‹ Contribution à l'étude de l'action de l'arsénobenzol dans certaines affections spirillairesChapitre 14 sur 24 · RO S · texte numérisé non relu

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nous avons été étonné, au début, des résultats obtenus.

Ce qu'il y a de caractéristique, c’est, en effet, la rapidité avec laquelle il se produit une amélioration évidente. En effet, en un jour, deux au maximum, tous les spirilles ont disparu; ceci, nous l'avons observé dans la plupart des cas traités par nous. De même, le malade guérit généralement en trois ou quatre jours au plus. Ce résultat est d’autant plus surprenant que presque toujours les t'aitements essayés auparavant étaient restés absolument inefficaces.

Nous voyons qu’il peut y avoir quelquefo s une légère récidive, mais qui, le plus souvent, cède à une nouvelle application d’arsénobenzol et les lésions disparaissent cette fois d’une manière définitive.

Dans ces affections localisées, qui, généralement, sont des affections bénignes, laissant intact l’état général, nous dira-t-on, pourquoi mettre les jours du malade en danger par une injection d’un médicament très actif. Il est certain que ceci serait une grave critique contre notre mode de traitement. Mais, comme le fait remarquer M. Le Blaye, bien que des doses de 0 gr. 15 et de O0 gr. 20 centigrammes soient suffisantes pour obtenir la guérison complète, il vaut mieux s'abstenir d'injection intre-veineuse pour des cas sans gravité; c’est alors qu’on peut s'adresser au traitement local, employé au début par

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Achard et qui possède à la fois et la puissance du traitement général et une bénignité nettement prouvée. C’est surtout sur ce traitement que nous insisterons, laissant, comme le dit M. Le Blaye, l'injection intra-veineuse, encore à perfectionner, aux formes réellement graves et gangréneuses de ces maladies. Nous avons employé le « 606 » de plusieurs façons et nous avons toujours obtenu de toutes les manières des résultats satisfaisants. Nous avons essayé les attouchements avec des solutions plus ou moins concentrées de « 606 », solutions variant de 1 à 5 0}. C’est cette dernière, la plus forte, qui nous a donné les meilleurs résultats.

Nous avons voulu voir le compte que l’on devait tenir dans le traitement de la nature ce la solution. Et voici ce que nous avons observé. Les solutions alcalines agissent un peu moins vite et s°nt plus douloureuses; les solutions neutres agissent un peu moins rapidement que les solutions acides, sans cepen{ant être douloureuses; mais ce sont les solutions acides dont l'efficacité est la plus grande et la plus rapice.

La solution acide, d’ailleurs la plus simple, est celle où le médicament est dissous dans le sérum physiologique.

Cependant il est un autre mode de traitement qui nous a donné des résultats aussi bons sinon meilleurs, c’est l'application directe de poudre d’arsénohbenzol. Nous l’avons em ployé en insufflation. M. le professeur

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À chard l'avait dé‘à préconisé et M. Ségard, dans le service de M. Brocq, l’avait employé également : les résultats ont peut-être été encore plus rapides et l’action plus nette. C’est ainsi que, dans l’Observation n° 3, nous voyons le malade pouvoir commencer à s’alimenter dès le lendemain du traitement et, ce qui est encore une meilleure preuve de l'efficacité du médicament, l’adénite rétromaxillaire diminuer d’une façon remarquable.

Si l’insufflation est impossible, on peut se servir du moyen ingénieux de M. Sourdel, qui porte la poudre sur un tampon d’ouate préalablement glycériné.

De plus, l’application de poudre a un autre avantage, c’est que, pour les ulcérations de la cavité buccale, par exemple, la poudre adhère fortement à la surface de la lésion, ce qui évite les attouchements longs et répétés qui fatiguent le malade et l’ennuient. En effet, pour que l'efficacité de l’attouchement soit réel, il faut qu'il soit assez long, de dix à quinze minutes.

L'application de poudre est done, à notre avis, le meilleur traitement local, le plus simple et le plus efficace.

Nous ne parlerons ici que pour les mentionner, de nouvelles méthodes d’application du « 606 » par la voie buccale’et rectale, ces méthodes étant trop nouvelles, nous n’avons pu les expérimenter nous-même.

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(CH. AcHARD et C. FLANDIN.)

Phil... (Angeline), âgée de 22 ans, mécanicienne, entre le 24 mars 1911 à l'hôpital Necker, salle Peter, n° 20, se plaignant de souffrir de la gorge depuis huit jours. Ses antécédents ne présentent rien de particulier; elle n’est pas sujette aux maux de gorge et rien ne permet de penser qu'elle ait eu la syphilis.

Le début de son mal de gorge a été insidieux. Le 17 mars, elle a éprouvé de la difficulté à avaler, avec une sensation de brûlure à la gorge. Elle a continué son travail pendant trois jours. Mais la douleur devenant plus vive et une lassitude progressive avec céphalée la rendant incapable de travailler, elle s’alita le 20 mars. C’est seulement quatre jours plus tard qu'un médecin fut appelé et l’envoya à l’hôpital.

A son entrée, la malade présente un facies un peu vultueux; elle répond difficilement à cause de la douleur occasionnée par les mouvements de la bouche et du pharynx et parce qu’elle a un peu de trismus. On arrive avec peine à examiner la gorge et on aperçoit sur l’amygdale droite, qui est fortement tuméfiée, ainsi que le pilier antérieur,une ulcération qui en couvre toute la face interne et empiète sur le bord libre du pilier. Cette ulcération de forme irrégulière est assez nettement limitée; ses bords

sont surélevés, un peu déchiquetés et surplombent un fond

couvert d'un enduit gris verdâtre putrilagineux. En le détergeant soigneusement, on voit que ce fond est un peu tomenteux et saignant avec une tendance à l’escarrification en des points limités. Au toucher, l’ulcération est modérément douloureuse, elle ne repose pas sur une base dure. Le reste de la gorge est rouge. L’amygdale gauche est un peu augmentée de volume. Au cou, on trouve dans la région angulo-maxillaire un peu d’empâtement sans qu'on puisse percevoir distinctement une induration ganglionnaire.

La fièvre est forte (390 5), le pouls rapide. Les urines renferment un peu d’albumine. Les autres organes ne présentent rien de pathologique.

L'examen de l’exsudat qui recouvre l’ulcération est fait sur lame par la méthode de Giemsat et à l’ultra-microscope. Il montre à côté de cocci et de chaïnettes de streptocoques des spirilles et des bacilles fusiformes. Les spirilles n’ont ni la longueur ni la finesse du tréponème de la syphils.

On fait toutes les trois heures de grands lavages de gorge Chauds, suivis d’attouchements avec de l’eau oxygénée. On introduit dans les narines de la vaseline salolée. A cause de la dysphagie, l'alimentation se réduit à un peu de lait et de tisane.

L’ulcération restant stationnaire, on remplace l’eau oxygénée par une solution de permanganate de potasse, puis par le bleu de méthylène. |

Au bout de quelques jours, l’état général s’améliore un

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