‹ Contribution à l'étude de l'accouchement prématuré provoquéChapitre 33 sur 35 · RESULTATS POUR L'ENFANT · texte numérisé non relu

RESULTATS POUR L'ENFANT

Nous en sommes arrivés à ce point intéressant entre tous qui domine l'étude de l’accouchement prématuré artificiel : la question de l’enfant. C’est elle surtout qui a valu à cette intervention tant d’adversaires irréductibles et tant d’ardents défenseurs, ceux-ci publiant les statistiques les plus rassu-. rantes avec une mortalité très minime, ceux-là obtenant des résultats déplorables et condamnant à tout prix la méthode. C’est cette question primordiale pour l’enfant que nous allons maintenant envisager, et cela à un double point de vue, dans ses conséquences immédiates et dans l’avenir.

‘1° Résultats immédiats. — Plusieurs causes interviennent qui, bien que n’étant pas spéciales à l’accouchement artificiel, peuvent mettre quelquefois en danger la vie de Venfant : et tout d’abord la longueur du travail. Combien de fois, en effet, et souvent au cours d’un accouchement spontané à terme, à la suite d’un travail trop prolongé par insuffisance des contactions ou même inertie utérine, n’at-on pas vu l'enfant naître en état de mort apparente ou ne revenir que difficilement à la vie? La rupture prématurée des membranes ou les procidences que l’on a constatées plus fréquentes dans les interruptions artificielles de la grossesse sont autant de causes capables d’en assombrir le pronostic. Ces reproches ont une valeur indéniable et que nous ne discutons pas, car ils se trouvent, en partie du moins, confirmés dans une des observations que nous avons publiées et où nous voyons (observat. XI) un cas d’asphyxie blanche chez un enfant du poids de 2.250 grammes après un travail de 28 heures : mais il ne faut cependant pas en faire une règle générale car si nous consultons les observations XIII, XIV,

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XX et XXI, nous trouvons respectivement 52, 48, 34 et 38 heures sans qu'aucun des enfants ait paru en souffrir. A l'observation XVIII nous constatons la rupture accidentelle des membranes avant toute douleur, sans que cette circonstance semble influer en rien sur la bonne marche du travail (11 heures) et l'intégrité dé l'enfant:

Il a été publié sur ce sujet, ainsi que nous le disions plus haut, un nombre considérable de statistiques et n’avons que l’embarras du choix. En 1888, Brawn (de Vienne),accuse une mortalité. fœtale de 44 %. Léopold, une mortalité de 33: %- Ahlfeld, 39,6, et enfin en 1891 le professeur Pinard, Sur :100 Cas consignés par. lui, donne une moyenne de 33 %. C'était beaucoup et l’on comprend qu’avec de semblables résultats on ait pu douter longtemps de l'efficacité de la méthode : mais si, continuant nos investigations, nous nous reportons à des travaux plus récents, nous constatons que les risques couru par l’enfant tendent de plus en plus à diminuer, avec les progrès de la technique opératoire.

De plus, ces chiffres nous donnent la mortalité brute de toutes les intérventions, à quelque date de la grossese qu "elles aient été pratiquées, c’est-à-dire qu’ à côté de prématurés nés à 8 mois ou 8 mois et demi de vie intra-utérine, nous en trouvons égalèment de 7 mois, 7 mois et demi et même moins pour lesquels nous avons toujours considéré l’accouchement avant terme comme une opération presque fatale. Nous nous en tenons donc aux seules interventions faites au début ou pendant le cours du neuvième mois, et à ce sujet nous ne pouvons mieux faire que de nous adresser à la remarquable thèse de Paquier (1902) où nous voyons un compte rendu exact de tous les accouchements provoqués effectués à la clinique Tarnier de 1808 jusqu’à 1902 et qui sont au nombre de 50. Sur ce total, on trouve 42 nés vivants soit une proportion de 84 % et 39 sortis bien portants de la clinique; soit encore une REDON de:78-%:

Au point de vue des résultats immédiats, nous croyons donc que l'accouchement prématuré artificiel est une méthode qui, dans l’état actuel des connaissances obstréticales,

donne des résultats assez satisfaisants pour mériter toute la confiance de ceux qui la mettent en pratique.

* Nous ne, CTOyOns pas devoir insister davantage sur ce point, car il y a là des faits évidents et palpables et tant

qu’un accoucheur verra une méthode d’uné bénignité. pres-.

que certaine pour la mère, lui donner d’autre part un nombre considérable d’enfants vivants, il ne se laissera pas influencer par les attaques dirigées contre elle et croira toujours de son devoir de l’appliquer.

2° Résultats éloignés. — Là n’est pas toute la question, car il ne s’agit pas seulement d’avoir un enfant qui respire, il faut encore savoir s’il est capable de vivre. |

Il est admis de tous que le prématuré se trouve dans un état d’infériorité notable vis-à-vis de l'enfant né à terme tant au point de vue de sa résistance que de sa nutrition : mais faut-il en conclure que cette infériorité doive être persistante et que l’enfant né prématurément soit condamné à n'être jamais qu’un débile? Nous ne le croyons pas ; mais il est indispensable qu’il trouve à sa naissance en vue de son développement ultérieur des conditions spéciales qui résument toute la puériculture des prématurés.

| C’est à la réalisation de ces conditions que nous avons toujours vu tendre à notre Maternité, et, grâce à une alimentation raisonnée s'inspirant des règles édictées par le professeur Budin, nous avons pu obtenir les résultats que nos observations signalent.

Dans un seul cas nous avons vu le poids d’un enfant s’abaisser de 2.830 à 2.710 grammes. Peut-être doit-on incriminer l’allaitement mixte auquel on a dû recourir par suite de lymphangite des seins de la mère.

L'observation V signale un enfant dont le poids de 2.080 grammes à la naissance n’était, 25 jours plus tard, que de 2.165, sans que l’état général de l’enfant parût en rien altéré.

Partout ailleurs, les pesées journalières accusent une progression continue, tantôt faible (11 grammes), comme c’est le Cas pour les observations XII, XIII et XIX ; le plus

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