‹ Contribution à l'étude de l'action de la thyroxine et des substances antagonistes dans la métamorphose expérimentale des batraciens anouresChapitre 11 sur 42 · La bouche atteint la largeur définitive · texte numérisé non relu

La bouche atteint la largeur définitive

Gette description a, de prime abord, une allure exacte et scientifique et, cependant, elle supporte assez mal une analyse serrée. En effet, l'émergence de l’un des deux membres antérieurs (qui est presque toujours le droit dans la métamorphose normale, ce que ne spécifie pas l’auteur) ne se place génélement pas avant les épisodes 4, 5 et 6, mais après et l'émergence de l’autre membre antérieur (le gauche), dont Erxkin n'indique pas l'époque et qui suit de près celle du membre antérieur droit (stade H), ensuite viennent les épisodes 7, 8 et 10, l'épisode 9 ne venant qu’en tout dernier lieu, alors que la petite grenouille est sortie de l’eau, voilà ce qui se passe dans la métamorphose des têtards de Rand lemporaria dont s’est inspiré KoLLMANN pour établir son échelle. On peut penser que la métamorphose des Rand palustris, clamitans el catesbiana, dont s’est inspiré ETKIN, s’accomplit telle qu'il l’a décrite et que les interVersions d'épisodes que j’ai signalées sont fonction d'une différence spécifique, mais alors BounHioL a tort de dire que « pratiquement » elle est valable pour tous les Anoures présentant la forme têtard.

Je trouve, pour ma part, que l'échelle épisodique de ETKIN ne se superpose pas exactement au déroulement des phénomènes qui peuvent varier d’une espèce à l’autre, d’une ponte à l’autre et, peut-être, d’un individu à l’autre, des questions de milieu, de nourriture, etc…., pouvant venir interférer encore.

C'est pourquoi j'ai préféré me servir, pour toutes mes expériences, de l’échelle de KoLLMANN qui paraît être moins scientifique que l'échelle épisodique de ETKIN, mais qui a le mérite d’être basée sur des aspects simples,

faciles à constater et qui laissent entre eux assez d'intervalle de temps pour que les perturbations causées par les variables biologiques aux épisodes intermédiaires n’influent pas sur leur succession.

Gette méthode d'évaluation de l’âge des têtards par la détermination de leur stade de développement est plus rationnelle que le calcul de leur âge en jours, car, de deux pontes différentes dont les animaux ont à peu près le même âge, ceux de la ponte A, par exemple, pourront être, au bout d’un certain temps, en avance d’un stade sur ceux de la ponte B et, dans une même ponte, il existe toujours un laps de temps de deux ou trois jours entre les premières et les dernières éclosions, décalage qui peut s’amplifier par la suite.

J'ai opéré avec des têtards pris aux stades B, C, D, E, F. Il était inutile de prendre des animaux n’ayant pas encore atteint le stade À, et même à ce stade, car, dans le premier cas, les têtards ont encore leurs branchies externes et subsistent avec leurs réserves vitellines et, à ce moment, écrivent CHampy et Rapu, « la mort est presque toujours la conséquence de la thyroïdisation, car, la suppression de l’alimentation larvaire ne s'accompagne, en effet, d’aucun développement des organes nécessaires à la vie de l’adulte ». Il en est aussi de même, mais à un moindre degré déjà, pour les têtards du premier stade (A), chez qui les ébauches des membres postérieurs ne sont pas encore visibles, et il vaut mieux attendre l’apparition de ces ébauches et commencer les expériences avec des animaux parvenus au 2€ stade (B). D'ailleurs, JaARISCH (1920), CHampy (1922), RomEïs (1924) et ALLEN (1938) sont d’avis que la capacité de réponse à la thyroïde n’apparaît que lorsque l’opercule est constitué et les branchies externes disparues, et je suis tout à fait de leur avis.

Pour des raisons opposées, il est inutile de traiter des Lêtards au stade G, car, alors, la métamorphose est imminente et, comme l’a remarqué BREDT, on n'obtient aucune accélération de la métamorphose dans ces conditions.

Les têtards ont été répartis par lots de dix individus, chaque lot étant immergé dans 250 ec. d’eau de distribution, riche en calcium, ce qui est important (ainsi que je le montrerai dans le chapitre suivant). Sauf dans le lot des animaux de contrôle, la thyroxine avait été mélangée à ce milieu de manière à donner trois dilutions différentes :

Une dose faible : 1 pour 100 millions.

Une dose moyenne : 1 pour 25 millions.

Une dose forte : 1 pour » millions.

somat oO catopodique des têtards a été, pour une même dose de thyroxine, en décroissant, jusqu’à retourner à la normale chez les animaux pris au stade F, sauf seulement pour ceux du lot thyroxiné le plus fortement et dont le ceefficient était encore (mais très légèrement) anormal (voir le lableau n° 1, figures 1

Les résultats ont été des plus nets. Le coefficient du rapport

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Stade B (Rana temporaria).

Métamorphose normale.

Thyroxine au 1 /100.000.000e.

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. Stade C (Rana temporaria).

. Métamorphose normale.

. Thyroxine au 1 /100.000.000:.

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F1G. 11. Stade D (Rana temporaria).

— 12. Métamorphose normale.

— 13. Thyroxine au 1 /100.000.000€, — it — 1 /25.000.000€.

Ne == 1 /5.000.000€.

A Là ) 17. 18. 19. 20.

F1G. 16. Stade E (Rana temporaria).

— 17. Métamorphose normale.

— 18. Thyroxine au [/100.000.000e, = 18) == 1 /25.000.000e.

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