‹ Contribution à l'étude de l'amibiase pulmonaireChapitre 6 sur 21 · PÉRIODE DE DÉBUT · texte numérisé non relu

PÉRIODE DE DÉBUT

‘ Les symptômes de l’amibiase pulmonaire nous sont donnés par la forme « pure » (sans abcès du foie), ou quand l’abcès pulmonaire survient chez un sujet guéri dépuis plus ou moins longtemps d’un abcès du foie.

Le malade est un homme de 20 à 4o ans, ayant séjourné aux colonies. Il a présenté des crises de dysenterie amibienne typique ; celles-ci ont cessé depuis plusieurs mois où même depuis plusieurs années. Parfois, cependant, l’amibiase pulmonaire éclate chez un malade en pleine crise dysentérique : dans ce cas, en général, les symptômes intestinaux s’atténuent quand débute les symptômes de la localisation pulmonaire.

Ce début est brutal. Brusquement, souvent le soir ou en pleine nuit, le malade ressent une douleur atroce, qui lui coupe la respiration. Cette douleur siège à la base de l'hémithorax droit : soit au voisinage de l’épine de l'omoplate, soit dans l’aïsselle, soit en avant, sous le mamelon (obs. n° 5) — plus haut que « le point de côté hépatique ». En général, elle est limitée sans irradiations ; en particulier sans irradiations à l'épaule. Parfois, cependant, elle

role

est bas située, irradiée à épaule, indiquant alors que l'abcès est juxtadiaphragmatique. Rarement, le point de côté est gauche. © est une douleur continue, avec parfois des paroxysmes ‘sous forme d’élanceméents.

Lu début, la douleur est le seul symptôme ; le malade proprement parler, pas d'oppres-

n’a pas de dyspnée à sion ; il ne tousse ni ne crache. On n’observe ni frissons, ni fièvres ou seulement le soir quelques degrés de plus de la normale. Le malade a bon appétit et ne se sent nullement affaibli. /

Au bout de quelques jours, le point de côté diminue ; il persiste seulement par moments quelques élancements, : un peu de gêne à l'inspiration profonde. Mais le sujet

tousse ; il est secoué par de longues quintes de toux qui

le fatiguent et réveillent la douleur.

Cette toux est sèche ou n’amène une expectoration muqueuse sans caractères. À cette période, l’examen ne révèle pas grand'chose : un peu de diminution de là respiration, bien localisée à la base du poumon droit, parfois une légère submatité.

On parle de névralgie intercostale, de pleurodynie, de

‘pleurite.

Cette période de « Point de côté pulmonaire » correspond à celle de « Point de côté hépatique « décrite par Dutrouleau.

Chez le malade que nous avons observé (obs: n° +) le point de côté est resté le seul signe pendant 3 jours, puis: il a presque complètement disparu. Pendant 15 jours, le malade s’est cru guéri ; mais le point dé côté a reparu au

même endroit qu'auparavant et avec une violence accrue:

LA

cette fois, il s’est accompagné de toux qui n'a amenée une expectoration qu’au bout de trois jours.

Le début s’est effectué d'une manière analogue chez le malade de Foucaud et Seguin (obs. n° 6) : Douleur violente à l'hypocondre droit et toux sèche. Sortie de l’hôpital au bout de quinze jours ; un. certain temps après : reprise de la douleur qui siège cette fois au mamelon droit. Plus de deux mois après la douleur, survient l’expectoration.

Page 1