‹ Contribution à l'Étude de l'Administration des Drogues thérapeutiques sous forme de SuppositoiresChapitre 17 sur 31 · CRUE · texte numérisé non relu

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de sulfathiazol contenu dans le suppositoire est absorbé ».

De plus, la proportion acétylée va en augmentant nettement à partir des quatre-vingt-dix premières minutes et arrive à représenter, au bout de quatre heures et demie, la presque totalité du sulfathiazol absorbé. On peut encore constater que, conformément aux vues de MARSHALL et CurrinG, le dérivé acétylé, insoluble, ne s’élimine pas facilement et reste en proportion quasi constante durant les vingt-quatre heures.

En conclusion, SEGUIN et DuGaLz déconseillent lutilisation de la voie rectale en sulfamidothérapie humaine.

GourNAY, MOLLITOR et ALLINE (37) ont particulièrement étudié l’absorption du sulfathiazol par le rectum. Si, après administration per os d’une dose unique, la sulfamidémie s'élève à une concentration moyenne sanguine de l’ordre de 2 à 4/1.000 de la dose ingérée par 100 cc. de sang, administrée par la voie rectale, la même dose ne se mauifestera dans le sang pendant les dix premières heures que par des traces indosables. Au bout de vingt-quatre heures, la concentration pourra cependant atteindre 1/10.000 environ de la dose.

DEMOLE et JENTZER (38) rapportent des résultats tout à fait comparables : Ils ont administré quotidiennement 2 suppositoires de 2 gr. de sulfathiazol pendant quatre jours et comparé la sulfamidémie obtenue à celle provoquée par les mêmes doses administrées per os pendant le même laps de temps. Dans le premier cas, et pour le sujet dont le chiffre est le plus intéressant, la sulfamidémie s'élève à 9 mgr. par litre, alors qu’elle se maintient au-dessus de 25 mgr. par litre, après prise buccale du corps sulfamidé.

GSELL (39) HENRI et KAHN (40) rapportent des résultats analogues.

Nous-même, à l'hôpital Cochin, dans le Service de M. le Professeur MATHIEU, avons dosé, chez 3 sujets, la sulfamidémie après administration de 2 gr. de sulfathiazol, en une fois, soit par suppositoire, soit par voie buccale.

Voie buccale Voie rectale ——— Temps S. libre S. total S. libre S. total 1 heure 7 7,2 1,8 4 — 3,9 5 1,4 1,8 24 — 0,2 0,4 il LES

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Sulfarmdérnie bre

Voie buccale La AIS à totale Ë . hère

Voierectale| . totale

: igure 10

COMMENTAIRE. — Nos résultats, de l’ordre de ceux obtenus par les expérimentateurs cités, tout en rapportant une sulfamidémie plus avantageuse, au bout de vingt-quatre heures, pour la voie rectale, contre-indiquent l'utilisation de la voie rectale seule dans un but thérapeutique.

6° LE PARAMINOPHÉNOLSULFAMIDE OÙ 1162 F

A. S. GorpowsKky (7, loc. cit.) a étudié l'absorption et l'élimination comparées du paraminophénolsulfamide par les voies buccale et rectale.

Après administration de 0,50 gr. du corps sulfamidé, sous forme de suppositoire et sous forme de comprimé, l’élimination atteint en soixante-douze heures, respectivement 0,47 gr. et 0,51 gr. En réalité, la différence la plus importante que présentent, quant à lélimination, les voies reclale et buccale, concerne la proportion de forme libre existant dans l'urine au cours des cinq premières heures. Celle-ci est environ 75 % plus forte après administration par voie buccale, ce qui permet de supposer que, par la voie rectale, la forme libre, éliminée moins rapidement, est retenue par lorganisme ; ce fait tire son importance de ce que la forme libre est considérée comme la forme efficace. Aïnsi, la voie rec-

d'OS

tale paraît retarder l'élimination du para-amino-phényl-sulfamide en nature.

Après administration par voie buccale, la sulfamidémie montre une élévation transitoire à partir de la troisième heure pour atteindre son maximum à la quatrième heure et décroître ensuite très vite. Par la voie rectale, la sulfamidémie reste en plateau à 9 mgr. pour 100 ce. de sang depuis une demi-heure après l’administration du suppositoire jusqu’à la troisième heure et décroît lentement ensuite.

Combrimé ———— Suppasitoire

D ENS S Ÿ 7 =) à 5 À 5 Sn & 3 / En Pt lyte de lie —— — 950 j- pa F FE 5 ; Figure 11

Si nous admettons avec Savy (9, loc. cit.) que le taux de sulfamidémie thérapeutiquement efficace avec le paraminophénylsulfamide se situe entre 5 mgr. et 12 mgr. par 100 cc. de sang, la sulfamidothérapie par voie rectale avec ce corps sulfamidé, présente un intérêt (hérapeutique direct auquel s'ajoute la stabilité de la concentration sanguine, la quanüté plus grande de forme acétylée qui semble retenue par l'organisme.

R. TURELL, À. W. MARTIN MARINO et L. NERB (41) ont consacré une étude extrêmement intéressante à l’administration du para-aminophényl-sulfamide sous forme de suppositoire.

À un premier sujet, ils administrèrent 1 gr. du corps sulfamidé dans un suppositoire et dosèrent la sulfamidémie trois heures après : elle atteignait alors 1 mgr. de sulfamide libre

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pour 100 ce. de sang. À ce moment, un second suppositoire fut administré et, trois heures après, la sulfamidémie s’élevait à 2 mgr. pour 100 ce. de sang. La même opération, pratiquée le lendemain, donnait les chiffres suivants : 1,5 mgr., trois heures après administration de la première dose, et 2,5 mgr. de sulfamilamide libre, trois heures après la seconde dose.

Avec un second sujet, présentant un anus artificiel et une poche rectale isolée, ils firent l’'expérimentation suivante :

— Dans un premier temps, ils introduisirent 1 gr. de sulfamilamide toutes les quatre heures, sous forme de suppositoire, dans la poche rectale. Après administration de 5 gr. du produit, des traces furent notées dans le sang. Après 10 gr. on nota 1 mgr. de la forme libre et 1 mgr. de la forme conjuguée pour 100 cc. de sang. Enfin, après une dose totale de 15 gr. on observe 1,5 mgr. de la forme libre ei des traces de la forme conjuguée. Cette expérience montre que, si les sulfamides sont réellement absorbées par la muqueuse du rectum, ils le sont peu.

—— Dans un deuxième temps, au même sujet, après s'être assurés qu'il n’y avait plus trace de sulfamide dans le sang, les autcurs ont administré 1 gr. de sulfamilamide toutes les quatre heures, sous forme de suppositoire, en les introduisant dans l'anus artificiel.

La courbe ci-dessous montre que la sulfamilamide est mieux absorbée par le colon que le rectum.

Avec un troisième sujet, ils firent l'expérience suivante :

Ils administrèrent toutes les quatre heures, nuit et jour, 1 gr. de sulfamilamide sous forme de suppositoire. Après administration de 7 gr., la concentration du'sang était de 1 mgr. de la forme libre et de 1 mgr. de la forme conjuguée pour 100 cc. ; après 13 gr., la concentration du sang était de 2,5 mgr. de la forme libre pour 100 cc. (il n’y avait pas de forme conjuguée) ; après 19 gr. de sulfamilamide, 4 mgr. de la forme libre et 2 mgr. de la forme conjuguée furent retrouvés pour 100 ce. de sang et, après un total de 25 gr., la sulfamidémie totale atteignait 8 mgr. Douze heures après la fin du traitement, il restait 3 mgr. de sulfamide libre pour 100 cc. de sang.

Nous avons résumé ces résultats dans la courbe ci-des- SOUS :

suMamidémie l'ère SuFemcémie tcicr

v: FE À —————— ve Êgr Fur 19e Dur Bye A L3gn THE Fin & Figure 15 traitement

À un quatrième sujet, les auteurs ont administré 1 ST. de sulfamilamide toutes les quatre heures, nuit et jour. Après administration de 6 gr. du corps suifamidé, la concentration dans le sang était de 3 mgr. de la forme libre et de 1 mgr. de la forme conjuguée pour 100 cc. ; après administration de 12 gr. la concentration était de 4 mer. de la forme libre «et 2 mgr. de la forme conjuguée ; après 18 gr. de sulfami-

lamide, la concentration était de 7 mgr. de la forme libre et de 2 mgr. de ia forme conjuguée ; et après qu'un total de 24 gr. eut été donné, la concentration dans le sang était de 6 mgr. de la forme libre et de 1 mgr. de la forme conjuguée pour 106 ce, La concentration dans le sang, vingt-quatre heures après cessation du traitement, était de 3,5 mgr. de la forme conjuguée pour 100 ec. de sang. Après quarante-huit heures, la sulfamidémie atteignait encore 1 mgr. pour la forme libre et 1,5 mgr. pour la forme conjuguée.

Sulfarrmdérnie libère ——— Sulfomidérietotale

mgr par IO0ec. de sang

Figure 4 Trotiret

En conclusion, les travaux de Turell, Marino et Nerb démontrent une incontestable résorption du para-amino-phényl-sulfamide par la muqueuse rectale. Réserplion qui aboutit à une concentration dans le sang qui est thérapeutiquement valable, et comparable à celle obtenue par GORDOWSKI.

Les essais personnels que nous avons effectués ont permis d'étudier la sulfamidémie comparée sur 6 malades, en fonction d’une dose unique de 2 gr.

Voie buccale Voie rectale a — nn nd Temps S. libre S. total S. libre S. total 1 heure 6 6 0,8 1,6 4 heure 3,9 4,9 0,6 il

24 heure 9,7 2,3

= Me

Voiebuccale __ Sufamidérmie libre

D F5 talale Voie rectale ____.__— . libre È nn . totale

Figure /5

——— — Subposiloire

Figure /6

ASF (fe

IH. — La sulfamidémie totale de quarante-huit heures des malades précédents montre une beaucoup plus faible élimination par la voie rectale :

Voie buccale Voie rectale Re ee —— Libre Total Libre Total SAUT 68,7 RE oo .

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