‹ Contribution à l'étude de l'action de la toxine diphtérique sur les centres nerveux: Application possible à la pathogénie de l'épilepsieChapitre 16 sur 21 · À) COBAYES BLOQUÉS · texte numérisé non relu

À) COBAYES BLOQUÉS

Cobaye B 31. — Le 11 juillet, il reçoit 1/20 de dose mortelle de toxine diphtérique: le 18 septembre, injection de 1/30 de dose toxique par voie sous-dure-mérienne. L’intervalle entre les deux piqûres fut done un peu plus grand que dans la première série, Le choc immédiat fut peu nolable (mâchonnement, hérissement) ; tout rentra dans l'ordre. Le 26 septembre, le sujet suecombe après des crises tétanoïdes et épileptiformes avec hérissement et enroulement, ayant duré 24 heures. L'autopsie montre une vaso-constriction généralisée. Dé l'imprégnalion préalable, il ne reste que des traces d'encre de chine,

D re

Cobaye À 34. — Le 11 juillet, il reçoit 1/15 de dose mortelle de Loxine diphlérique; le 18 septembre, injection de 1/30 de dose par voie sous-dure-mérienne, Un choc immédiat est observé (mâchonnement, pruril), puis tout se calme, l'animal ne meurt pas el le 5 octobre il va tout à fait bien.

Cobaye B 35. — Le 11 juillet, il reçoit 4/10 de dose mortelle de toxine; le 18 septembre, réinjection avec 1/30 de dose toxique par voie sous-dure-mérienne. On observe un choc immédiat se manifestant par du hérissement, du prurit et une crise avec enroulement; le 28 septembre, il présente des convulsions avec contraclions toniques et cloniques; il meurt le jour même. L’autopsie montre une vaso-conslriction généralisée.

Cobaye B 37. — Le 11 juillet, il reçoit 1/8 de dose mortelle de loxine diphtérique par voie sous-cutanée; le 18 septembre, il est réinjecié avec 1/30 de dose toxique par voie sous-dure-mérienne, On observe un choc innnédial assez prononcé; 20 minutes après l'injection, Panimal est calalonique, il marche difficilement. Le 26 septembre il tombe malade, son poil se hérisse; le 1° octobre il semble guéri; le 2 octobre il présente pendant 2% heures des contractions loniques et des secousses cloniques dans la palte poslérieure droite; le lendemain il/va mieux et le 5 octobre il est complètement rétabli.

Cobaye B 23. — Le 11 juillet, il reçoit en injection sous-cutanée 1/5 de dose mortelle de loxine diphtérique; le 18 septembre on injecte 1/30 de dose toxique par voie sous-dure-mérienne; le choc immédiat est peu

prononcé, Le 26 seplembre, il meurt après des crises

SRE

épileptiformes subinlrantes ayant duré 24 heures.

L'examen des viscères montre une vaso-constriction DEN) ( "4: | se

généralisée; le blocage est encore visible par une forte

imprégnalion du périloine avec l’encre de chine. B) COBAYES NON BLOQUÉS

Cobaye B 40. — Le 11 juillet, injection par voie souscutanée de 4/20 de dose toxique; le 18 septembre, réinjection sous-dure-mérienne de 1/30 de dose mortelle ; choc immédial manifeste (prurit, mâchonnement) ; quelques minules après, l'animal présente une crise légère el des secousses slernulaloires. Le 26 septembre, il meurt après des contractions loniques et cloniques ayant duré 24 heures. À laulopsie on nole une vasoconstriction généralisée.

Cobaye B 36. — Le 11 juillet, injection par voie sousculanée de 1/15 de dose mortelle; le 18 septembre, réinjection sous-dure-mérienne de 1/30 de dose toxique; on observe un choc immédiat qui se traduit par du màchonnement, de la catatonie, du hérissement, Il se remel et survit; le 5 octobre il était encore dans son état normal.

Cobaye B 82. — Le 11 juillet, injection par voie souscutanée de 1/10 de dose mortelle; le 18 septembre, réin- Jeetion sous-dure-mérienne de 1/30 de dose toxique: il ne présente pas de choc immédiat. Le 29 septembre, il paraît malade, présente des convulsions qui durent 3 jours puis meurt. L'autopsie montre une vaso-constricion généralisée,

Cobaye B 39. — Le 11 juillet, injection sous-cutanée de 1/8 de dose mortelle de Loxine; le 18 seplembre, réin-

jection sous-dure-mérienne de 1/30 de dose. Le choc immédiat est peu net (mâchonnement, prurit, puis polyurie); le 29 septembre, on observe des crises subintrantes avec Ccontracltures toniques et cloniques; une période de mieux s’élablit ensuite, mais le 2 octobre, il succombe . après une autre crise. L’autopsie montre une vaso-constriction généralisée, | es

Cobaye B 38. — Le 11 juillet, injection de 1/5 de dose mortelle de toxine; le 18 septembre, réinjection sousdure-mérienne de 1/30 de dose toxique; on n’observe pas de choc immédiat. Le 28 septembre, il meurt après des crises épileptiformes subintrantes. L’autopsie montre une vaso-constriction généralisée.

Discussion de ces expériences et conclusion

Ces résultats nous parurent intéressants, mais nous avons immédiatement voulu constater si une injection unique, à la même dose, et par voie sous-dure-mérienne chez des cobayes non sensibilisés, ne pourrait pas produire les mêmes phénomènes. A cet effet, 10 cobayes neutres du poids de 250 à 300 grammes furent choisis; ils reçurent par voie sous-dure-mérienne la même quantité de toxine diphtérique: 1/30 de la dose mortelle de la même toxine Pasteur; ces animaux supportèrent bien l'injection et vivaient toujours un mois après la piqûre. |

Nous pouvons donc conclure que la réinjection de toxine diphtérique, chez des sujels sensibilisés, avait à

elle seule produil des crises épilepliformes; ceci présente done un cerlain intérêt; en effet la toxine diphtérique agissant sur les centres nerveux, n’a paru donner jusqu’à présent que des paralysies qui débutent 2 à 9 jours après lPinoculation, el après une progression plus ou moins rapide, conduisent l'animal à la mort.

Nous avons pu obtenir avec des doses très faibles, des phénomènes de convulsions subintrantes; pouvonsnous faire un parallèle entre nos résullats et certaines manifestations épileptiques d’origine toxique? Les crises que nous avons observées ne semblent pas avoir été notées dans la littérature médicale; elles semblent en contradiction formelle avec ce que l’on sait sur l’action de la toxine diphtérique, qui peut ne pas toujours agir comme poison paralysant, mais être aussi, sous certaines conditions, un poison convulsivant, Du reste pour obtenir les paralysies expérimentales, les auteurs ont opéré avec des toxines nettement définies; Babonneix employa la toxine CC, obtenue par culture à l’étuve, pendant trois semaines, de souches microbiennes recueillies dans les hôpitaux parisiens; l’injéction fut faite par la veine du jarret ou dans le nerf sciatique; Mouratow et Mouriaview ont inoculé des cobayes, qui, durant leur vie, n’ont présenté aucun trouble moteur. D’après nos expériences, il semble bien que l'allure spasmodique el convulsive des accidents ne tienne pas à la voie d'introduction seule de la toxine, mais à la sensibilisation péralable des centres nerveux par une injection sous-culanée du même poison.

Le blocage fail antérieurement, comme nous l’avons ‘ndiqué dans nos premiers lravaux ne paraît guère

Nos

avoir d'influence sur la production et l’évolution de la crise; il ne se reconnaîl qu’à l’autopsie par une imprégnation plus ou moins profonde du mésentère. Peutêtre les accidents sont-ils un peu plus précoces chez les animaux bloqués, el la vaso-constriction viscérale estelle un peu plus accentuée chez eux; mais il ne s’agit que d’une nuance.

AU Rens

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