‹ Contribution à l'étude de l'anesthésie générale par l'étherisation intrarectaleChapitre 8 sur 33 · CHAPITRE HI · texte numérisé non relu

CHAPITRE HI

Technique.

De nombreuses techniques ont été proposées ou suivies, preuve que la méthode n'élait pas encore au point.

Nous allons étudier celle qui nous a paru donner les résultats les plus favorables, celle que nous avons employée nous-même dans nos observations.

Nous étudierons successivement les soins préliminaires, les doses à employer, la technique de l'administration de l'huile . éthérée, la surveillance de l’anesthésie, les soins post-anesthésiques. |

1° Préparation du rectum. — Cetie préparation, comme la physiologie pathologique de la méthode nous l'a montré et comme l'expérience courante l’a confirmé, a une importance capitale, Il s’agit, par une toilette minutieuse, de préparer le rectum à l'absorption de l'éther, de diminuer sa contractilité, de tâter la susceptibilité du patient à ce mode d’anesthésie (Gwathmey).

Le docteur Charles Gudon Heyd (de New-York) a décrit soigneusement les divers lemps de la préparation.

La veille de l'opération, le soir de préférence, 1l donne un laxatif léger (0 gr. 20 de calomel).

Le matin, quatre heures avant l'opération, un lavement à l'eau savonneuse ou bicarbonatée.

Une heure après, deuxième lavement: irrigue le rectum

Do 0e—

jusqu'à ce que « l'eau sorte claire ». Gwathmey lui aussi a. insisté sur ce dernier détail.

Une heure avant l'opération, il éloigne les visiteurs, faitle calme et l'obscurité autour du malade — tout en évitant de le laisser seul. Il lui administre alors un supposiloire de 0 gr. 50 de chlorétone. |

Une demi-heure avant l'opération, piqûre de 0,01 de mor- | phine et 0,0003 d’atropine. Dix minutes après, il administre l'huile éthérée.

Gwathmey a simplifié la méthode et se contente, après la toilette rectale, de donner le lavement suivant une heure avant

l'opération :

MOLPRIN OP ER EE CEE 1/8 grain.

Paraldéhyde ....... 1 drachme.

Éther et huile...... 31/2 au drachme.

Cette méthode lui permet de réduire d'un quart la dose d'huile éthérée qu’il donnera ensuite; elle lui permet en outre d'obtenir un relâchement musculaire plus complet.

Robert Monod s’est borné à faire simplementune piqûre d’un centigramme de morphine une heure avant l'opération, elle lui parait suffire.

2° Le mélange huile-éther. — L'huile d'olives doit être très fraiche. Pour éviter toute évaporation d'éther, il est bon de ne faire le mélange qu'au moment de s'en servir. |

Gwathmey emploie les proportions suivantes :

Pour les adultes :

Huile rene RTE NIRLIES Hfher ee -. NSIPDATLreSe

Pour les enfants :

Parties égales d'huile et d’éther,

Il conseille de ne jamais dépasser la dose de 8 onces. Luimême, après sa préparation au mélange morphine, paraldéhyde, huile, éther, ne donne plus que 6 onces.

RUE Te — 21 — R. Monod s'était servi de la formule :

Ether, 2.4: .... 4120 grammes.

Huile... .... 50 grammes.

La dose à employer varie avec le poids du sujet. Les Américains donnent {1 once du mélange pour 20 pounds de poids du corps.

. Dufourmentel 2 ce. par kilo.

Darget le double d'éther au centimètre cube que le poids du corps. Il donnera, par exemple, pour un adulte de 60 kilos, 120 ce. d'éther. |

Technique de l’éthérisation rectale. — L'instrumentation est très simple. Certains auteurs américains usent d'une seringue et d’une sonde à double courant.

Gwathmey a fait construire un tube spécial. Il nous parait plus simple de se servir d'une ampoule qu'on peut graduer soimême empiriquement pour être fixé sur la vitesse de l’écoulement du liquide d’un tube de bock en caoutchouc et d'une sonde rectale en caoutchouc — en caoutchouc, point très important, car les sondes en gomme sont altaquées par l'éther.

: La sonde rectale en caoutchouc doit avoir les dimensions d'un drain n° 2. Son extrémité doit présenter plusieurs orifices élagés.

On fait coucher le malade sur le côté en position de Sims. On lubréfie soigneusement la sonde. On l'introduit dans l’anus et on la pousse dans le rectum de 12 centimètres.

Si on opère à la seringue, on pousse doucement le mélange pendant cinq minutes.

Si on opère à l’ampoule, il suffit de la lever de 60 centimètres environ pour voir s’abaisser le liquide à la vitesse voulue. Quelquefois, le malade s'endort avant que la dose fixée ait été introduite : c'est qu'il est très sensible à l'éther; il faut s'arrêter, la dose injectée suffit.

En cas d'alerte, il est prudent de laisser la sonde rectale en place jusqu’à la fin de l'intervention. On se contente de la bou-

Paillès 2

cher. À ce moment, il n'est pas rare que le malade ait des envies d'expulsion.

On le prie de n’en rien faire et on altend dans un st/ence rigoureux et autant que possible dans l'obscurité la venue du -sommeil.

Vingt minutes après, environ, le malade est endormi

Pendant l'opération, {rois choses sont à surveiller :

La coloration du visage ; La respiration; Le réflexe palpébal.

Si la face se cyanose ou bien si la respiration s'embarrasse et devient stertoreuse, si le réflexe palpébal disparait éomplètement, c’est que la dose d'éther employée avait été trop forte. Il faut agir. Le plus souvent, il suffit de déboucher la sonde et de laisser s ‘écouler le tiers environ de la quantité du use injecté.

Si la situation ne s'améliore pas, il faut faire un lavage du rectum. Pour cela, il suffit d'introduire une seconde sonde et d'irriguer le rectum par la première. L'eau s'écoule par la seconde. :

Si la situation empire encore, la syncope est imminente et on. la traite par les moyens habituels.

Soins post-anesthésiques. — À la fin de l'opération, on ouvre la sonde et on laisse s'écouler le liquide rectal. On en introduit une seconde et on pratique une large irrigation rectale à l’eau savonneuse.

Il est recommandé de pratiquer de légers massages du côlon pour vider complètement le gros inteslin. 3

Cela fait, on injecte encore dans le rectum 3‘onces d'huile d'olives et 300 grammes d'eau froide et on enlève les tubes.

Au réveil, le patient a habituellement une légère diarrhée; dès le lendemain, c'est fini, el il garde un excellent souvenir de son anesthésie.

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