‹ Contribution à l'étude de l'anesthésie locale: par le chlorhydrate de pseudococaïne droite (Delcaïne) en oto-rhino-laryngologieChapitre 16 sur 78 · N | | CHEN (CH · texte numérisé non relu

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NE COOC—CGHÈN (CH2)2.

Cet anesthésique fut employé d’abord sous forme de chlorhydrate. L’alypine à été recommandée par Impens, qui la considérait comme supérieure à la cocaïne. De ce fait, elle a Joui d’une certaine vogue en anesthésie de surface. Mais Schrôder a contrôlé expérimentalement sa toxicité et nous fait part des résultats suivants : la dose mortelle d’alypine pour le cobaye est deux fois celle de la cocaïne (08,10 par kilogramme) : chez le lapin, les doses mortelles sont égales, tant par voie sous-cutanée que par voie intraveineuse. Comme, d’autre part, son pouvoir anesthésiant est notablement inférieur à celui de la cocaïne (Amersbach), il ne parait pas que l’emploi de ce produit puisse avoir un grand avantage. Braun s'élève contre son emploi en infiltration, vu que, toute question de toxicité mise à part, son injection est douloureuse et suivie d’altération des tissus. Le Comité d'enquête américain la considère comme aussi dangereuse que la cocaïne ou même davantage. Il ne semble d’ailleurs pas que l’alypine soit encore beaucoup employée aujourd’hui.

Butelline.

Ce produit, venu d'Amérique, où il porte lenom de butyne, est très voisin dela tutocaïne, à laquelle il ressemble beaucoup. Sa com-

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position chimique en fait un para-amino-benzoate de di-n-butylamino-propanol.

La butelline se trouve dans le commerce sous forme de sulfate.

Bulson, Bonar et Solmann en Amérique, Sarvonat et Thévenon (cité chez Duhart) en France, ont étudié les propriétés de la butelline par les différents procédés en usage. Il résulte de leurs recherches que : |

a. Le pouvoir anesthésiant de la butelline est un peu supérieur à celui de la cocaïne. D’après les auteurs français, elle serait 2 fois à 2,5 fois aussi anesthésiante que la cocaïne.

b. La toxicité de la butelline serait un peu inférieure à celle de la cocaïne d’après Sarvinat ; plutôt un peu supérieure d’après Bonar et Solmann, égale d’après Hooper et Becker.

En résumé, la butelline, avec sa toxicité légèrement inférieure ou égale, — suivantles auteurs, — àcelle de la cocaïne, son pouvoir anesthésiant un peu supérieur à celui de cette dernière, peut être utilisée pour l’anesthésie par imbibition des muqueuses. Quant à l’anesthésie par injections, Kritzalis et Sérapio de Léon rapportent dans leurs thèses des observations fournies par la petite et la grande chirurgie et faites sous anesthésie à la butelline. Nous pensons que, étant donnée sa toxicité relativement élevée comparativement à son pouvoir anesthésiant, il n’y a pas d'intérêt à la substituer à la novocaine, même en petite chirurgie. C’est également l'avis du Comité américain.

Tutocaine.

C’est du para-amino-benzoate de diméthyl-amino-5-méthyl-butanol préparé et examiné pharmacologiquement par Schulmann. C’est un corps dont le pouvoir anesthésique est égal à celui de la cocaine, mais un peu moins toxique que cette dernière, ce quilui donne le meilleur « quotient » (Voir Novocaine) de tous les succédanés synthétiques de la cocaïne. La tutocaïine est deux fois plus toxique que la novocaïne.

La tutocaïne se prête à l’anesthésie en surface. Elle possède un léger pouvoir vaso-dilatateur, de sorte qu’elle doit être additionnée d’adrénaline. Hirsch lui ajoute encore un peu d’acide phénique. Cohen et Cunningham en Amérique, Carco en Italie, ont publié de bons résultats pour l’anesthésie en imbibition. Cependant Guns en Belgique, qui l’a également utilisée, dit ne pas avoir eu des anesthé-

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sies aussi bonnes pour le larynx qu'avec la cocaïne, de sorte que les avis sont partagés à ce sujet.

La tutocaine a été également employée en injections.

L’anesthésie serait bonne, mais l’anémie, malgré l'addition d’adrénaline, ne serait pas parfaite d’après Steichle. Certains auteurs tels que Schmieden et Sebenig affirment être revenus à la novocaine par infiltration après avoir utilisé la tutocaine. Quelques déboires même furent signalés, entre autres des symptômes toxiques passagers (Tschebull et Guns) et deux cas de mort, un rapporté par Hirsch après anesthésie par infiltration, l’autre signalé par Schwarz après anesthésie par instillation urétrale.

Apothésine.

C’est un produit utilisé en Amérique. Les opinions à son sujet furent très différentes. Hamilton consacra un ouvrage à l’apothésine. Elle serait, d’après lui, peu toxique et rapidement éliminée. Il la recommande pour l’anesthésie par injection.

Mais Eggleston et Hatcher trouvent que l’apothésine est deux fois aussi toxique que la novocaïne. Ce produit a été refusé par le Council of Pharmacy and Chemistry. En 1923, le Comité d'enquête américain la considère comme ne devant pas être employée pour l’anesthésie par infiltration et conseille de ne pas dépasser la concentration de 2 p. 100 et la dose absolue de 0%r,10 pour l’anesthésie en surface.

Adrénaline.

Après avoir examiné les principaux anesthésiques locaux qui furent proposés aux chirurgiens pour remplacer la cocaïne, nous devons signaler la découverte de l’adrénaline, qui joue actuellement, dans l’anesthésie locale, un rôle de premier ordre.

C’est en 1901 que Takamine, de New-York, réussit à isoler le principe actif des capsules surrénales et lui donner le nom d’adrénaline. Le professeur Moure introduisit en Europe et utilisa dans sa pratique rhinologique cette substance nouvelle. Depuis, l’adrénaline fut l’objet d’une série ininterrompue d'études facilitées par lélimination de tout ce qui, dans l’extrait des glandes surrénales, pouvait troubler les observations précises.

Lermoyez signalait en ces termes l’importance de cette découverte : « En 1901, sans grand bruit, nous est arrivé d'Amérique par

SA Ad

Bordeaux un médicament pourvu d’une qualité bizarre. Il a la propriété de suspendre momentanément la circulation dans les régions qu'il touche sans les altérer. »

En effet, appliquée sur une muqueuse ou injectée dans un tissu, l’adrénaline détermine localement une vaso-constriction énergique caractérisée par une ischémie intense. On fit également d’autres constatations qui contribuèrent à augmenter l'enthousiasme pour le nouveau médicament ; on reconnut que, associée à la cocaine ou la novocaine, l’adrénaline augmente considérablement leur pouvoir anesthésiant, prolonge l’anesthésie en ralentissant leur diffusion, retarde l’absorption des substances toxiques et, par conséquent, réduit les dangers du poison, enfin favorise la coagulation et détermine une hémostase qui facilite la tâche du chirurgien. Certains auteurs prétendent que cette action vaso-constrictive considérable de l’adrénaline serait suivie d’une vaso-dilatation secondaire, facteur d’hémorragie post-opératoire. Canuyt nie cette assertion, qui n’est prouvée ni par la physiologie, ni par la clinique.

Malheureusement, il y a une considération très importante qui doit retenir notre enthousiasme : c’est la toxicité de l’adrénaline. Il semble que, d’après l’expérimentation et l'application clinique, cette toxicité varie suivant la fraicheur du produit. Les solutions anciennes sont inactives et plus toxiques que les solutions fraiches. Celles-ci, employées extemporanément, peuvent être utilisées à des doses bien supérieures à celles qui sont d’un usage courant. Canuyÿt, qui emploie régulièrement l’adrénaline, nous dit que sa toxicité est très faible dans les applications en surface sur les muqueuses. Pour les anesthésies par infiltration sous-cutanée ou sous-muqueuse, il recommande d’additionner une goutte de la solution d’adrénaline au millième par centimètre cube de la solution de novocaine à 1 p. 100.

Il résulte de cette première étude que, depuis la découverte de la cocaïne, les chimistes ont multiplié leursefforts pour réaliser des corps anesthésiants moins dangereux que cet alcaloïde. Le problème que les chirurgiens posaient aux chimistes était d'obtenir un anesthésique local qui réalisât un certain nombre de conditions formulées par Braun et dont nous empruntons l'exposé à Reynier :

19 Être, relativement à son pouvoir anesthésique, relative. Or il est certain que, si la toxicité absolue de la cocaïne est forte, son pouvoir anesthésique est également fort. Donc, si on propose, pour remplacer la cocaïne, un corps dont la toxicité absolue est moindre,

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