CHAPITRE VI
Relations possibles avec l’épilepsie
Les crises convulsives que nous avons obtenues peuvent-elles être rapprochées de l’épilepsie et contribuer à l’étude de sa pathogénie ?
Origine traumatique
On pourrail penser, à juste litre, que le iraumatisme cranien, que nous avons provoqué en piquant les cobayes. n'est pas étranger aux phénomènes que nous avons observés; la troisième série d'expériences a montré qu’en dépit du trauma exercé pour injecter nos animaux, on n'oblenait rien, toutes choses égales d’ailleurs! sur animaux neutres : la sensibilisation préalable joue un rôle certain. D'ailleurs Muskens, en travaillant sur un certain nombre d'animaux, n’a eu que 3 cas où l’ablation aseptique d’un morceau de la boîte
Pas
cranienne et la perforation de la dure-mère favorisait l'éclosion des crises ; en général ces opérations, praliquées sur chiens et chats, modifient peu laction du bromure de camphre ; la dose de ce toxique doit même quelquefois être augmentée pour que les animaux préparés ainsi tombent en élat de mal. Notre troisième série d'expériences cadre avec celle opinion en montrant que les, 10 cobayes témoins non sensibilisés, mais également traumatisés, n’ont absolument rien présenté d’analogue à une crise d'épilepsie.
Causes infectieuses
Certaines maladies infectieuses, le paludisme, la rage, le tétanos, le choléra, le rhumatisme cérébral peuvent, dans certains cas, produire des convulsions ; il n’est pas du tout question à ce sujet de la diphtérie, on n'en connaîl que les paralysies. Se pourrait-il cependant qu'en paralysant les fibres du myocarde, on obtint par anémie cérébrale des convulsions analogues à celles du Stokes-Adams. Chevalier et Clerc ont noté cette action de la loxine sur les fibres cardiaques du lapin ; cinq minutes après linjeclion, les battements deviennent irréguliers el se ralentissent, le cœur s'arrête en diastole ; mais on ne dit pas si les lapins ont présenté des convulsions. Ÿ aurait-il quelque chose d’analogue chez nos cobayes ? Nous n’y pensons pas, car la toxine ne fut pas introduite dans la circulation, la dose fut trèsminime el notre {roisième série d'expériences n’a donné aucun résultat.
Diphtérie maligne
Cependant on voit quelquefois dans les services de contagieux, des diphtéries malignes, avec urémie, qui se manifeste par des convulsions ; en ce qui concerne notre expérience, nous n'avons pas injecté notre toxine dans la circulation, les doses employées furent minimes et l’autopsie, loin de montrer une congestion intense de tous les organes, n’a montré qu’une vaso-constriction généralisée. Il aurait été intéressant toutefois, chez nos sujets, de doser l’urée sanguine pour éliminer complètement l’objection qui pourrait se poser. Nous ne nous y arrêlons pas et nous bornons à signaler le fait.
Intoxications endogènes
On connail fort bien maintenant un grand nombre de crises d’épilepsie d'origine endogène et le rôle que jouerail ies règles. la grossesse, la ménopause comme cause favorisante, C’est peut-êlre ce qui s’est passé pour nos cobayes ; la première injection ayant sensibilisé le terrain, puis la deuxième ayant produit alors le déclanchement de la crise après une phase de latence. Il ne semble pas qu'il s'agisse de choc colloïdo-clasique ordinaire, car les crises auraient eu lieu immédiatement
après la seconde injection.
Epilepsie expérimentale et discussion
Nos animaux ont présenté des crises avec secousses
toniques el cloniques, enroulement el hérissement ; ces