PHASE CHIMIQUE
C'est alors que, dans une deuxième phase, on eut recours aux procédés chimiques pour obtenir des données quantitatives sur l'acidité urinaire. D’où les méthodes de dosage dites «par titrimétrie». pour mesurer l'acidité d’une urine. On pensait, jusqu’à ces dernières années, en effet, que le degré d’acidité d’un liquide physiologique était lié à la quantité de molécules acides qui y étaicnt dissoutes, et on cherchait à les mesurer à l’aide d’une solution alcaline versée goutte à goutte
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en présence de réactifs colorés. Puis le résultat obtenu élait rapporté à une solution étalon de composition connue, telle qu'une solution d’'HCIL On disait, par exemple qu’une urine avait une acidité de 2/1.000 en H CI, quand, pour neutraliser, en présence du tournesol, Far exemple, un volume V de cette urine, il fallait lui ajouter une quantité d’une solution donnée de soude causlique égale à celle qu'il faut ajouter au même volume V d’une solution à 2/1000 d'HCI, en présence du même réactif indicateur, pour la neutraliser.
Pendant longtemps, on a déterminé pratiquement l'acidité urinaire en ajoutant à 10 ec. d'urine, quelques gouttes d’une solution à 1/100 de phénolphtaléine dans l’alcoo! à 50 4; puis on faisait tomber goutte à goutte et en agitant constamment une solution décinormale de soude caustique jusqu’à l'obtention d’une coloration rose persistante et on calculait l'acidité correspondante en H CI. Telle est la méthode dite de « Dosage de l’acidité apparente ». On trouvait ainsi que l'acidité urinaire variait de 1gr.15 à 2 gr.30 en H CI par litre d'urine avec une miüoyenne de 1gr.40. Ces résultats ne correspondaient nullement à la réalité physiologique.
Il suffit de penser qu’une solution à 1gr.40 d’'H CI par litre est intolérable pour la vessie. On s’est aperçu, en outre, que cette méthode donnait des résullats assez imprécis et souvent différents de ce que le tournesol avait indiqué parallèlement, Fréquemment, on trouve des urines fairant virer le tournesol rouge au bleu violacé et dans lesquelles cependant on arrive à titrer un certain degré d’acidité vis-à-vis de la phénolphtaléine. Ceci tient à ce que le point neutre n’est pas le même que celui donné par la phénolphtaléine et que l’addition progressive de soude ou dalcali dans le milieu
A Le
urinaire conduit souvent à des précipilés qui rendent le phénomène de neutralisation plus complexe.
Une modification de cette technique est düe à Joulie qui utilisa, au lieu de soude, une solution de sucrate de chaux qu’on ajoute à l'urine limpide jusqu’à formation d’un précipité permanent, terme de la réaction et neutralité selon son auteur. Cette méthode eut son heure de popularité et tout un système de diagnostic était basé sur les résultats fournis par elle.
De nombreux auteurs, enfin, afin de serrer le problème de plus près, ont essayé de mesurer, toujours avec l’alcali, l'acidité urinaire en faisant subir à l'urine des traitements préalables. On peut citer, parmi les plus connues, la méthode de Denigès-Maly, appelée par ces auteurs, «mesure de l'acidité absolue». Celle de Jégou, qui l’appelle « mesure de l'acidité réclle» (®, et celle de Clarens (?),.
Ces dernières méthodes ont. l'inconvénient de chercher à donner-la même valeur à des acides de force très diverse, puisque l'acide carbonique y est compté sur le même pied que l’acide phosphorique. La moins criliquable est celle de Grimbert et Morel qui élimine les perturbations par précipitation des phosphates en faisant subir à l’urine un traitement préalable par un oxalate alcalin. Elle n’en comporte pas moins les causes d'erreur inhérentes à toute méthode opérant par litrimétrie. Elle ne donne, en effet, que l'acidité poten-. tielle de l’urine et non son acidité réelle. Elle n’est ‘pas conforme à la réalité biologique.
Nous voyons donc que tous les procédés jusqu'alors employés ne pouvaient apporter de renseignements très précis pour le diagnostic et la thérapeutique. Ils ne permetlaient même pas de comparer entre eux les
divers liquides humoraux, puisque ceux-ci, tantôt acides, tantôl alcalins exigeaient des unités de mesure différentes pour traduire leur caractère acide ou alcalin.
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