‹ Contribution à l'étude de l'accouchement prématuré provoquéChapitre 34 sur 35 · LS · texte numérisé non relu

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souvent oscillant entre 20 et 25 grammes et quelquefois enfin c’élevant jusqu’à 30 et 37 (observat. VII et IX).

Dans la presque totalité des cas que nous rapportons, lorsque les enfants nous ont quittés, ils avaient souvent ou dépassé ou atteint la normale, puisque deux d’entre eux pesaient plus de 8 livres, 7 oscillaient entre 3 et 4 kilogrammes, 10 pesaient de 2.500 à 3.000 grammes et un seul enfin atteignait 2.200. S'ils étaient restés davantage en couveuse, si l’on avait pu continuer quelque temps encore le régime très sérieux auquel on les maintenait, nul doute qu’ils n’eussent bien vite repris le poids normal d’un enfant né à terme.

Mais les femmes qui accouchent dans les Maternités n’y séjournent que le temps strictement nécessaire ; elles emmènent alors leurs enfants qui, malheureusement, échappent ainsi à notre contrôle. Quel va être désormais le sort de ces prématurés ?

Question délicate à laquelle il semble difficile de répondre, car jusqu'ici adversaires et défenseurs de la prématuration n’ont pas encore réussi à établir leur opinion d’une façon péremptoire. Les uns s'appuyant sur des faits très démonstratifs, sur des données anatomiques précises, proclament la déchéance des prématurés devenus adultes; tandis que les autres soutenant l’idée contraire apportent des preuves tout aussi convaincantes et citent des prématurés qui furent des génies.

Une étude des plus documentées et en même temps des plus récentes que nous ayions de la question à été faite par MM. Waillich et Gruhmsholz sous forme d’enquête parmi les faits de la pratique et dans les milieux hospitaliers.

« L'enquête en ville, disent-ils, pousuivie de la naissance à l’état adulte, chez des prématurés purs (libérés de toute tare) nous a permis de constater :

« 1° Qu'il est incontestablement des prématurés qui, devenus adultes donnent toute satisfaction au point de vue de leur développement physique et intellectuel ;

« 2° Qu'il en est d’autres atteints de dégénérescences diverses : hernies, pieds bots, incontinence d’urine, troubles nerveux ;

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« 3° Que ces dégénérescences paraissent surtout en rapport avec le degré de prématuration et la violence du traumatisme obstrétical subi à la naissance.

« L'enquête hospitalière, partie de l’adulte pour remonter aux circonstances de la naissance, nous a appris que :

« 1° Il est une proportion importante de prématurés parmi les dégénérés ;

« 2° Que leurs dégénérescences sont en rapport : a) avec les tares des parents (syphilis, alcool) ; b) avec le degré de prématuration et l’état de primogéniture des prématurés. »

Cette étude est intéressante pour nous, car elle confirme d’une part que nombre de prématurés, peuvent devenir des adultes parfaitement normaux, mais aussi que beaucoup d’entre eux sont des dégénérés et que cette dégénérescence tient à deux causes principales : les tares des parents soit chroniques, soit accidentelles, et le degré de prématuration de l’enfant.

Or, est-il besoin de faire remarquer que ces tares héréditaires ne sont pas préjudiciables qu'aux seuls prématurés et que, si l’on faisait une seconde statistique des cas de dégénérescences observés chez les enfants nés à terme, mais de parents alcooliques ou syphilitiques, les résultats fournis par cette seconde enquête ne seraient sans doute pas plus brillants que ceux donnés par la première.

Quant au degré de prématuration intervenant comme cause défavorable pour l’avenir de l'enfant, il est incontestable. L'accouchement prématuré effectué au cours du septième ou du huitième mois, ne peut pas donner des enfants d’un développement suffisant pour se développer normalement par la suite ; et, s’il est quelques exemples d’enfants nés dans de telles conditions, qui furent capables de vivre, ce sont là des raretès sur lesquelles il serait dangereux d’établir une règle.

Mais dans le cours du neuvième mois de vie intra-utérine, alors que l’enfant a acquis un volume à peu près égal à celui qu’il aurait à terme, nous ne croyons pas qu’une naissance prématurée doive avoir une influence défavorable sur l’évolution de l’enfant.

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C’est là du moins une opinion que permettrait de soutenir en toute légitimité une des observations (XV) que nous avons publiées.

Nous y voyons en effet l’histoire d’une femme, dont le Pr. so P. de 10 cm s’oppose au passage à terme d’un enfant normal, et qui, enceinte pour la première fois en 1897, vient à la Maternité, où, pratiquant l'accouchement prématuré artificiel à 8 mois et demi de grossesse, on obtient un enfant vivant.

L'année suivante, la malade une seconde fois enceinte, ne croit devoir se faire hospitaliser qu’en plein travail de parturition : l’enfant se présente par le siège, son extraction est laborieuse et il meurt quelques minutes plus tard!

En 1900, troisième grossesse de cette femme qui, instruite par l’expérience, arrive à la Maternité grosse de huit mois. À 8 mois et demi on tente de nouveau l’accouchement prématuré qui se passe dans les conditions les plus favorables et pour la mère et pour l’enfant.

Et désormais, en 1902, 1903, 1906, 1907 et 1909, notre parturiente se présentera régulièrement au début de son neuvième mois à la Maternité et, régulièrement, à 8 mois et demi, on pratiquera l’accouchement prématuré artificiel qui nous donnera chaque fois un enfant vivant.

Cette série de sept accouchements prématurés provoqués chez la même femme, toujours avec un plein succès, est sans doute curieuse par elle-même, mais plus encore par ses conséquences, car de tous ces prématurés un seul, le troisième, est mort à 13 mois (de méningite, d’après la mère), les six autres ont actuellement 15, 11, 8, 6, 4 et 2 ans, jouissent d’une santé excellente et sont d’une intelligence des plus

normales. Nous-même avons pu voir dernièrement à la Ma-

ternité plusieurs des enfants de cette famille, tous petits, sans doute, mais larges et robustes, et nous nous sommes alors demandé quelle autre intervention eût pu donner un résultat semblable.

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