‹ Contribution à l'étude de l'accouchement provoqué méthodiquement rapideChapitre 9 sur 20 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DE L'ACCOUCHEMENT PROVOQUÉ MÉTHODIQUEMENT RAPIDE. SES INDICATIONS ET SES CONTRE-INDICATIONS.

Nous avons vu que si les auteurs, à peu d’exception près, sont tous d’accord pour l'intervention dans les cas où la femme est morte ou agonisante, il en est loin d’être de même au sujet de l'intervention. Est-ce à l’opération césarienne, est-ce à l’accouchement forcé, est-ce à l’accouchement accelèré, méthodiquement rapide, que nous aurons recours ?

Remarquons dès le début que nous aurons un certain nombre de cas à distinguer. |

Supposons tout d’abord que la femme soit morte. Notre premier soin devra être de nous assurer que la parturiente a réellement succombé. Sans vouloir rappeler ici les signes de la mort, sans vouloir rappeler les observations où des femmes crues mortes sont revenues à la vie, nous savons combien il peut être parfois difficile de diaenostiquer la mort réelle. Tout derniérement encore, dans

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ses leçons de médecine légale, faites à la Morgue, le professeur Brouardel jasistait tout particuliéremant sur les difficultés que le mêdecin pouvait rencontrer dans ces circonstances.

Supposons la femme morte depuis un certain temps, de telle sorte que le doute n’est plus possible, notre préoccupation devra se reporter exclusivement sur l’enfant. S’il est vivant, nous devons intervenir, et intervenir le plus rapidement possible. L’embarras n’est pas très grand si en arrivant nous entendons les bruits du cœur; mais dans les cas douteux, et ce sont les plus fréquents, qu’allons-nous faire? Là du reste, se pose cette question non encore résolue de savoir combien de temps peut vivre un enfant après la mort de sa mêre. Du reste ce problème est fort difficile à résoudre, car la durée de la survie du fœtus varie avec les causes dela mort de la mére: si celleci a succombé à la suite d’une longue maladie, le plus souvent son enfant est mort avant elle. Si, au contraire, elle succombe accidentellement, lenfant lui survivra un certain temps. Pour le professeur Deparl cette survie dure en moyenne de 20 à 30 minutes; suivant les différents auteurs, elle peut varier de quelques minutes à 2, 3 heures, même 4 heures (Villeneuve de Marseille). Quoiqu'il en soit, s’il est dûment constaté que la mêre a succombe, il n’y à pas à hésiter: On examine si le col est suffisamment dilaté ou dilatable, et s’il ne l’est pas il faut sans tarder pratiquer l'opération césarienne.

Le problème est beaucoup plus complexe lorsqu’au lieu de se trouver en présence d’une femme, chez laquelle on à pu diagnostiquer la mort avec certitude, on se

ne

trouve en face d’un de ces cas, beaucoup plus fréquents (on pourrait même presque dire, que c'est là larègle) où la mère vient de succomber au moment dé l’arrivée du médecin, et où il est si difficile, pour ne pas dire impos- Sible, de diagnostiquer la mort. Quelle sera notre conduite ?

Deux cas peuvent se présenter, ou bien le travail d’accouchement est déjà commencè, ou bien la femme a succombè sans qu'aucun phénomène de régression où de dilatation se soit produit du côté du col.

Si le col est en voie d’effacement, si la dilatation est commencée, le doute n’est pas peranis, et les auteurs sont d'accord à ce sujet, il faut intervenir par les voies naturelles. Chez la femme morte depuis peu, ou agonisante, les tissus sont souples et permettent le plus souvent, surtout chez la multipare, l'introduction de la main. Après s'être soigneusement désinfecté, on introduit la main dans le vagin et on tente la dilatation manuelle. Si ce procèdè échoue, il faut sans tarder avoir recours, soit au dilatateur de Tarnier, soit à un ballon. Il n’y à

que des avantages à agir ainsi; l’action est prompte, et

permet d’extraire sans grande difficulté le fœtus; cette pratique est supérieure à la césarienne à plus d’un point de vue. En effet, elle demande moins de préparatifs est d’une application plus facile, et si par hasard la femme n’avait pas succombé elle pourrait résister plus facilement au traumatisme de l’accouchement accéléré, qu’à la section cèsarienne. En ce qui concerne l’accouchement forcé, nous l’écarterons également et pour les mêmes raisons, eu égard au traumatisme qu’il provoque.

af, ses

Examinons maintenant le deuxième cas dans lesquels le travail d'accouchement n’est pas commencé, le col n’est ni dilatè ni dilatable.

C’est là, ainsi que nous l’avons vu en étudiant l’historique, que les auteurs sont loin d’être d'accord. D’aucuns pratiquant la méthode de Rizzoli, se montrent résolument partisans de l'accouchement forcè ou accéléré, d’autres se prononcent nettement en faveur de la césarienne. On comprend qu’autrefois où l’arsenal destiné à provoquer l'accouchement, était des plus rudimentaires, certains auteurs aient penchè vers la césarienne. Mais actuellement où nous disposons d’un arsenal beaucoup plus perfectionné, nous croyons que c’est à l’accouchement par les voies naturelles qu’il faut donner la préférence. Là encore, c’est à laccouchement méthodiquement rapide que nous aurons recours, de façon à ne pas brusquer les choses, tout en allant suffisamment vite. Chez la multipare, si la dilatation manuelle échoue, on: pourra d’emblée introduire un ballon de Champetier de Ribes; chez la primipare où l'introduction du ballon est le plus souvent impossible, il pourra être indiqué dès commencera la dilatation par un petit ballon de Tarnier, mais ce sera exceptionnel, vu la flaccidité des tissus que lon rencontre dans le cas où la parturiente est agonisante ou a succombèé.

= Nous venons d'examiner le cas où la femme est morte, ou du moins est si près de mourir qu’on peut presque la considérer Comme déjà morte, quoique le mêdekin doive toujours avoir présents à l’esprit ces cas dé résurrectiohs

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