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CHAPITRE VII

Pronostic et traitement.

On a pu voir ce qu’il fallait penser du pronostic en suivant la marche de la maladie et en constatant sa durée. L’acroparesthésie est toujours une affection grave, malgré les cas de guérison qui peuvent s’observer. Quoique ne menaçant pas immédiatement la vie des sujets, elle peut amener un état vraiment digue de pitié; car elle oblige parfois les malades à suspendre leur travail et les empêche ainsi de subvenir aux besoins de leur existence ; même dans les cas bénins elle constitue une affection pénible, de longue durée et tourmente beaucoup les malades. Nous rappellerons également qu’il ne faut pas concevoir de trop grandes espérances lorsqu'on voit l'affection s’amender sous l'influence d’une saison chaude : on s’exposerait ainsi à de pénibles déceptions au retour de l’hiver qui amène généralement avec lui une recrudescence des symptômes. |

Quant au traitement, on doit d’abord rechercher les

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causes qui ont engendré la. maladie afin d’en éloigner les daugers. C’est ainsi que le professeur Bernhardt recommande de procéder. Si le malade est anémique ou cachectique, on doit traiter son anémie, sa cachexie ; on doit défendre le travail principalement celui qui se fait avec les mains dans l’eau froide ; ordonner de prendre des ménagements et des temps de repos aux personnes qui sont excédées par le travail manuel.

À ce traitement prophylactique on peut joindre les ressources de la thérapeutique qui ne sont pas à dédaigner ; c’est ainsi que Putman a obtenu quelques guérisons par l'emploi du phosphore et de la strychnine ; Ormerod pense que le traitement par le bromure a des effets manifestes. Sinkler emploie la galvanisation de la colonne vertébrale, le bromure de potassium, l’ergotine, et, après une première amélioration, la strychnine. Peut-être aussi pourrait on employer, d'après Berger, l’arsenic qui donne de bonus résultats particulièrement dans les névroses des extré mités supérieures.

Nothnagel, pour les cas dans lesquels il y avait des spasmes artériels a mis en usage le courant constant qui lui aurait donné de très bons résultats. IL employait de dix à vingt éléments Daniell et appliquait le pôle positif sur le plexus brachial et le pôle négatif sur la nuque. 11 Jaissait ainsi passer un courant continu pendanttrois à cinq minutes. Quelquefois trois ou quatre séances par semaine suffirent pour amener la guérison dans les cas moyens et dix à vingt dans les cas rebelles.

Le traitement électrique a également donné de bons résultats à M. le D' Destot qui a bien voulu à ce sujet nous fournir les indications suivantes : « Supprimer la

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douleur etramener les vaisseaux soit contracturés, soit au contraire dilatés à leur état normal, telest le but que doit atteindre ce moyen thérapeuthique :

1° L'emploi des courants de haute fréquence de Testo et d’Arsonval produisent une vaso-dilatation et de l’insensibilité. Mais jusqu’à présent ils n’ont pas été appliqués à l’acroparesthésie.

2° Les courants faradiques produisent bien de l’anesthésie, surtout après une séance forte et prolongée, mais ils agissent mal sur les fibres musculaires des petits vais- Seaux.

3° C’est donc au courant galvanique que l’on doit s’adresser ; celui-ci produit à l’anode une diminution de la douleur et de l’excitabilité. Le pôle positif sera indiqué toutes Les fois qu’il ya spasmes, crampes, et l’on fera des applications longues dans des bains d’eau chaude avec une densité de courant qui pourra aller de 1/20 à 1/15.

Par contre, s’il y a paralysie, atonie vasculaire, vasodilatation avec insensiblité, c’est surtout à la cathode qu’il faudra avoir recours.

Le courant, au lieu d’être constant, pourraavec avantage être interrompu toutes les secondes au moyen soit de la roue de Masson, soit du métronome de manière à provoquer des contractions du côté des muscles des petits vaisseaux.

Ces principes ont d’ailleurs été appliqués par les différents auteurs. »

Enfin un traitement qui semble agir dans la plupart des cas, c’est la chaleur et en particulier les bains d'eau chaude mais son action serait de courte durée et insuffisante pour amener une amélioration permanente.

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