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Le 6 au matin, on fait une première insufflation de poudre jusqu’à ce que l’ulcération disparaisse complètement sous une légère couche de poudre. On recommence le soir.
Le 7 au matin, le ganglion volumineux a diminué des deux tiers et la déglutition est plus facile. On fait une nouvelle insufflation de poudre le matin. Le soir même, le malade peut prendre un peu de nourriture solide.
Le 8, disparition totale de l’exsudat. Le fond de la cavité est rosé, presque rouge.
Le 9, réapparition d’un petit point d’exsudat, de grosseur d’un grain de millet, dans le fond de la crypte. Attouchement avec une solution acide d’arsénobenzol à 5 2) dans le sérum physiologique.
Le 10, tout est rentré dans l’ordre; il n’existe plus de ganglions, l’amygdale droite a repris son volume ordinaire, seule reste une cavité de un centimètre cube environ, Le fond rouge est légèrement bourgeonnant. Le malade
est complètement guéri.
(Recueillie par M. M. fourpez, à l'Hôpital Beaujon.)
S... Armand, 24 ans, entre salle Berthe, le 9 septembre 1911, parce qu'il souffre én avalant.
Depuis l2 commencement de juillet, S... a eu des hémorragies gingivales abondantes. en même temps qu’une inflammation diffuse de la muqueuse palatine rendait
l'alhmcertation très pénible. Puis, à côté d’une dent de
sagesse qui se faisait jour difficilement, survint un abcès dentaire. Cet abcès à été ouvert au thermocautère. Le 15 août, il persistait une ulcération de la gencive; traités par l'eau oxygénée, tous ces accidents ont guéri. Mais les gencives ont toujours saigné très facilement.
Le 4 septembre, la déglutition devient douloureuse. Deux jours après la douleur augmente dans des proportions telles que le malade préfère rester à Jeun. Cependant, l'appétit est conservé. Il n’existe aucun trouble digestif ct l’état général est bon.
Le 9 septembre, les symptômes restent les mêmes. S... se décide à entrer à l'Hôpital.
La dysphagie provoquée par les douleurs est Intense. Celles-ci irradient du côté de l'oreille gauche. Pas de fièvre, aucun trouble de l’état général. A l'examen, nous trouvons une ulcération de l’amygdale gauche. Cette ulcération est creusée aux dépens du tissu amygdalien.
Les bords ne sont pas surélevés. Trréguliers, arrondis, ils ne sont pas décollés. Le fond n’est pas bourgeonnant, mais lisse et grisâtre. L’ulcération touche en avant le pilier antérieur. Elle a les dimensions d’ure pièce de O fr. 20 avec prolongement antérieur.
Notons encore les douleurs dars l'oreille, un ganglion douloureux à l’angle gauche de la mâchoire. L’état général reste bon, la température à 370.
Nous avons fait à ce moment un frottis de l’ulcération. Les préparations sont typiques. On y trouve des spirilles
en grande quantité et des bacilles fusiformes inégalement
LT es
colorés et disposés sans ordre. Sur nos premières préparations, il n’y avait que ces éléments. Pas de microbes de la bouche. Aucun élément banal.
Le 12, nous faisons une première application de salvarsan ! l’ulcération, qui avait eu tendance à augmenter et à s’accroitre tant en surface qu’en profondeur pendant les jours précédents, se déterge en quelques heures.
Le 13 septembre, l'examen d’un nouveau frottis montre des spirilles beaucoup moins abondants et en même temps que quelques microbes habituels de la bouche et particulièrement du pneumocoque. L’ulcération a diminué d’un tiers en 24 heures, les douleurs sont moins vives. Le 14 septembre, nouvel attouchement.
Le lendemain, le malade quitte l’Hôpital. L’ulcération est complètement cicatrisée. A peine l’amygdale gardet-elle un aspect dépoli qui témoigne de sa lésion récente. Les troubles fonctionnels ont disparu.
Le ganglion a diminué de moitié et n’est plus douloureux. Nous avons revu le malade huit jours après, il
était tout à fait guéri.
OBSERVATION N°9 5. "i
(Recueillie par M. SecarD, Hôpital Saint-Louis.)
W.., 35 ans, entré le 5 décembre 1911, présente une ulcération chancriforme de l’amygdale droite. On pense à un chancre syphilitique de l’'amygdale, mais
lexamen à lultra microscope montre de nombreux spi-
a AT =
rilles et nombreux bacilles fusiformes et pas de trépo- .nèmes. | Fe
Le 5 décembre, on commence le traitement, qui consiste en insufflation de poudre de salvarsan, à l’aide d’un insufflateur ordinaire à iodoforme. On pulvérise jusqu’à ce que l’ulcération soit bien complètement recouverte d’une légère couche de poudre.
Le 8 décembre, amélioration sensible. L’ulcération commen.ce à se Cicatriser. On continue le traitement. :
Le 10, nouvelles insufflations.
Le 12, nouvelles insufflations.
Le 17, le malade est complètement guéri.
(Personnelle. Recueillie dans le service du D' Bodin.)
Georges L.…., âgé de six ans, entre dans le service le 7 octobre 1911. Le malade à ce moment présentait sur la face*interne de la joue droite, au niveau de la première molaire droite, une ulcération ayant débuté trois jours avant son arrivée.Cette lésion croît avec rapidité, et s'étend maintenant sur toute la surface en contact avec les arcades.
Cette ulcération, de couleur jaune sale, à contours très irréguliers, est profonde de deux millimètres. La base n’en est pas ir durée, mais repose sur une joue tuméfiée, œdématiée et presque doublée de volume. Il y a une adénopathie sous-
* maxillaire et rétromaxillaire très prononcée. On constate
2); vie
de plus des chicots dentaires existant au niveau de la prémolaire et de la dernière grosse molaire. La première molaire droite, de la mâchoire supérieure, est de la deu-
xième dentition, elle est cariée et a poussé sur la face
latérale de la gencive. Au maxillaire inférieur, la première
molaire droite est cariée et toutes les dents sont recouvertes de tartre.
Au point de vue des signes fonctionnels, l’haleine est ‘excessivement fétide, la salivation très intense. Le visage est pâle. La mastication est impossible et la déglutition douloureuse, ce qui rend l’alimentation presque impossible. Le malade peut difficilement émettre des sons et sa parole est difficile. Un frottis recueilli sur ces ulcérations y montre un nombre considérable de spirilles mélangés à des bacilles fusiformes et à d’autres germes.
On procède d’abord à l’avulsion des chicots dentaires et de la dent cariée et on institue alors comme traitement des lavages à l’eau phénosalylée à 5 pour °/, et des attouchements 10dés. S
Le 28 novembre, les ulcérations sont réduites de moitié, mais il en reste encore trois, situées, la première, au niveau de la canine droite, la troisième, au niveau de la dernière molaire, la deuxième étant médiane à égale distance des deux autres. Toutes ont la dimension d’une pièce de un franc et sont réunies par un sillon ulcéré. Mais la cicatrisation est lente.ct la guérison se fait mal. Devant ces résul-
tats, on se décide alors à f:ire un premier attouchément
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avec une solution neutre d’arsénobenzol à 1,50 pour ‘6 d’une durée de deux minutes.
Le soir même (28 novembre), nouvel attouchement de deux minutes avec une solution semblable, toujours en solution neutre.
Le 29 novembre, toute fétidité de l’haleine a disparu, la douleur est très diminuée, le malade déclare avoir ressenti un grand soulagement. L'aspect des ulcérations a peu changé et leur dimension est restée la même.
Le 30 novembre, les ulcérations ont diminué d’une façon remarquable, leur dimension n’est plus que celle d’une pièce de cinquante centimes. Leur aspect est complètement changé, le fond est rose et il y a tendance à une cicatrisation rapide.
Le 2 décembre, il ne reste plus aucune ulcération sur la joue. Seul, existe encore un petit point de la grosseur d’un petit pois au niveau de la place qu'occupait la première molaire droite maintenant arrachée. L'état général est meilleur, le malsde commence à s’alimenter légèrement. La douleur a complètement disparu.
Cet état se maintient jusqu’au jeudi 5 décembre, époque à laquelle on fait un attouchement avec une solution acide d’arsénobenzol à deux pour cent, d’une durée de deux minutes, sur le point non encore cicatrisé.
Le 6 décembre, on constate la disparition complète du point ulcéré. L’adénopathie a disparu, l’empâtement de la joue également et cette dernière est revenue à son vo-
lume normal. L’haleine n’a aucune fétidité.
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Le 10 décembre, le malade sort complètement guéri.
Son état général est excellent.