ont pas une histoire clinique différente suivant la nature de l’infection causale. En d’autres termes, la myélite peut être cliniquement la même après des infections différentes, et la même infection peut développer des myélites cliniquement différentes. En un mot, le tableau clinique est commandé par le siège de la localisation deslésions sur la moelle, plutôt que par la nature de l'infection ». Et encore : € Si, le rapport de cause à effet est évident dans bon nombre de cas entre les diverses maladies infectieuses el les diverses myélites, il est évident aussi qu'une maladie infectieuse n’est pas inféodée à une myélite donnée et qu'une myélite donnée ne correspond pas toujours à la même infection ». Et enfin : « De plus, la myélite une fois réalisée n'a pas une symptomatologie différente suivant la nature de l'infection. » Hs
Après cela nous ne pensons pas qu'on puisse nous en vouloir de ne pas avoir fait une étude plus détaillée de la symptomatologie médullaire.
Autrement importante pour le but que nous nous sommes - proposé, apparaît la conslalation des caractères extrinsèques à la myélite elle-même. Cependant ces caractères soigneusement notés dans nos observations, nous n’allons que les signaler rapidement, pour la seule raison que nous les reprendrons avec une attention toule spéciale dans le chapitre consacré à l’étiologie. En plus de ceux qui figurent dans la description du début de l'affection, entre autres les troubles oculaires et l'asthénie, nous ajouterons une manifestation du plus haut
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intérêt : la narcolepsie {typique qui s'est montrée chez la malade même qui nous est venue du service d’ophtalmologie. À défaut de narcolepsie typique, on relève de la somnolence ou une sorte d'état figé dans lequel le malade demeure de longues heures sans faire le moindre mouvement, comme ou pourra le lire dans l'observation n° IV.
IT. — Formes cliniques.
Au point du vue des formes cliniques que peut revêtir l'affection qui nous occupe, une première distinction s'impose. C'est celle entre :
A. — Les formes où la myélite apparaît comme constituant d'emblée toute la maladie. : | B. — Et celles où la myélite n’est que secondaire, on fait
tout au moins partie d’un syndrôme complexe comprenant des manifestations cérébrales et mésencéphaliques.
Dans la première catégorie A, qui groupe les cas relatés dans les observations n° I, IT et VI, il y a encore lieu de distinguer deux modes :
a) Un premier dans lequel la maladie a évolué vers la paraplégie aiguë flasque : observalion n° I.
b) Un second dans lequel l'évolution s'est faite vers la paraplégie spasmodique : observations nes III et VI.
Dans la seconde catégorie B, qui réunit les cas des observations no II, IV et V, le syndrome complexe auquel la myélite ne fait que participer permet encore de signaler :
c<] Une forme poliomyélitique antérieure aiguë, susceptible de faire songer un instant à la maladie- de Heine-Médin : observation n° II.
d) Une forme parkinsonienne, observation n° IV, l’analogie avec la paralysie agitante de Parkinson sautant aux yeux.