‹ Contribution à l'Étude de l'Administration des Drogues thérapeutiques sous forme de SuppositoiresChapitre 11 sur 31 · LE VÉRONAL · texte numérisé non relu

LE VÉRONAL

Ravaup, dans le même travail (14), étudie Pabsorption comparée de la diéthylmanolylurée, après administration de 0,50 gr. sous forme de cachet et de suppositoire chez un même sujet.

L’excrétion du véronal a été dosée dans l'urine de la façon suivante :

L’urine est déféquée avec 1/10 de son volume de sous-acétate de Pb. Après filtration, l'excès de plomb est éliminé par addition d’une solution saturée de sulfate de sodium. Une nouvelle filtration permet d'obtenir une liqueur facilement colorée, Le filtrat acidifié est agité à plusieurs reprises avec 2 à 3 fois son volume d’éther ; la solution éthérée est évaporée. Le résidu est impur, on le reprend par l’eau en présence de « norit » et on le porte au bain-marie bouillant pendant 30 m. Une filtration donne une solution limpide, qui, évaporée, donne un résultat cristallin. Nous séparons le véronal, parmi microsublimation, suivant la technique de René Fabre.

Le résidu cristallin précédent est soumis à la sublimation sous pression réduite. Elle est pratiquée dans de petits tubes à essais de 8 mm. de diamètre, où est introduit le résidu, et où on fait le vide avant fermeture.

Les tubes sont placés dans un bain de sable, el, sous Faction de la chaleur, on voit, lorsque celle-ci atteint 180° environ, le véronal se sublimer et cristalliser à la partie supérieure du tube. On pèse le sublimat cristallin et on en vérifie la nature par son point de fusion et ses réactions caractéristiques.

——— — Supposiloire Elimination comparée de la diéthy/ralonylvree après administration en cachet en subpposiloire

mg.

avkeveaueseS)NGERGE

four £" 3° 4 5 Jour Figure 2

Pour un sujet qui représente sensiblement la moyenne des résultats, nous figurons lélimination quotidienne par la courbe n° 2.

A ja suite de l’ingestion de 0,50 gr., 381,1 mgr., soit 76,2%, sont éjiminés en quatre jours.

A la suite de labsorption par voie rectale de 0,50 gr. 403,5 mgr., soit 80,6 %, sont éliminés en cinq jours.

EN pe

Ravaub en conclut que le produit administré par suppositoires est absorbé par la muqueuse rectale et se retrouve dans les urines à des doses sensiblement identiques à celles constatées après administration du même produit sous forme de cachets.

3° LES DIURÉTIQUES MERCURIELS

CHARLES-ENGEL (15) à comparé l’action d’un diurétique mereuriel : le sel de sodium de Panyl-amido-méthoxy-triméthyl-cyclopentane-dicarbonate-hydroxy-mercurique, après administration orale et rectale.

Il a utilisé comme test d'efficacité le dosage de la quantité de mercure éliminé dans les urines de vingt-quatre heures.

Reprenant les travaux de Engel, qui ne donnait pas de technique de dosage du mercure, nous les confirmons en effectuant un dosage du mercure dans l'urine par la méthode de BRoWXN et KAysER (15 bis), que voici :

Cette méthode est basée sur le principe suivant : le précipité de sulfure de mercure obtenu après minéralisation est dissous dans l’hypobromite de sodium. Après une heure de contact, la solution centrifugée est additionnée de 2 à 3 ce. de formol et de 1 ce. de suspension de sulfate de baryum à 10 %. Porter au bain-marie bouillant.

Séparer par centrifugation le précipité mixte de mercure et sulfate de baryum. Laver par décantation à l’eau distillée (3 à 4 cc.) 4 à 5 fois.

Traiter ensuite le précipité par 1 cc. de solution acide d’iodate de potassium (solution titrée servant à la détermination de la glycémie Solution 1 OK : 1 gr. 783, SO‘H? à 5 %, en volume 1 Gr p.1UO0CC)MICC: de solution d’iodure de sodium à 5 % et 2 à 3 cc. d’eau. Titrer l'excès d’iode par l’hyposulfite N/100, dont 1 cc. correspond à 1 mgr. de mercure.

(Titrer au préalable la solution d’iodate par un essai à blanc).

Cette technique est voisine de celle utilisée pour la détermination de la glycémie.

Il a été retrouvé dans les urines de vingt-quatre heures, de 0,5 mgr. à 5 mgr. après ingestion de 0,50 gr. du produit mercuriel, correspondant à 180 mgr. de mercure, dans 12 Cas, soit de 0,27 % à 2,75 %, le reste étant éliminé par les fèces.

L’élimination dans les urines de vingt-quatre heures a été de 7 à 42 mgr., après administration sous forme de suppo-

sitoire de 0,50 gr. du produit mercuriel, rs à 180 mgr. de mercure, dans 10 cas, soit de 3,8 % à 23 %.

Les diurèses ont été, schématiquement, ocontellee au taux d'élimination du mercure par les urines. Le temps de latence, après administration rectale, a été de trois à quatre heures, et la courbe de diurèse a été, par cette voie, plus régulière, moins brutale et plus prolongée dans le temps (se manifestant encore le deuxième et même le troisième jour qui suivent l'administration du suppositoire).

4° HORMONES

KERMORGAN (16) administre les hormones sous forme de suppositoire et reconnait à celte méthode deux avantages principaux : rapidité d'action et action égale à une dose moindre que par la voie hypodermique ou buccaie. L'auteur utilise particulièrement ce mode de prescription dans le traitement compensateur des états classés actuellement sous le nom d'hvperfolliculinisme. Il nous paraît intéressant de comparer ces résultats avec ceux obtenus par G. VALLETTE et R. CaviEr (16 bis). Ces auteurs ont étudié en effet l’activité de la dihydrofolliculine par voie transcutanée chez le rat, et ont tout particulièrement fait ressortir l'importance de la nature du véhicule pour la pénétration du principe actif dans l'organisme. On peut noter, en effet, que des corps insolubles dans les huiles et solubles dans l’eau arrivent à pénétrer à travers la peau lorsqu'ils se trouvent mélangés à un véhicule convenablement choisi, qui lui, est liposuble. Il faut, par ailleurs, utiliser un solvant dont le temps de pénétration n’excède pas le temps d’évaporalion. Les meilleurs résultats obtenus furent avec les essences végétales, et en particulier avec lPeucalyptol.

Dans le tableau ci-dessous, on peut voir les résultats des expériences faites sur des groupes de rates castrées, par VA- LETTE et CaviEr. Ils ont appliqué sur la peau de la région dorsales des solutions de benzoate de dihydrofolliculine, préparées respectivement avec lalcool, le mélange à parties égales d'alcool et d’eucalyptol et l’eucalyptol seul (les animaux étant maintenus au repos pendant quinze jours entre deux essais consécutifs).

A. Debarge 2

Application sur la peau RE

Injection Solutions Solutions Solution Doses sous-cutanée dans dans le mélange dans en U. I. solution huileuse l’alcool alcool-eucalyptol eucalyptol 2,5 20 5 20 45 7,9 25 30 66 10 217 40 54 82 12,5 69 15 53,2 90 90 Sal

Le tableau montre les pourcentages de résultats positifs obtenus dans chaque cas (kératinisation du vagin avec disparition des leucocytes). La présence d’eucalyptol dans la solution prolonge Paction de l’hormone qui se maintient pendant douze à trente-six heures dans le cas du mélange alcoolique et pendant vingt-quatre à trente-six heures dans le cas de leucalyptol seul.

La voie rectale semble une voie de pénétration idéale pour les hormones et les essais de Cavier et Valette paraissent pouvoir s'appliquer à la voie rectale ; des travaux sont en cours sur absorption par les muqueuses, soit vaginales, soit rectales, des hormones, dans un véhicule lipidique, tel que : le beurre de cacao. D’autre part. le rôle de l’eucalyptol. qui a été mis en évidence par VALETTE, dans l’absorption transcutanée, semble jouer un rôle analogue par voie rectale.

GAUTIER (17) a utilisé avec succès des suppositoires dosés à 0,001 gr. à 0,010 gr. et 0,015 gr. de proprionate de testostérone, dans des cas de prostatisme, de sénilité ou d’impuissance sexuelle (en associant, dans ce cas, l'hormone et la Yohimbine). Nous nous réservons de reprendre ces recherches dans un travail ultérieur, dans l'intention de remplacer les résultats d'ordre subjectif obtenus par des résultats objectifs mesurables.

5° LA DIGITALE REINHOLD, rapporté par JoACHIMOGLU (18}, étudiant chez le

chat l’action de la digitale selon les voies d’administration. classe en ordre décroissant d’activité les voies endoveineuses,

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