‹ Contribution à l'étude de l'anatomie pathologique de la démence précoceChapitre 22 sur 30 · NON OS · texte numérisé non relu

NON OS

terrain sur lequel le surmenage, les préoccupations, les émolions, les auto-intoxications agissent en produisant une usure fonctionnelle rapide. Mais ces lésions préalables sont loin d'être fréquentes chez le dément précoce.

Pourtant Roubinowitch a trouvé la tuberculose héréditaire dans 50 p. 100 de cas de démence précoce et la tuberculose acquise dans 55 p. 100. Pour lui, l’hérédoinfection bacillaire joue un rôle considérable dans Ja genèse de la démence précoce.

Mais si les toxines tuberculeuses, comme celles de toutes les maladies toxi-infectieuses, sont assez virulentes pour provoquer des lésions du système nerveux, elles provoquent la méningo-encéphalite. Dans ces cas, si l’on constate des symptômes pouvant permettre de les raltacher à la démence précoce, l’évolution clinique de ces psychoses nous oblige à les rattacher à un état confusionnel toxi-infectieux curable.

À l’autopsie, on rencontre des lésions mécaniques : hémorragies, œdèmes diffus ou localisés à certains territoires. On trouve des lésions de méningo-encéphalite, des tubercules du parenchyme, de la pachyméningite avec adhérences, de l’infiltration leucocytaire, des altérations des parois vasculaires. En outre, l’étude clinique des antécédents, le mode de progression des accidents et des états pathologiques concomitants, le mode d'évolution des symptômes, la ponction lombaire, établissent que l'on ne peut avoir affaire dans ces cas à la démence précoce.

De cette étude nous croyons devoir conclure qu'il n'est pas admissible d'attribuer l'origine des lésions de la démence précoce à l’une des causes pathogènes que. nous venons de signaler, agissant seule. À moins d’admettre soit une affinité spécifique de la cause morbide,

AUYR RE

l’on ne peut faire autrement que de songer à une vulnérabilité spéciale des neurones corticaux d'association. Nous avons vu que cette vulnérabilité était représentée par un état de méionexie (moindre résistance fonctionnelle) de la cellule nerveuse aboutissant à la lésion fondamentale du neurone sous l'influence de causes variées dont le pouvoir pathogène était trop peu énergique pour léser les tissus de différenciation moindre et de résistance plus considérable que la cellule nerveuse. Le neurone constitue l'élément le plus différencié de l’organisme, par cela même il est le plus délicat, le plus vulnérable, surtout s’il est en état de moindre résistance organique, état créé, soit par l’hérédité, soit par la prédisposition acquise. Peu importe donc la nature de la cause déterminante elle-même, il est bien plus intéressant de chercher à établir son mode d'action. Toutefois, il nous semble que, parmi ces causes, les plus importantes doivent être les auto-intoxications. Devant les périodes de rémissions et de recrudescence, devant les accès fébriles sans cause exogène possible, devant les crises convulsives, les états cataleptoïdes, l’onirisme, le puérilisme, etc., ne serait-on pas tenté de penser à des décharges toxiques se produisant dans l’organisme sous l'influence d'un état glandulaire pathologique ?

Nous admettrons donc, quel que soit la cause pathogène responsable, que les lésions de la démence précoce ne sont pas des altérations par atrophie primitive des neurones corticaux, provoquées par la dégénérescence. Ce sont des lésions accidentelles ne pouvant se produire que grâce à la vulnérabilité spéciale du tissu d’origine ectodermique consistant en une moindre résistance Organique. Cette vulnérabilité est, soit accidentelle, dans ce cas ses origines peuvent être retrouvées dans les antécédents

CNT personnels du malade, soit déterminée par des atteintes répétées sur plusieurs générations.

La démence précoce est une psychose accidentelle dont les lésions évoluent sous l'influence d'une intoxication exogène ou endogène, mais sur un terrain préparé d'avance, soit par une longue hérédité, soit par des affections ayant évolué dans l'existence antérieure de Pindividu. L'on peut done employer le terme de psvychose accidentelle en parlant de la démence précoce, car la part d'hérédité est nulle chez certains sujets, importante chez d'autres. Elle est, comme toute autre affection, constitutionnelle de par l'hérédité qui crée la moindre résistance fonctionnelle de l'organe, accidentelle en considération des influences morbides qui provoquent les allérations du système nerveux central, cause essentielle du symptôme démence.

Page 1