V. INFLUENCE DE LA DOSE DE THYROXINE
Cette influence a été beaucoup plus étudiée que la précédente par divers auteurs dont ALLEN, Romeïs, FONTES et ARON, CHAMPY et RADU, ETKIN, ALPHONSE et BAUMANN sont les principaux.
Romeïs dit avoir obtenu, en utilisant des dilutions de thyroxine à 1 pour 5 milliards, des réactions avec des têtards de 15 jours, mais il ne parle pas de
métamorphoses.
FonTës et ARON ont établi une échelle de doses, dont les plus faibles ne
déterminent rien ou simplement la réaction d’un organe donné et dont les
plus fortes déclenchent la métamorphose.
Au-dessus de 0 mmg. 001 % il ne se produit rien. | de
Entre 0 mmg. 001 et 0,005 %, déclanchement de la fonction glycogénique du foie. à
Entre 0,010 et 0,05%, détermination de la croissance des pattes antérieures.
Entre 0,05 et 0,2 %, début d’une métamorphose incomplète, de 0,4 à 2 mmg. % détermination de la métamorphose en jours. —.
Ces résultats paraissent très précis, mais les auteurs, ainsi que Je l'ai signalé au chapitre III, ont omis de donner l’âge et l’état de développement de leurs animaux. Ils ont simplemnt dit qu'ils se trouvaient encore éloignés de la métamorphose normale. On peut présumer qu'ils étaient à un stade de début, mais lequel ? Or les doses données par les auteurs correspondent de la manière suivante à celles que j'ai moi-même employées :
0 mg. 001 % correspond à la dose de 1 pour 100 millions = 0,65 y %.
0 mg. 005 % id. 1 pour 20 millions = 3,25 y %. 0 mg. O1 % id. 1 pour 10 millions = 6,5 y %.
0 mg. 05 % id. 1 pour 2? millions = 32,5 y %. O0 mg-2%, id. 1 pour 500 millièmes = 130 y %. Omg. 4% id. 1 pour 250 millièmes = 260 y %.
8000 id. 1 pour 50 millièmes = 130 y %.
Pour FonTÈs et ARON, la métamorphose ne serait déterminée complètement que par la dose correspondant à 1 pour 250 millièmes, or, j’aiobtenu, comme on le verra plusloin, des métamorphoses complètes et déjà notablement accélérées à la dose de 1 pour 100 millions. -
La différence qui existe entre les résultats obtenus par ces auteurs et les miens ne peut provenir que d’une différence de technique dans l’application du traitement thyroxinien.
En effet, FoNTÈS et ARON, dans leurs expériences, n’ont fait vivre que temporairement leurs animaux dans l’eau thyroxinée, alors que j’ai employé l'immersion continue.
C'est également l’immersion temporaire que ALPHONSE et BAUMANN ont utilisée pour leurs expériences faites avec des têtards de Bufo vulgaris qu'ils ont soumis à des doses massives de 1/50.000€, ce qui a provoqué dans les lots ainsi traités une mortalité telle que les auteurs ont été amenés à user de cette immersion temporaire dont je reparlerai plus loin.
CHamPpy et RaDu, pour déterminer les réponses successives des sensibles locales à la thyroxine, employèrent les mêmes doses et la même méthode que les quatre auteurs précédemment cités.
ALLEN a établi des seuils minima de réponse des têtards à la thyroxine et sur l'efficacité de cette substance, comparée à d’autres produits iodés comme la diiodotyrosine. Il a également publié de nombreux travaux sur le rôle de l’hypophyse dans le déclanchement de l’activité thyroïdienne.
ETKIN, indépendamment de son travail sur la série épisodique dont j'ai parlé au chapitreTIl, a publié de très nombreuses recherches. Il a notamment réalisé des métamorphoses «subnormales » en soumettant des têtards thyréoprivés à des concentrations croissantes de thyroxine, allant de la dose de 1 pour 1 milliard (inopérante) à celle de 1 pour 10 millions en passant par les doses de 462-215-100 et 46 millionièmes. D’après lui, le seuil de réaction se trouverait vers 1 pour 250 millions ; l'émergence des membres antérieurs serait déterminée par la dose de 1 pour 46 millions et la régression totale de la queue, pour”celle de 1 pour 10 millions.
J'ai opéré avec des têtards de Rana temororia parvenus au stade B de leur développement, répartis en 10 lots de 15 individus immergés dans 500 cc. d’eau ordinaire. Dans 9 de ces lots, la thyroxine était mélangée conlinuellement au milieu d'élevage, de manière à obtenir des dilutions de :
Fpour toner "7. : 0,65 y d'Iode %° 1 pour 500 millions …. ... | 25 DE nt Li À 1 pour 100 millions ...... OSEY IN:
1 pour 75 millions ..... 8,09 y id.
1 pour 50 millions ...... 15 y id.
pod mAlionse 7 260%. Id.
1 pour 10 millions ..... LES CR a LA Epour225mutious-"... 925 Ÿ id.
bpourtbmillionz:. :.. 650 y "id
Dans cette échelle de dose, la plus faible n’a déterminé qu’une légère avance dans la différenciation des bourgeons des membres inférieurs au 5e jour. Au terme de la métamorphose, l’aspect général des animaux traités n’était pas différent deceluigdes témoins, on notait seulement une diminution de la longueur du tronc de l’ordre du 1/2 millimètreet de celle des membres
somato catopodique légèrement supérieur à celui des témoins, mais encore paranormal.
Il n’y a pas d'accélération dela métamorphose, non plus d’ailleurs qu’avec la dose suivante(1 pour 500 millions), maïs à cette dose la différence de taille entre les animaux thyroxinés et les témoins est nettement perceptible à l'œil, le tronc et les pattes postérieures étant plus courts de 1,5 millimètre, ce qui donne un coefficient égal à l'unité et déjà légèrement anormal (voir le tableau n°3, figures 36 à 45).
Le tableau change brusquement avec la dose de 1 pour 100 millions. La longueur du tronc se trouve réduite de 1/3 et celle des membres inférieurs d’un peu plus, mais les animaux ne sont pas encore disproportionnés, bien que le coefficient soit devenu nettement anormal. Cette fois, il y a une accélération de la métamorphose de 10/30 jours.
Aux deux doses suivantes 1 pour 75 et 1 pour 50 millions, il ne se produit aucun changement appréciable, ni dans le coefficient ni dans l’accélération
inférieurs de l’ordre du millimètre, ce qui donne un coefficient
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