‹ Contribution à l'étude de l'action de la toxine diphtérique sur les centres nerveux: Application possible à la pathogénie de l'épilepsieChapitre 17 sur 21 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Relations pouvant exister entre les résultats obtenus et l’action expérimentale de l’endotoxine diphtérique

En observant les phenomènes qui nous avaient frappés, nous avons recherché dans la littérature médicale si des faits analogues n’avaient pas été relatés ; nous n'avons trouvé rien de semblable, sauf pourtant l’action de l’endotoxine diphtérique qui se traduit chez l'animal par des convulsions. En effet, Cruveilhier, dans un compte rendu à la société de biologie le 18 juin 1909, signale l'existence à partir du bacille de Lôffler d'une endotoxine, dont lPexpérimentation donne lieu à des faits nettements contraires à ceux que produit l’exo-, toxine. Il utilisa les cultures sur gelose, de bacilles américains; après 24 heures à l’étuve, elles sont lavées à l’eau physiologique et chauffées de 400° à 105° pendant 15 à 20 minutes pour détruire le poison excrété par le

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microbe; il fillre le tout sur grosse soie stérilisée el essaye le produit obtenu par émulsion. Il injecte au cobaye, par voie intracérébrale, 1/4 de cm$ d'émulsion ; 5 heures après il constate chez l'animal des troubles moteurs et des contractures; la mort survient rapidement et l’autopsie montre une congestion intense du rein, néphrite parenchymalteuse avec gros rein blanc ; le sérum antidiphtérique n’aurail aucune action dans ce Cas.

Par ailleurs, J.-P. Ménard essaya l’action de la diphtéro-caséine, qui est également un corps loxique contenu dans le protoplasma microbien. Cet auteur injecte en deux fois, par voie intraveineuse, le produit obtenu, chez douze lapins, dix animaux succombèrent immédiatement, le onzième après huit jours et le dernier survécul. Les dix premiers présentèrent une paralysie et des convulsions ; ceux qui moururent rapidement ont eu une parésie de l’arrière-train immédiatement après l’injection, au boul de cinq minutes ils avaient des crises convulsives et la mort survenail ; certains restaient normaux pendant 5 à 10 minutes, puis ils oscillaient, s’affaissaient, passaient par une phase d’excitation folle et de convulsions, enfin succombaient ; parfois des sujets succombèrent plus tardivement ; au moment de l’inoculation s’est installée une polypnée et une parésie des pattes postérieures. Dans la nuit ils se sont remis, la paraplégie disparaît ou demeure ; quelques jours après les lapins maigrissent, ont des convulsions et meurent. L'autopsie montre des poumons normaux ou légèrement congestionnés, le cœur en systole rempli de caillots et des

veines distendues.

H est difficile de lirer une conclusion de l'article de Cruveilhier ; le terme de « contracture », qu'il emploie, nous semble assez vague ; d'autre part, l'injection intracérébrale de son produit peut créer une compression momentanée des centres nerveux ; dans nos expériences, ceci n’était pas à craindre, nous avons opéré par voie sous-dure-mérienne et la moitié du liquide injecté repartait par l’orifice de trépanation.

Les observations de Cruveilhier et de Ménard, bien qu’assez différentes des nôtres, méritent cependant d’être signalées. En mettant en parallèle les faits précédents et ce que nous avons observé, nous remarquons que : la toxine diphtérique que nous avons utilisée est vierge de tout corps microbien ; elle fut employée à dose très faible chez des cobavyes préalablement sensibilisés ; le choc fut immédia {, mais les crises convulsives ne se montrèrent qu'entre le 10° et le 14° jour ; elles se terminèrent par la mort et, l’aulopsie faile, on ne constata qu’une vaso-contrielion généralisée,

Si nous meltons en présence les résultats de Cruveilhier, de Ménard et les nôtres, nous trouvons entre eux lous un seul point commun : les phénomènes convulsifs survenant avec l’endotoxine ou la diphtérocaséine, et encore sont-ils plus précoces que dans nos expériences ; à part cela, aucune ressemblance, car les auteurs précités éliminent soigneusement l'exotoxine pour ne garder qu'un extrait des corps microbiens et, d'autre part, ils n’agissent pas sur des cobayes sensibilisés.

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