COMMENT PRATIQUER CES DIFFÉRENTS TRAITEMENTS
° Traitement médical. — On emploiera des doses assez fortes de chlorhydrate d'émétine — jusqu'à douze centigrammes par jour (Ghauffard). On y associera avec avantage le novarsenobenzol. On pouira employer la technique de Ravaut : quatre injections de 914 (trente centigr.), à 4 jours d'intervalle ; chacun des trois. jours intermé:
diaires : quätre, six, huit centigrammes d’émétine. On continue seulement le 914 sans émétine jusqu’à la sixiéme injection. Quatre injections de 914 sont associées | alors à l’'émétine, comme les quatre premières: On fera : une série de cures semblables séparées par des périodes de repos de un mois. Après ce traitement de blanchiement, on continuera pour assurer la guérison définitive de l’amibiase — tant intestinale que pulmonaire — par: un traitement d’entretien, par exemple : trois injections de 914 et neuf d’émétine, intercalées entre les deux premières.
On emploiera de l’émétine fraîche, claire, par voie sous-cutanée, Aucun accident toxique (nausées, troubles nerveux) n’est à redouter, si on suit la technique précédente: On ne dépassera pas quatre-vingt centigrammes par séries -d’injections.
.2° Procédés d’affaissement pulmonaire. — Ge sont :
a) Le pneumothorax thérapeutique. Nous ne connaissons pas d'observation où il ait été employé. Mais, parfois, le pneumothorax créé par l'ouverture chirurgicale de la plèvre a aidé à guérir le malade.
b) Le’ lipôme extrapleural (Tuffier).
c) Surtout : les procédés de désossement de la paroi :
résection pluricostale d’Etlander (obs. n° 5) ;
le grand volet thoracique de Delorme quand l’abcès est volumineux ;
ou même l'opération de Depage : résection des côtes dans le volet par la méthode sous-pleuropériostée, de façon à obtenir la mobilité com-
plète du lambeau.
3° Ouverture et drainage. — On localisera la collection le mieux possible, aidé par la radioscopie ; au besoin, on pratiquera la ponction sous écran. La ponction, positive, sera d’ailleurs le premier temps de l'opération. On suivra . le trocart-guide pour aborder l’abcès par le plus court chemin. : |
Toujours, on pratiquera, d’après les procédés indiqués, le désossement de la paroi thoracique. L'opération de. Depage permet l’accolement du lambeau à la paroi pro- : fonde de l’abcès. Ce désossement est plus efficace pour vider l’abcès que le draînage (Foucault et Seguin, Re- - nault).
Le temps délicat est le passage de la plèvre : il faut éviter d’infecter la séreuse. Celle-ci est heureusement, le. plus souvent protégée par des adhérences. Quand la cavité pleurale est libre, on pratiquera la suture de la plèvre. viscérale à la paroï, en prenant le plus possible de tissus en profondeur (Renault). Le traitement par l’'émétine rendra moins grave le souillage de la plèvre, en tuant les amibes. K
« On évitera de curreter les parois de l’abcès, à cause des hémorragies possibles, ni d’injecter du liquide (pouvant pénétrer dans les bronches et asphyxier le malade).
» On placera deux gros drains en canon de fusil.
» Et on fera un vaste pansementssec à la gaze stérilisée. » (Renault).
Quand l’abcès du poumon est très inférieur, que l’on hésite sur la coexistence d’abcès sus ou sous-phréniques et sur leurs relations, on explorera la cavité thoracique : avant d'aborder le foie, par voie transdiaphragmatique.
On résèque un segment de la 8 cote dans: l’aisselle :
\ Des. en
on arrive ain$i sur la base du poumon, là où on a le plus de chances de rencontrer des adhérences. On peut passer sous le cul de sac pleural costo-diaphragmatique, le refouler si possible, explorer le poumon, le diaphragme, le foie à travers ce muscle, et constater s'il existe. des adhérences pleuro-diaphragmatiques, en particulier : des adhérences solides dans une zone limitée (indice d’une fistule hépatopulmonaire (Fontan). On peut ponctionner le foie ou le poumon. : ;
On aura pu réséquer 7°, 6° côtes de bas en haut, pour étendre l'intervention sur le poumon, si c’est nécessaire.
En résumé, on explorera soigneusement la cavité thoracique avant d'explorer le foie, quand on ira à la recherche d’un abcès du dôme hépatique de façon à ne pas passer à côté d’un abcès de la base pulmonaire (Loison).
Abcès hépato-pulmonaires. —- Les cas de guérison par le seul traitement médical sont nombreux quand il s’agit d'ouverture d’abcès hépatique dans les bronches. Cela se comprend, puisqu’au traitement stérilisateur se joint une voie de draînage naturelle. Ce sont là surtout des cas à cheminée hépato-bronchique transpulmonaire. Quand le pus est retenu dans le poumon, que l'abcès ainsi créé évolue activement et pour son propre compte aux dépens du parenchyme pulmonaire (cas d’abcès hépato-pulmonaire proprement dit), l'émétine arrêtera bien l’extension de l’abcès, mais le plus souvent, il faudra évacuer chirurgicalement le pus mort. L'action de l’'émétine aura plus de succès quand, après s'être vidé dans le poumon, l’abcès hépatique tend à se cicatriser (CGhauffard). D’autres fois, au contraire,’ l’abcès hépatique persiste, continue à s'évacuer par
te
périodes dans la cavité pulmonaire, et il faut intervenir sur le foie. Enfin, comme pour l’amibiase pulmonaire isolée, il faut opérer quand l’abcès hépato-pulmonaire est très infecté secondairement ?
La fistule hépato-pulmonaire étant reconnue par l'exploration sus-diaphragmatique, comme il a été dit plus haut, on se rendra compte du degré des lésions hépatique et pulmonaire. On élargira le trajet qui les réunit. « Pour : l’abcès du foie vidé directement dans les bronches, il suffit de drainer l’abcès hépatique par voie transdiaphragmatique ; la fusée thoracique disparaît quand le foyer originel est évacué » (Françon et Hutinel). Quand, au contraire, existe une collection pulmonaire plus importante et plus jeune que la collection hépatique, on drainera par le poumon après élargissement du goulot transdia: phragmatique.