SIGNIFICATION DES VARIATIONS PATHOLOGIQUES DE L'ACIDITÉ URINAIRE
Ainsi donc, à l’état normal, l'acidité ionique des urines est susceptible de varier sous l'influence de facteurs multiples au premier rang desquels il convient de citer la digestion, la faim, le régime alimentaire et l’état de la sécrétion gastrique.
Ces variations physiologiques permettent d’entrevoir les variations de l’acidité ionique des urines au cours d'états pathologiques.
L’appauvrissement du sang en réserve alcaline et l'hypersécrétion d'acides au niveau de l'estomac exercent, bien évidemment, sur l’état de la sécrétion urinaire, un retentissement primordial.
Et, de fait, au cours des syndromes d’acidose (1), quelle que soit leur cause, d’ailleurs, qu'il s'agisse d’acidose diabétique ou par inanition, ou de l’acidose rénale bien étudiée par Mathieu-Pierre Weil et Ch.-0. Guillaumin, il est de règle de trouver de lhyperacidité des urines,
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plus ou moins directement liée à la diminution de la réserve alcaline du sang.
De même, chez les sujets atteints d’Ayperchlorhydrie gastrique, avec où sans ulcère de l’estomac, il est fréquent de constater une hypieralcalinité urinaire qui tient à ce que les acides non volatiles, dont le sang &loit se débarrasser, s’éliminent d’une manière importante par la voie gastrique, diminuant par cela même la quantilé à éliminer par le rein.
Il nous a semblé, d'autre part, que chez un grand nombre de sujets, qui, par leur constitution, s’apparenlent plus ou moins directement avec la goutte et rentrent au point de vue nosographique dans le cadre vague el imprécis de «l’arthrilisme », existait, avec une fréquence toute particulière, une hyperacidité des urines émises au réveil.
Chez maints rhumatisants, migraineux, eczémateux, névropathes qu’il nous a été permis d'observer, il nous a été donné de relever avec une fréquence véritablement insolite des pH urinaires de 5 et 4,6. |
Or, ces sujets sont fréquemment des dyspeptiques. On peut se demander s’il n’y a pas chez eux rejet par les urines d’acides bien vraisemblablement de nature organique et qui trouvent au niveau des reins leur voie d'élimination.
Mais il est d'autre part une notion capitale qui domine l’étude de l'acidité ionique des urines, c’est le rôle aclif que le réin joue dans le phénomène de l’excrétion urinaire. 465
Loin de laisser filtrer à travers son épithélium les diverses substances que le sang charrie, le rein joue, vis-à-vis d'elles, le rôle d’une glande élective : la réaction acide des urines qui s'oppose à la réaction alcaline du
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sang en est déjà un remarquable témoignage. Parmi les substances que le sang lui apporte, le rein choisit celles qu’il rejette; il les concentre; et c’est cé travail prepre qui détermine les caractères très particuliers du liquide urinaire. En plus de ces diverses: fonctions, lc rein semble avoir encore celle de fabriquer synthétiquement certains des produits qu'il rejettera par la suite. C’est jainsi que, selon Bigwood, le rein aurait la propriété de fabriquer de l’ammoniaque aux dépens de l’urée contenue dans le sang.
Il existe donc un facteur rénal très important qui, en tout état de cause, sera susceptible d'intervenir directement pour déterminer les caractères de l'urine. L'état de la réaction de ce liquide ne sera pas forcément le témoin de celle du sang.
. Et ,de fait, chez un certain nombre de diabétiques, et, comme l'ont observé Mathieu-Pierre Weil et Ch.-O. Guillaumin, chez quelques urémiques acidosiques, on peut observer dans certains cas une réaction urinaire à peu près normale. |
Ainsi donc, l'étude de l'acidité ionique des urines peut permettre, dans certains cas, de juger de {a valeur fonctionnelle du rein. Nous ne ferons que citer pour mémoire l’alcalinisation possible des urines liée à l'existence d’un processus fermentatif au niveau du rein ou des voies urinaires,
Tous les facteurs sont susceptibles d'intervenir à l’état pathologique : nous ne voulons pas insister sur eux dans ce travail; nous le signalons dans le seul but de montrer toute Ia complexité du problème et l'intérêt qui s'attache à l'étude systématique de l’acidité urinaire.