‹ Contribution à l'étude de certaines myélites et de leurs rapports avec l'encéphalite épidémiqueChapitre 15 sur 21 · V. — Anatomie pathologique · texte numérisé non relu

V. — Anatomie pathologique

Dans ce chapitre, nous serons très brefs et nous ne ferons guère que nous borner à rassembler les résultats de l’autopsie et de l’analyse histologique, quand elles ont pu être pratiquées.

Nous ne citons que par souei d'être complet ce qu'a montré l’autopsie du cas relaté dans l'observation portant le ne I, parce que la large ouverture du canal sacré par une eschare enlève tout espèce de poids aux constatations « post-mortem ». Inutile d'ajouter que dans ce cas il n'a été procédé à aucun

examen histologique : « Méningite purulente englobant la moelle jusque vers le haut de la région dorsale. L'eschare a largement ouvert le canal sacré. Dans le renflement brachial, substance blanche un peu diffluente et mollasse, On trouve au niveau des cornes antérieures de pelits foyers minuscules, Jaunes, acuminés.

À la suite de l'observation n° IV, cas pour lequel l'autopsie n'a pas été relatée, on lira comme résultats de l'examen histologique des pièces prélevées :

I. Aoelle (coupe passant par la partie moyenne du renflement lombaire. Coloration au bleu de toluidine) : cellules raréfiées, délabrées, en chromatolyse centrale avec migration du noyeau. Préparation un peu décolorée qui permet cependant de bien voir les lésions cellulaires à de forts grossissements.

Il. Protubérance : remarquable par la généralisation des lésions cellulaires et les variétés, les degrès de chromatolyse.

HI. Cerveau : frontale ascendante : grandes cellules très raréfiées. Parmi celles qui demeurent, il y en a quelquesunes qui ont conservé leurs grains chromatiques. Dégénérescence pigmentaire.

Il y a en outre, au niveau de la moelle, de la protubérance, de l'écorce, une prolifération névroglique intense.

En somme, altérations profondes du système cellulaire dans tout l’axe cérébro-spinal examiné.

Pour terminer, voici les constatations faites par M. le Professeur Verger à l’autopsie de la malade ayant succombé à la forme parkinsonienne que nous avons signalée (observation n° V), et les résultats de l’examen histologique.

Autopsie : æœdème sous-arachnoïdien. Surface extérieure de l’encéphale normale; seulement congestion pie-mérienne. Pas de méningite de la base. Rien d’anormal du côté des noyaux centraux.

Mésencéphale : du côté de la calotte pédonculaire et du plancher du quatrième ventricule, aspect un peut grisâtre, bleuté et saillant d’une bande assez distincte,

SN

Moelle : œdème avec filaments sous-méningés dans la partie inférieure de la région cervicale et dans la partie supérieure de la région dorsale. Depuis la quatrième paire cervicale, sur environ 6 centimètres de longueur, la moelle est franchement molle, presque diffluente.

Rien de remarquable dans les viscères.

Examen histologique. — Fragments venus dans le liquide de Bouin : écorce, protubérance, segment de moelle (vers la Ve ou VIle cervicale).

Traités par les alcools pour le Nissl et l’acide osmique pour la coloration de la névroglie. Fixation défectueuse, les fragments s'émiellant. Résultats :

I. Écorce : au Nissl. Infiltralion de cellules embryonnaires généralisée, prédominante aux alentours des vaisseaux. Noyaux conjonctifs, noyaux névrogliques. De nombreuses cellules nerveuses sont très atrophiées, vides de leur contenu chromatique, réduites à des massues. Celles qui subsistent sont en état de chromatolyse très prononcée. En somme, altération quantitative et qualitative de ces cellules. Pas d'augmentation des fibrilles névrogliques. Méninges indemnes.

IT. Protubérance : ici, Flinfiltration nucléaire est en plus intense, et de plus, par places, il y a des amoncellements de noyaux qui se sont subslitués aux masses grises. C’est surtout au niveau de la paroi ventriculaire que les amas se rencontrent, mais on les trouve aussi dans la zone des voies pyramidales. Pas d'épendymite.

IT. Moelle : pas d'inflammation des enveloppes. Chromatolyse et dégénérescence pigmentaire dans toutes les cellules des cornes antérieures. Pas de foyer de poliomyélite. Pas d’hyperplasie nette de la névroglie.

En résumé, processus inflammatoire généralisé à tout l’axe cérébro-spinal; véritables nodules inflammatoires au niveau de la protubérance.

Pas d’inflammation des méninges.

De même que nous avons procédé pour la symptomatologie, nous nous réservons dans le chapitre sur la nature de l'affec-

ro

tion, qui s'affirme comme le chapitre principal, d'insister sur les différents points susceptibles de servir utilement au but que nous poursuivons, et si nous avons pris soin de reproduire la totalité des résultats, c’est que nous nous proposons d'en tirer, comme on-pourra le voir, une parlie de nos arguments, et non pas des moindres,

Nature de l'affection.

En présence de cas de myélite analogues à ceux décrits dans les observations [IT et VI, dans lesquels les accidents médullaires se sont installés insidieusement, sans fracas, sans grand retentissementsur l’état général, la première idée qui se présente à l'esprit, c'est que la syphilis est en cause. Jusqu'à l'apparition des myélites dont nous nous occupons, ce diagnostic s'imposait pour de tels cas. Mais nous avons vu que dans les nôtres, le résultat de la réaction de Wassermann se montre toujours négatif, et que rien ne peut faire soupconner la syphilis. Dans les cas où la myélite apparait comme une des manifestions d’une maladie infectieuse, on reconnaît cette dernière à ses caractères particuliers et à son allure propre. En ce qui concerne nos myélites, non seulement les examens de laboratoire : culture du sang, examen du liquide céphalo-rachidien, donnent constamment des résultats négatifs, mais encore, de la seule lecture des observations (en. l'occurence obs. Il, IV et V), il ressort manifestement qu'on ne peut décéler aucune des maladies infectieuses ordinairement incriminées.

S'il en est ainsi, l'étiologie de ces myélites doit-elle donc demeurer tellement mystérieuse ? Nous ne le pensons pas. Certaines constatations susceptibles de nous orienter dans la recherche de la nature desdites myélites n’ont point échappé à nos Maîtres. Ce sont que :

1° Ces myélites ont fait leur apparition alors que sévissait l'épidémie d’encéphalite,

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