‹ Contribution à l'étude de l'anesthésie générale par l'étherisation intrarectaleChapitre 10 sur 33 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Inconvénients. Contre-indications.

a) Et tout d'abord, c'est une méthode longue. Elle demande une préparation rectale minutieuse d'au moins une heure. C'est. donc une méthode inutilisable dans les cas urgents.

b) Second inconvénient : Non seulement le temps nécessaire à la production de l’anesthésie varie selon les sujets — et c’est très gênant au cours d’une séance opératoire — mais encore varie beaucoup la qualité de l’anesthésie ; toujours assez poussée chez les enfants, elle est insuffisante souvent chez l'adulte. D'où. la nécessité de donner quelques bouffées d'éther en inhalation (méthode mixte, d’ailleurs préconisée par Gwathmey lui-même).

c) Le lavement d'huile éthérée n’est pas toujours bien toléré. Certains sujets accusent des sensations désagréables : sensation très pénible de cuisson, au début, coliques, besoins d’expulsion, elc., sensations très atténuées par la piqüre de morphine préliminaire.

Mais si le malade présente des hémorroïdes, une fistule ou une fissure anale, s'il a une poussée aiguë de colite ou d'entérite, s'il a de la colopathie muco-membraneuse, s’il a eu une typhoïde ou de la dysenterie, la méthode est contre-indiquée.

Elle aggraverait les lésions aiguës, réchaufferait les affections anciennes, des ulcérations du côlon, des perforations même (Obs. de Baum, de Cunningham) pourraient survenir.

Ajoutons qu'en principe, c'est une méthode à rejeter pour toutes les opérations abdominales. Dans ces cas, en effet,

l'intestin (oujours un peu distendu pourrait être gênant pour le chirurgien (1).

Méthode à ne pas pratiquer, cela va de soi, quand il existe un anus iliaque.

d) Bien que des lésions du foie n'aient pas encore été démontrées dans l’anesthésie rectale éthérée, il nous semble prudent d'éviter ce procédé chez les hépatiques. IL serait même sage de

rechercher au préalable chez {ous les sujets qu'on se propose d'endormir ainsi, les petits signes de l'insuffisance hépatique et: de les soumettre à l'épreuve de la glycosurie alimentaire. |

e) La méthode ne préserve pas de la syncope respiratoire. Certains auteurs ont même prétendu qu'elle-était plus fréquente qu'avec lous les autres modes d’anesthésie. Cela était peut-être vrai pour l’anesthésie aux vapeurs d'éther.

Gwathmey, au contraire, prétend que s’il a eu quelques alertes, il n'a perdu aucun de ses 1.000 malades qu'il a opérés sous anesthésie à l'huile éthérée intrarectale par syncope respiraloire.

Vitrac (de Libourne) n’est pas très partisan de la méthode. Il.

fait connaitre, dans la séance de la Société de chirurgie de Paris (11 juin 1919), les résultats d’une pratique assez étendue (67 cas) et nous rapporte l’histoire de deux accidents graves dont un mortel. Les incidents signalés par Vitrac sont les vomissements, les complications pulmonaires et les douleurs abdominales. Nous nous sommes déjà assez étendu sur ce sujet pour y revenir. |

Il signale un accident de beaucoup plus grave qui est l'hémorragie des voies digestives. Il en rapporte deux très intéressantes observations dont l’une (Obs.II, Bulletin de la Société de chirurgie, 17 juin 1919) s’est terminée par la mort.

P. Wiart, dans un rapport écrit, dit que sur 2.500 anesthésies environ, par la méthode que nous étudions, il a pu relever 8 cas de mort et 8 cas d'accidents graves.

(4) M. Savariaud dit avoir fait quelques laparotomies avec celle méthode, mais il se promet bien de ne pas recommencer, car, dit-il, « la dilatalion du gros intestin peut amener une gêne considérable ».

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