LE ONE
Voici donc une jeune fille qui semble être candidate à la tuberculose, mais chez laquelle aucun signe ne permet de poser le diagnostic et qui, d'autre part, présente toute une série de masses à la région cervicale antérieure qui ressemble plus à de la lipomatose qu'à des ganglions tuberculeux. |
Nous avons pensé qu'ici, où une seule lésion apparaissait, sur la nature tuberculeuse de laquelle on pouvait douter, la cutiréaction à la tuberculine pouvait résoudre le problème. 3
Elle fut franchement positive : la malade fut soumise au traitement (arsenicaux par la voie sous-cutanée, glycéro-phosphate, suralimentation).
Actuellement, la malade se sent plus vigoureuse, ses tumeurs cervicales tendent à régresser.
Il sera généralement facile de distinguer l’adénite cervicale : les cas du genre de celui dont nous venons de donner l'observation rapide sont plutôt rares.
Les pseudo-lipomes sus-claviculaires décrits par Verneuil et Potain peuvent également donner lieu à confusion. $
« Ils ont été observés et décrits chez les arthritiques. On les rencontre surtout chez la femme (16 fois sur 20 cas pour Potain, 3 fois sur 4 cas pour Verneuil). De plus, leurs caractères distincüfs sont les suivants : ils siègent primitivement dans les régions sus-claviculaires, ils apparaissent souvent d’une façon soudaine, 1ls coexistent parfois avec de l’æœdème sous-cutané et presque toujours avec les manifestations multiples de l’arthmtisme ou du rhumatisme. L'influence du froid et de l'humidité sem-
blent tenir une place importante dans leur pathogénie, à
« Mais, à côté de ces caractères qui leur sont propres, il en est d'autres qui leur sont communs avec les adénolipomes, tels que leurs oscillations de volume, leur coexistence possible avec d’autres masses graisseuses siégeant en différentes régions du corps (Launois et Bensaude). »
Ajoutons que si leur symétrie très nette, leur apparilion à l’âge mûr les rapprochent encore des adénolipomes, 1l faut convenir que justement cette régression, parfois presque complète, les en éloigne.
Enfin, ilfaut distinguer les adéno-hipomes de la région cervicale antérieure avec les kystes séreux congénitaux ou lymphangiomes kystiques qui se différencient par leur forme arrondie à contours bien limités, leur transparence et leur fluctuation franche.
Nous avons remarqué au cours de nos observations l’état plutôt cachectique de nos malades, leur facies amaigri, Contrastant avec l’énorme volume du cou cependant, dans quelques cas, la lipomatose cervicale antérieure el postérieure a pu coexister et être confondue avec l’obéstté.
« Chez les gens obèses, 1l existe souvent un bourrelet graisseux, plus ou moins volumineux, dans les régions cervicales antérieure el postérieure, mais le bourrelet ne reproduit jamais l'aspect si caractéristique du collier que nous avons décrit précédemment. Il est beaucoup plus diffus et ne se présente jamais sous la forme de tuméfactions plus où moins indépendantes les unes des autres’ De plus, chez les gens porteurs d'adéno-lipomatose, on ne retrouve pas les signes habituels de l’adipose viscérale
ou préviscérale (cœur, rein, etc.) (Launois et Bensaude).» e