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au monde savant sous le nom de cocaïne qui devait lui rester ; encore faut-il plusieurs années pour connaître les merveilleux effets de la substance nouvelle, Cette même année, à la suite de l’absorption d’une infusion de cocaïne, Mantegazza avait constaté sur luimême laccroissement de la fréquence du pouls et des mouvements respiratoires ; des doses plus élevées avaient provoqué de la congestion cérébrale, du délire et des hallucinations ; Schrofï, en 1862, obtenait des résultats analogues ainsi que Isaac Ott, en 1876. Coupard, en 1877, observait sur les malades adonnés au vin de Mariani une certaine anesthésie de la gorge : il voulut reproduire cette anesthésie et se procura de l'extrait de coca aussi liquide et aussi concentré que possible, dont il badigeonnait les tissus enflammés par la laryngite et la pharyngite douloureuses. Il eut même l’idée d’anesthésier ainsi les cordes vocales pour permettre à Rosapelly de faire ses expériences sur la phonation. Puis, en 1882, avec le concours de Laborde, il étudie non plus la coca, mais son alcaloïde : la cocaine Malheureusement ses recherches ne furent publiées qu'après le retentissant travail communiqué en 1884 au Congrès de Heidelberg, où Karl Kœller prouvait que l’instillation d’une solution de cocaïne. à 2 p. 100 amenait l’anesthésie complète de la cornée pendant dix minutes environ. En France, Terrier répète ces expériences, dont il fait part à ses collègues de la Société de chirurgie et, de ce jour, l’analgésie des muqueuses par des solutions de cocaïne entre dans la pratique courante.
On eut alors un peu partout l’idée d'injecter l’alcaloïde sous la peau, et l’on obtint une analgésie suffisante pour tenter, sans éveiller de trop grandes douleurs, quelques opérations de petite chirurgie. Chacun voulut en essayer, mais on ignorait tout de la cocaïne, même sa puissance toxique, et on fixait au hasard les doses à injecter et le titre des solutions. Il en résulta des désastres retentissants qui déterminèrent les savants à rechercher une méthode d’analgésie permettant d'obtenir, en même temps que la sécurité, la certitude d’une complète anesthésie. Ce fut Reclus qui, en 1886, inaugura cette ère de recherches. Puis parurent les méthodes de Schleich, 1892, Corning et Bier, en 1898.
Cependant la cocaïne est un corps dangereux, plus dangereux qu'on ne le soupçonnait au début de son emploi, ear l'organisme en détruit une faible quantité et l’arbitraire la plus décourageante procède à ses effets.
La question de la destruction de la cocaïne apres sa résorption