‹ Contribution à l'étude de l'absence congénitale du RadiusChapitre 6 sur 23 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Historique.

Certains auteurs ont cru trouver, dans une observation d'Ambroise Paré, une difformité analogue à celle de l'absence congénitale du radius. Voici ce que rapporte Ambroise Paré : « L'an 1573, je vis à Paris, à la porte de St-André-des-Arts, un enfant

monstrueux, âgé de 5 ans, natif de Papeville, village:

à 3 lieues de Guise (son père s'appelait Pierre Renard, sa mère Marquette), qui n'avait que deux doigts à la main droite; et le bras droit était assez bien formé depuis l'épaule jusqu’au coude, mais depuis le coude jusqu'aux deux doigts était fort difforme. Il était sans jambes. Toutefois lui sortait hors de la fesse droite une figure incomplète d’un pied, apparence de quatre orteils; de l’autre fesse gauche, il en sortait du milieu deux doigts quorum unus genilali virili haud erat absimilis » (Paré, Œuvres, 1. XXV, chap. VID.

Il faut arriver à 1733 pour voir J.-L. Petit, la première fois en France, attirer l'attention sur l'absence congénitale du radius. En 1819, Meckel s'occupe de la question. En 1835, Lediberder en pré-

sente un cas à la Société anatomique de Paris. En

à Rs fhcé

Mo te 1837, Prestat en cite un autre (Société anatomique).

Puis nous voyons successivement Cruveilhier (Bulletin de la Société anatomique, 1845), Roger et Houel(Union Médicale, 1851), Davaine (Compte rendu de la Société Biologique, 1851), Ledru (Bulletin de 1a Socrété anatomique,1855),Erichsen(The Lancet,1858), Legendre (Compte rendu de la Société Biologique, 1899), Grüber (Archiv.f. pathol. Anat., 1865)apporter de nouveaux cas dans la littérature médicale.

Mais tous ces auteurs se contentent de citer des observations isolées d'absence congénitale du radius sans chercher à en approfondir l'anatomie pathologique et la pathogénie.

Holmes (Thérapeutique des maladies chirurgicales des enfants) consacre à peine quelques lignes à la main bote qui, pour lui, est une véritable rareté en tant que main bote congénitale.

Owen (Traité pratique de Chirurgie infantile) semble mal la connaitre.

Denos jours, en Allemagne, Hoffa (Lerbuch der orthop. chir.), en France, Bouvier (Dictionnaire encyclopédique), Kirmisson (Traité des affections chirurgicales d’origine congénitale) ont mis au point l'étude de ce cas pathologique en réunissant les observations antérieures et en contribuant, par des apports nouveaux, à élucider la question au point de vue anatomo-pathologique. Il convient de citer les merveilleux travaux de Dareste, dont les études de tératogénie expérimentale ont scientifiquement précisé les conditions de développement des monstruosités.

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