AUTRES INFLUENCES
Enfin, au cours de la journée, l’acidité urinaire varie sous des influences qui échappent en général directement à l’observation. Il est fréquent, en effet, de constater chez un sujet donné, dans des conditions identiques de temps et de régime, des variations de l'acidité urinaire assez marquées d’un jour à l'autre pour la même heure. L’explication en est difficile à donner. Il est cependant permis de supposer que l'état du rein et l'influence de l’état de digestion n'y sont point étrangers.
Le rein, en effet, fonctionne comme une soupape de sûreté qui permet l'élimination des acides. Cette soupape put présenter un fonctionnement momentané plus ou moins défectueux, pour peu que le rein ait été touché antérieurement au cours d’une affection aiguë.
D'autre part, la valeur et la quantité du suc gastrique secrété peut varier sensiblement selon que le sujet se trouve fatigué physiquement ou intellectüellement, selon que son estomac est obligé de fournir un travail plus considérable pour des mets particulièrement indigestes. 4 Enfin, les influences nerveuses, les émotions, l’énervement d’une vie agitée, difficile, surmenée peuvent jouer, sans qu’il y ait Cependant variation de la composition du sang. C’est ainsi que l'on observe une décaarge
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alcaline chez les personnes qui viennent de traverser de telles périodes. On peut même observer, alors, des urines troubles à l’émission, dont le pH urinaire est aux environs de 7,4, et ces urines lactescentes ont fait dire qu’il s'agissait de phosphaturie. Nous allons montrer ce qu'il faut penser de cette interprétation,
70 LA PSEUDO-PHOSPHATURIE PAR ALCALINITÉ URINAIRE.
Nous avons dit que les agents principaux de la réaction de l’urine étaient les phosphates mono et bibasiques, se trouvant surtout sous forme de phosphates sodiques 0
Lorsque la quantité de phosphates bibasiques prédomine, les urines deviennent alcalines. Dans certains cas, au lieu de phosphates sodiques, les phosphates éliminés se composent d’une proportion notable de phosphates calciques, fournis par la combinaison de l’acide phosphorique avec la chaux. Ceux-ci, à raison de leur abondance, ne trouvant plus dans le milieu urinaire un élément d’acidité suffisant pour leur dilution, se précipitent.
C’est le syndrome urologique qu'a observé Gilles de la Tourette chez les asthéniques et qui existe chez certains névropathes dyspeptiques. Il est même l’état normal chez certains sujets absolument sains lors des périodes de « vague alcaline ». Ces sujets émettent alors des urines qui sont troubles et cette lactescence existe dès l'émission. Ce syndrome existe d’une façon conlinue ou intermittente chez de tels sujets.et il a pu êlre décrit comme une phosphaturie liée à une abondance
anormale de phosphate de calcium. Or, lorsque, dans de ‘elles urines on dose l’acide phosphorique, on constate que celui-ci n’est pas augmenté. C’est donc que la quantité de phosphates est normale, il ne s’agit ni de phosphaturie ni de calciurie. Ch.-0. Guillaumin, dans un article paru dans le Bulletin de la Société de Chimie biologique de juin 1923 (5), expose que, parmi les sédiments urinaires phosphatiques, le phosphate bicalcique commence à apparaître à partir de pH 6,1 dans les urines concentrées. Mais le plus souvent la concentration maxima compatible avec son existence est pH 6,3. Opérant sur des solutions artificielles, Shohl indique qu'aucune précipitation de phosphates calciques n'existe dans les milieux dont l'acidité est supérieure à pH 6,4 Les résultats précédents montrent que l’absence de précipitation n’est certaine que jusqu’à et au-dessous de pH 6,0, car le milieu urinaire ne peut avoir qu’une action retardatrice sur la précipitation des phosphates par rapport aux solutions salines de Shohl.
Le phosphate tricalcique se forme nettement à partir de pB 6,8, mais il est probable qu’un peu se précipite déjà à partir de pH 6,6. À partir de ce taux d’acidité, jusqu’à pH 7,8, il n’est pas rare de rencontrer l’un et l’autre des phosphates calciques. On peut présumer que la précipitation du sel bibasique précèderait l’autre qui serait favorisée par l’abaissement de l'acidité én vitro due soit à des pertes de CO?, soit à la fermentation ammoniacale.
Le phosphate ammoniaco-magnésien précipite à partir de pH 6,6, mais comme l’abondance de sel insoluble est fonction de la teneur en NH, on la remarque surtout dans les urines ayant subi la fermentation ammoniacale.
NCA ES
Il faut conclure que, chez des sujets émettant des urines lactescentes, il s’agit d’une fausse phosphaturie par alcalinité urinaire. Le phosphate de ces urines est précipité à l’état de phosphate bicalcique et son insolubilitié est due à ce qu'il ne peut trouver dans l’urine un milieu favorable, c’est-à-dire suffisamment acide pour se dissoudre. Il ne faut pas porter le diagncstic de phosphaturie avant d’avoir fait la mesure du pH urinaire.
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