‹ Contribution à l'étude de l'anatomie pathologique de la démence précoceChapitre 21 sur 30 · OST · texte numérisé non relu

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pubérale, l'on ne peut les repousser à ce point-là. Mais on ne peut nier son influence. Pourquoi ne pas admettre que, dans l’état pubéral, il se produit une auto-intoxication d'origine sexuelle ne laissant aucune trace sur le sujet déjà sain et capable de provoquer la lésion organique chez le sujet dont les neurones seraient en état de moindre résistance fonctionnelle, capable tout au moins, combinée à l’action du travail assidu qui devient du surmenage réel chez de tels sujets, d’accentuer cet état de méionexie et d’aboutir finalement à la lésion sous l'influence d'une cause adjuvante quelconque, fièvre infectieuse, traumatisme, par exemple. Les symptômes du début de la démence précoce passant pour la plupart du temps inaperçus et évoluant pendant un temps souvent très long, on est tenté d’attribuer à cette cause dernière le rôle qui reviendrait à la puberté, alors qu'elle serait restée sans effet chez un sujet parfaitement sain au point de vue organique.

Le surmenage, pour importante que soit son action sur les sujets en pleine évolution, ne peut suffire à créer les lésions de la démence précoce. Son action n'a pas d'autre résultat que de créer une moindre résistance de la cellule nerveuse, il l’use et lui prépare une chute plus rapide, surtout quand il intervient chez un sujet dont les centres nerveux sont en état de moindre résistance organique. L’onanisme peut être considéré dans ses résultats comme une variété de surmenage. 1l n’a certainement pas, dans la démence précoce, l'influence que l’on a pu vouloir lui attribuer. La pratique de la masturbation est accidentelle chez certains sujets, rare et passagère. Chez d’autres elle constitue un besoin satisfait avec passion. Mais dans ce cas l’onanisime peut-il suffire à provoquer les lésions que nous avons constatées.

ARS Nous croyonsplutôt qu'il faut envisager déjà comme un symptôme, presque comme un stigmate de dégénérescence, symptôme d'autant plus grave qu'il active la déchéance. L'onanisme ne peut être admis dans l'étiologie de la démence précoce qu'à litre de cause adjuvante.

L'emprisonnement, le changement brusque d'existence (entrée à la caserne), le changement de profession, la profession elle-même ne peuvent être considérés que comme des causes de débilitation dans les fonctions du neurone, C’est à tort que l’on a pu en faire des causes déterminantes de la psychose; leur action est parfois extrêmement importante, mais pas au point qu'on seralt tenté de l’admettre.

Le traumatisme cranien ne peut être envisagé comme cause possible des lésions que nous avons étudiées. Il est absolument insuffisant pour les provoquer, même par sa répétition; si ses effets sont assez violents, il détermine des états morbides dont les symptômes n’ont rien de commun avec ceux de la démence précoce. S'il arrive à déterminer la démence, cette démence dite traumatique se distingue nettement au point de vue clinique et anatomique. De plus, les chutes sur le crâne sont d’une extrême fréquence chez les enfants, qui sont loin de devenir tous des déments précoces. On peut admettre toutefois que les accidents (chute d’un trapèze, dans une cave, chute de bicyclette, accident de chemin de fer, chute de cheval) peuvent eréer un état d'infériorité fonctionnelle du neurone, de vulnérabilité qui peut, sous l'influence de causes que nous étudierons plus loin, aboutir aux lésions de la démence précoce.

Les maladies graves de l'enfance peuvent agir de la même façon. Dans les antécédents personnels du sujet, on a noté avec une certaine fréquence la fièvre typhoïde,

PPS puis les maladies éruptives et infectieuses : rougeole, scarlatine, variole, grippe, diphtérie.

L'influence des causes morales, pour être difficile à établir, n’en est pas moins certaine. Une éducation défectueuse ne peut-elle diminuer la force de résistance des facultés de l'enfant, en les déséquilibrant, de sorte que l’auto-intoxication pubérale le trouve sans défense ? Gertes, tous les enfants gâtés ne deviennent pas des déments précoces ; mais Christian a trouvé une proportion considérable d'enfants uniques parmi les malades qu'il a examinés.

Parmi les causes morales, on peut ranger toutes les influences déprimantes, captivité, enfance malheureuse. commotion ; les mauvaises conditions hygiéniques peuvent être considérées autant comme causes d'ordre physique que moral (emprisonnement des détenus, Rudin).

Jusqu'ici nous n'avons étudié que des causes adjuvantes, d’une importance réelle, à notre avis, mais non suffisante pour déterminer les lésions. Quelles peuvent donc être ces causes?

Devons-nous, avec certains auteurs, admettre l'influence immédiate, déterminante des toxi-infections ? Nous avons tâché de montrer, dans une autre partie de cette étude, les différences qui existent entre les lésions de la démence précoce et celles de psychoses post-infectieuses d'évolution à peu près analogue. Dans ces cas l’on est obligé de rejeter le diagnostic de démence précoce pour faire celui de psychoses toxi-infectieuses à forme catatonique, hébéphrénique ou paranoïde.

Dans ces cas la psychose évolue immédiatement ou peu après l'infection, son évolution clinique ne présente que d’incertaines analogies avec la démence précoce, et ses lésions histologiques et macroscopiques sont nette-

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PATES ment inflammatoires, tandis que les lésions de la démence précoce sont dégénératives. Nous croyons donc devoir rejeter les maladies infectieuses de la pathogénie de la démence précoce. |

11 convient de nous arrêter ici sur le rôle étiologique et pathogénique de la tuberculose dans la démence précoce ; non pas pour l'importance réelle que nous ne croyons pas devoir leur attribuer, mais à cause des discussions qui ont eu heu à ce sujet, et à cause de sa fréquence chez les déments précoces.

Chez certains déments précoces la tuberculose précède la psychose; certains auteurs ont déduit de ce fait que la diffusion des toxines tuberculeuses pouvait provoquer les lésions habituelles de la démence précoce. Cela nous semble bien invraisemblable. Tous les tuberculeux ne deviennentpas déments précoces, ettous les D.P.ne deviennentpas tuberculeux. Enoutre, Jatuberculosecoexiste avec les autres psychoses et peut les précéder. D'ailleurs, les psychoses surviennent chez les tuberculeux avec une fréquence moindre que Îla tuberculose chez les aliénés en général. Quoi qu'il en soit, les psychoses du tubereuleux revêtent des formes cliniques différentes de la démence précoce. é

La toxine tuberculeuse agissant à faible dose et d'une façon continue peut très probablement modifier la cellule nerveuse déjà prédisposée par hérédité ou par acquisition. Ces deux ordres de causes réunis peuvent très probablement donner naissance à des psychoses à forme de démence précoce. ;

Il existe chez les descendants de tubereuleux une hypoplasie généralisée des viscères, petitesse du cœur, rétrécissement mitral, ete. Cette atrophie d'organes qui est acquise par hérédo-dystrophie manifeste la débilité du

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