CONCLUSION
Les interventions chirurgicales sont graves. Si on n’intervient pas assez largement, la suppuration par les : drains persiste abondante. Il peut y avoir infection secondaire par les drains. On est parfois forcé d'opérer à nouveau (obs. n° 4) ou bien le malade succombe à la suppuration (obs. n°” 2, 10, r1).
La pleurésie post-opératoire qui survient une dizaine de jours après l'opération (Renault) est passagère.
Au moment de l'intervention, des accidents asphyxiques peuvent emporter le malade. Les jours suivants, une hémorragie de 200, 300 grammes et plus pourra survenir, se répéter et entraîner l'issue fatale (obs ‘n° 5, 8).
Sur cinq’cas opérés d’amibiase pure : trois ont guéri (obs. n°3, 4, 6 : dans cette dernière, on n'avait pas ouvert l’abcès). Trois cas d’amibiase isolés sont morts (obs. n° 8, 10, 11). | 2687
Quelle contraste avec la rapidité, l’innocuité, de la guérison complète par le chlorhydrate d’émétine !
Le D. de l’amibiase pulmonaire peut et doit être porté avant que le traitement chirurgical ne soit indiqué. Ce traitement devant être réservé aux seuls cas ‘d’amibiase : pulmonaire « négligés », méconnus : ceux ayant eu le temps de s’infecter secondairement, ou d'acquérir un volume tel que leur évacuation spontanée ne puisse s’effectuer complètement, après stérilisation de l’amibe par l’'émétine.
Observations
A.— Amibiase pulmonaires pure, sans abcès du foie
BERTRAND et FoNTAN. — Madras Quaterly Med. Journal (Madras 1841). — Obs. publiées sous le n° LXV dans le Traité de l’Hépatite suppurée. |
Dysenterie ancienne.
Expectoration rouge brique.
Poumon droit adhérent à sa base creusée d’un gros abcès.
Foie ramolli dans la partie correspondante mais sans hépatite suppurée.
JosskRAND. — Abcès dysentérique tardif du poumon sans abcès du foie (In Thèse Lafferrère : Abcès dysentériques tardifs du poumon et du foie. Lyon, 1900).
J. B...., 29 ans. Dysenterie en 1895, en Algérie, ayant duré un mois et demi, avec hépatite aiguë.
Janvier 1898. — Toux, expectoration muco- SE
Mars 1898. — Vomique.
— bg.
8 août 1898. — Hospitalisé à l'Hôpital Saint-Pothin de Lyon dans une salle de tuberculeux.
Foie normal.
Poumons : rien aux sommets } aux: ‘deux bases : quelques sous-crépitants.
Expectoration abondante, rougeâtre comme peut en donner le mélange intime de pus et de sang, pas de bacilles de Koch, pas de tissu hépatique.
10 octobre 1898. — Apparition de signes physiques au poumon gauche, zone de matité à la base, signes amphoriques ;: timbre creux de la toux et de la voix, tintement métallique avec diminution du murmure vésiculaire.. Toux quinteuse une fois par jour pendant laquelle le malade vomit à flots un plein crachoir de pus chocolat.
14 novembre 1898. — Amélioration et sortie de l'hôpital.
24 novembre 1898. — Rentre à l'hôpital : cachectique, en proie à une forte dyspnée, bruits EN M di intenses.
Diarrhée dysentériforme. ;
9 décembre 1898. — Intervention : on trouve une poche pleurale communiquant avec les bronches.
12 décembre 1898 : Mort.
AUTOPSIE
Poumon gauche. — L'abcès pleural est vidé, une fistule fait communiquer la plèvre avéc une cavité intra-:pulmonaire à paroi anfractueuse, où les vaisseaux sont pour ainsi dire disséqués et paraissent près de se rompre. Autour : coque scléreuse. Cette cavité est le siège primitif d’un abcès pulmonaire rompu dans la plèvre les jours précédent la rentrée du malade à l'hôpital (fin novembre).
Foie. — Présente des bandes cicatricielles étoilées.
Entre foie et diaphragme, bien séparés du foie dont ja
capsule est saine, on trouve une cueillerée à café de pus cré-
meux.
Ulcérations intestinales.
= Go —
Narran-LaRRiER. — Un cas d’abcès pulmonaire d’origine dysentérique. — Revue .de Médecine et d'Hygiène Tropicale, 1906, n° 4.
Rapport du Professeur Tuffier sur ce cas opéré par Marion à la Société de Chirurgie du 5 février 1908.
M. X... a eu accès de paludisme et dysenterie à Madagascar. 3 E ee
‘ Mars 1906. — Au Congo : point de côté à la base droite, toux, légères hémoptysies, amaigrissement, fièvre légère vespérale.
On porte le diagnostic de tuberculose.
Juin 1906. — Les hémoptysies se répètent, deviennent de plus en plus abondantes, puis chaque jour le malade crache deux cents grammes de pus chocolat.
Octobre 1906. — Les accidents précédents ont persisté.
Cachexie extrême. * | Û
Examen par M. Marion : il existe à la base droite du thorax une légère voussure, un peu d’œdème, une zone de matité avec abolition du murmure vésiculaire et quelques frottements. En bas, la zone mate se confond avec la matité hépatique.
Le foie est abaïssé, mais indolore.
Radiographie. — Pénombre à la base du poumon droit, pas d’élévation du diaphragme.
L'expectoration est toujours abondante (250 grammes par jour). C’est un liquide épais, brun rougeâtre. Au repos, il se divise en trois couches : une supérieure, mousseuse, rosée ; une moyenne : liquide, claire, sirop de groseilles ; une inférieure épaisse, gris rougeâtre formée de caillots. Pas trace de tissu spécial pouvant indiquer l’origine du pus. Nombreuses armnibes, pas de microbes (cultures stériles).
Sang. Leucocytose polynucléaire.
A cause de l'histoire du malade, on pense à un abcès d’origine dysentérique. A cause de la vomique, à un abcès du foie ouvert dans les bronches.
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16 octobre 1906. — Intervention : Foie normal, aucune adhérence du foie au diaphragme. ft
La base du poumon droit adhère au diaphragrne et brenfér me une cavité du volume d’une orange contenant seulement une minime quantité de pus semblable à celui de la ne avec amibes. ; six
Dans la suite : ‘chute brasque de (à température, l'expectoration se tarit. Au bout d’un mois, le malade quitte l’hôpitai, CAITS à CPR PTE A TEL =
NaTran-LarRier. — Un nouveau cas d'abcès du poumon d'’origine dysentérique. — Revue de Médecine et d'Hygiène Tropicale, 1907, n° 2.
M. X.., 27 ans, est à Saïgon depuis 13 mois quand, je og août 1894, éclate.une crise de dysenterie qui s’atténue je 22 août. À ce moment, une fièvre élevée persiste encore ; le 30 août, se montre un violent point de côté dans la fosse sousépineuse droite avec élancements que. la morph'ne n'arrive .pas à calmer. La fièvre persiste encore, élevée, mais il n’y a plus aucun symptôme intestinal. Le foie n’est ni gros, ni douloureux ; cependant, on porte le diagnostic d'abcès du foie.
Vers le 15 septembre survient une toux quinteuse et persistante, le soir un crachat brunâtre, chocolat; toute la nuit suivante, des crachats de même aspect se succèdent. Le lendemain : la fiièvre est moins élevée. Les quinzes jours suivants : le malade rejette toujours des crachats brunâtres.
En octobre. — L'état paraît si grave qu'on rapatrie le malade. Pendant la traversée : la fièvre disparaît. Toujours quatre à cinq crachats brunâtres par jour. Cette amélioration ne persiste pas. La fièvre s'élève de nouveau. L’expectoration fractionnée est PRE paf 1e vomiques uptGiasaee dont le