‹ Contribution à l'étude de L'acroparesthésieChapitre 37 sur 41 · LOUE · texte numérisé non relu

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movens de tout le processus ? Nous avons vu dans l’étiologie que la plupart des malades observés étaient des gens à professions manuelles où les extrémités digitales étaient soumises à des traumatismes répétés, à des variations brusques de température. Il est donc probable que c’est l’irritabilité du système nerveux sensitif qui, constamment ébranlé par ces secousses, réagit à son tour sur les vaisseaux ; Les irradiations douloureuses sensitives que l’on observe le long du bras, les troubles vasculaires qui surviennent à la suite de piqûres, ou brûlures, ou panaris des mains viennent encore à l’appui de cette théorie. Nous ue saurions mieux citer comme exemple de troubles vasculaires engendrés par piqûres que l’observation d'une thèse publiée en 1896 par un étudiant de Lyon. Cette observation en effet relate qu’une femme ayant été mordue par son fils au médius droit a éprouvé depuis lors des douleurs atroces qui se sont accompagnées de troubles vaso-moteurs très marqués. La malade guérit néanmoins sous l’influence des bains électriques chauds.

Il semble donc, pour nous résumer, qu’il s’agit d’une névrite sensitive des extrémités des nerfs de la main qui par voie réflexe, soit directement sur les éléments vasculaires, soit sur la moelle, détermine le spasme vasculaire ou la vaso-dilatation qui sont dans notre hypothèse des phénomènes secondaires à l’altération primitive des nerfs. La contraction et la dilatation peuvent se produire consécutivement, de même qu’on observe dans toute névrite une période d'augmentation de l’excitabilité qui fait place ensuite à une perte de cette excitabilité.

On peut faire une seconde hypothèse et se demander avec Schultze s’il ne s'agirait pas, surtout dans les cas où

l'affection paraît limitée à un territoire nerveux déterminé, ou siège dans les membres inférieurs d’un de ces noyaux provenant d’une prolifération des corpuscules de Renaut qui sont en si grand nombre dans le névrilemme des plexus lombaires, sacré et en particulier du plexus brachial. Des recherches faites par plusieurs auteurs ont en effet montré qu’on rencontrait assez souvent au niveau de ces plexus des lésions de ce genre. C’est ainsi que Tzebinski, sur l'invitation de Schultze, ayant examiné 65 cadavres à ce point de vue a rencontréces néoplasies 28 foiset rien ne prouve que sur les 87 restant elles n’aient passé inaperçues. Il a noté en même temps qu'elles présentaient leur maximum de fréquence chez les femmes et à un âge variant entre quarante et cinquante ans. Schulze, frappé de cette concordance de données relatives à l'âge et au sexe, s’est demandé s’il ne fallait pas voir une certaine relation entre notre affection et ces lésions. L'hypothèse paraît admissible ; mais en tout cas aucun examen direct n’ayant été fait jusqu’ici, il fautattendre que de nouvelles recherches plus précises sur le plexus brachial de sujets atteints d’acroparesthésie aient été faites pour écarter tous les doutes.

Enfin Sinkler et Schmith rapportent les troubles que présentaient les malades qu’ils ont observés à une modification de la circulation des centres nerveux qui se produirait pendant le sommeil sous l’influence du décubitus horizontal. Sinkler admet une hyperhémie de la moelle cervicale, et Schmith a une opinion beaucoup plus vague et explique les phénomènes par une modification de la circulation du système nerveux central sans en spécifier la nature.

En résumé, cette divergence d'opinions nous montre que la nature de cette affection n’est pas bien déterminée et que, pour le moment, l'insuffisance de nOS Connaissances

sur la pathogénie de cette affection rend un peu illusoire toute discussion sur ce sujet.

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