‹ Contribution à l'étude de l'anesthésie locale: par le chlorhydrate de pseudococaïne droite (Delcaïne) en oto-rhino-laryngologieChapitre 21 sur 78 · PR CRE · texte numérisé non relu

PR CRE

Les phénomènes constatés sont identiques à ceux qui se produisent sous l’influence du chlorhydrate de cocaïne. La baisse maximum de chronaxie, aux concentrations étudiées, est régulière, mais assez lente; elle se produit au bout de trente à quarante minutes ; la hausse de la rhéobase, assez faible (100 à 200 p. 100), est généralement terminée à ce moment.

ACTION DES CHLORHYDRATES DE PSEUDOCOCAÏNE DROITE.

49 Solution à 0,20 p. 100..... Excitabilité en 15 minutes.

20 = GS HEAR ee cnl0 ra

90 == 0,05 de ce — en 30 ==

49 — 0,02 = 88 00 — en 30 ==

59 — 0,01 ne es Baisse de chronaxie p. 100 : 70. 60 — 0,005 ne » » »

Première expérience ..... Baisse de chronaxie p. 100 : 45 Deuxième expérience .... — — — : 40 Baisse moyenne de chronaxie p. 100...................... 42,9

Cette baisse de chronaxie, en considérant la courbe donnée pour le chlorhydrate de cocaïne, correspond à une solution de chlorhydrate de cocaïne à 08,10 p. 100. Le chlorhydrate de pseudococaïne droite est donc sensiblement 20 fois plus fort que le chlorhydrate de cocaïne.

c. — Étude des anesthésies produites par le chlorhydrate de pseudococaine droite sur les fibres sensitives du sciatique de la grenouille (R. esculenta).

La méthode utilisée pour ces essais est celle qui fut publiée en 1927 par J. Régnier.

Les remarques faites au sujet de l’action sur les fibres motrices s'appliquent encore ici.

SoLuTion A 087,005 p. 100.

Première expérience ..... Baisse de chronaxie p. 100 : 4% Deuxième expérience .... — — — 95 Troisième expérience... ... — — — 63 Baisse movennem 100..." tre... nr. 54

Une solution de chlorhydrate de pseudococaïne droite à 0,005 p. 100 produit la même baisse de chronaxie (54 p. 100) qu’une solu-. tion de chlorhydrate de cocaïne à 02,013 p. 100. La pseudococaïine droite est donc environ 2,6 fois plus active que la cocaïne sur Îles fibres sensitives du sciatique de la grenouille.

d. — Étude des anesthésies produites par la pseudococaïne droite sur les fibres sensitives du lingual du chien.

Il nous paraissait, d'autre part, plus utile d'essayer cet anesthésique local, non plus sur des animaux à sang froid, mais sur des animaux de constitution plus voisine de la constitution humaine. Nous avons mis au point une méthode qui utilise le chien et étudie un nerf sensitif (lingual) non itératif, c’est-à-dire capable de répondre à une seule excitation.

Nous avons utilisé, pour ces essais, la méthode publiée par J. Régnier et G. Valette en 1929.

Lorsqu'on pince énergiquement et vivement le bord de la langue, particulièrement dans la région de la pointe, on voit se produire un mouvement assez brusque et généralement assez ample d’abaissement de la mâchoire inférieure. Ce réflexe linguo-maxillaire peut être déclenché encore par un choc électrique unique.

Il est évidemment difficile de déclencher le réflexe linguo-maxillaire sur un chien non anesthésié. Les auteurs étudient donc systématiquement l'influence des anesthésiques sur le réflexe, et en particulier sur son seuil.

Nous avons employé des chiens de poids moyen chloralosés (08,10 de chloralose pure par kilo). L'animal est placé sur le dos et fixé; un des nerfs linguaux est préparé avec soin, isolé et dénudé On le place sur des électrodes d'argent chloruré. On prend comme seuil le plus petit mouvement nettement perceptible du maxillaire inférieur, et on amplifie les réponses en fixant à la mâchoire un style léger et assez long.

L’action sur le nerf lingual se produit régulièrement ; la baisse maximum apparait au bout de quinze à vingt minutes; la hausse

de la rhéobase est arrêtée, à ce moment, à une valeur assez élevée : 150 à 250 p. 100.

SOLUTION A 08r,02,

Première expérience ..... Baisse de chronaxie p. 100 28 Deuxième expérience . ... — — — 56 Troisième expérience... ... — -- — 59 Baisse moyenne de chronaxie.................... 47

Une solution de chlorhydrate de pseudo-cocaïne droite à Osr,02 P: 100 produit la même baisse de chronaxie (47 p. 100) qu'une solution de chlorhydrate de cocaïne à 081,06 p. 100. La pseudococaïne

Ode

droite est donc sensiblement 3 fois plus active que la cocaïne sur les fibres sensitives du lingual du chien.

e. — Étude des anesthésies produites par la pseudococaine droite et la cocaïne sur les épinoches.

Depuis les expériences de Regnard sur Paction anesthésique de la cocaïne sur les cyprins, de nombreux auteurs ont utilisé les poissons comme animaux d'expérience pour déterminer l’activité des anesthésiques locaux et récemment des auteurs américains (R. Adams, E. K. R. Rideal, W. B. Burnett, R. L. Jenkins, E. E. Dregger) ont montré l'utilité que présentent des essais lorsque les anesthésiques locaux sont peu solubles dans l’eau. L'un de nous, en collaboration avec G. Valette, a utilisé une technique semblable à celle des auteurs américains pour déterminer le pouvoir anesthésique de la pseudococaine droite et celui de la cocaine gauche sur les épinoches (Gasterosteus aculeatus), en tenant compte du temps nécessaire pour produire l’anesthésie totale, suivant la concentration des solutions anesthésiques expérimentées.

Les résultats obtenus peuvent être résumés dans le tableau sui-

vant :

Temps nécessaire pour produire

Concentration l’anesthésie complète.

moléculaire ER de la solution Chlorhydrate Chlorhydrate anesthésique de pseudococaine de cocaine (en grammes): droite. gauche.

ECS ONE AMEN" 75 | »

LPS SA RSA NS EN RN ETN NN EES 45 120 CRISE EN AA RENE 35 60 LUS ES EROTICA POS DE 28 99 T'ÉEC SEMI RE SE D EE 42 39 NES recu op ec done » 30

L'examen de ce tableau montre que, pour des solutions de même concentration, le temps nécessaire pour obtenir l’anesthésie totale est plus court pour la pseudococaine droite que pour la cocaine gauche.

En portant en abscisses les concentrations moléculaires et en ordonnées les temps, on peut construire deux courbes hyperboliques dont les ordonnées sont dans un rapport variant de 2 à 2,5 dans la région moyenne. C’est ainsi que le temps nécessaire pour

obtenir l’anesthésie totale est :

Pourunesolution à 1 p.20 000 (concentration moléculaire10 5x 29);

rues

vingt-huit minutes pour la pseudococaïne droite et cinquante-cinq minutes pour la cocaïne gauche (rapport = 2) :

Pour une solution à 1 p. 10 000 (concentration moléculaire LOS 6): quarante-cinq minutes pour la pseudococaine

droite et cent vingt minutes pour la cocaïne gauche (rapport 2,5) ;

de

Go

Jo

10 "xvo fo Se 10 œ éo

Le chlorhydrate de pseudococaïne droite est done plus actif que le chlorhydrate de cocaïne ordinaire comme anesthésique général Sur les épinoches (2,5 fois).

Si l’on admet comme Regnard que les phénomènes d’anesthésie généralisée produits sur les poissons par les anesthésiques locaux sont dus à l’action anesthésique locale de ces corps sur les nerfs branchiaux, ces essais d’anesthésie sur les poissons et les essais d’anesthésie sur les nerfs isolés (sciatique de la grenouille, lingual du chien) doivent donner des résultats concordants, ce que confirment nos expériences, puisque, par ces deux méthodes expérimentales très différentes, nous avons trouvé, dans les deux cas que le pouvoir anesthésique de la pseudo-cocaïne droite est en moyenne

2,5 fois plus grand que le pouvoir anesthésique de la cocaïne ordinaire,

D ve

Î. — Comparaison des anesthésies produites par le chlorhydrate de pseudococaine droite et le chlorhydrate de cocaïne gauche en injection intrarachidienne sur le chien.

Nous exposerons plus longuement ailleurs quelles idées nous ont amené à compléter les essais d’anesthésie que nous venons d’exposer. Notons simplement ici qu’il nous est apparu que ces essais, pourtant fort nets, n'étaient pas suffisants pour nous donner une idée exacte de ce qui se passe en clinique dans l’anesthésie par in- Jection périnerveuse. En effet, au laboratoire, sur les nerfs isolés, sans cesse imprégnés de solution anesthésique, nous mesurons le pouvoir anesthésique absolu de la substance étudiée. En clinique, par contre, où les injections ne peuvent être sans cesse renouvelées, où la circulation du sang et des humeurs déplace le toxique, où "les cellules de l'organisme produisent ces phénomènes mal connus. quoique très importants, de destruction du toxique, d’autres facteurs que le pouvoir anesthésique absolu entrent en jeu. De ce fait, l’anesthésie pratique clinique peut être fort différente de celle qu’on pouvait se croire en droit d'attendre, en tenant compte des résultats trouvés au laboratoire.

Nous avons donc voulu étudier ces anesthésies par une méthode expérimentale directement imitée des méthodes cliniques. Parmi les méthodes que nous pouvions appliquer à l’animal vivant, nous avons choisi celle qui s’adresse, par injection intrarachidienne, aux voies lombaires sensitives du chien.

Nous avons choisi, comme test d’anesthésie, la suppression de toute réponse musculaire motrice et de toute influence sur la respiration ou sur la pression artérielle, enregistrée graphiquement, les excitations étant produites sur le bout central du sciatique dénudé par l’appareil d’induction ordinaire. Ainsi nous avons pu suivre l’expérience anesthésique entièrement, de son début (suppression des phénomènes réflexes) jusqu’à sa fin (retour de ces phénomènes), et nous avons comparé entre elles ces expériences en te-: nant compte particulièrement de la durée de l’anesthésie complète.

Tous nos essais ont été effectués sur des chiens chloralosés, et nous avons employé la technique suivante : avant toute injection intrarachidienne de la solution anesthésique, nous avons recherché les modifications motrices, respiratoires et cardio-vasculaires produites par l’excitation du bout central du nerf sciatique par l’appareil d’induction ordinaire. Puis nous avons injecté dans le canal

Do ne

rachidien l’anesthésique local étudié, en solution à 1 p. 100. Nous avons noté alors le début de lanesthésie médullaire, c’est-à-dire la disparition de toute réponse motrice, respiratoire et vasculaire lors de lexcitation du bout central du sciatique ; nous avons pratiqué des excitations toutes les cinq minutes; nous avons ainsi pu suivre l’anesthésie entièrement de son début jusqu’à sa fin marquée, par la réapparition des phénomènes réflexes.

Nous présentons, dans le tableau suivant, les résultats obtenus avec les deux corps étudiés. Les solutions anesthésiques employées étaient faites à la concentration de 1 p. 100 dans l’eau salée physiologique (chlorure de sodium à 8 p. 1 000) :

PRE QUANTITÉ A DURÉE NUMÉRO Porps DOosE ee re de l'expérience. AA du chien. par kilogramme. tros Chlorhydrate de cocaïne gauche.

lie 08r,02 | 8 kg. 08r,0025 60 minutes.

It 08r,02 140 08r,0015 45 = Ie | 08r,025 95 08r,0027 70 = [Ve | 02,01 6 » 08r,0015 90 —— Chlorhydrate de pseudococaïne droite.

NE 081,02 7 kg. 08r,0028 75 minutes.

NA 08r,02 7 » 08r,0028 70 = NIUE O8r,02 8 » 08T,0025 65 — NIRRIE O8r,01 6,9 08r,0015 90 ==

Nous voyons donc que les résultats obtenus sont, pour les deux corps, extrêmement voisins. Ils sont, d’autre part, très réguliers, les durées d’anesthésies se succédant dans le même ordre que les doses administrées par kilogramme d’animal.

Dose de cocaine

Durée et de pseudococaïne de l’anesthésie par kilogramme d’animal. complète.

08T,0015 45 à 50 minutes.

Or 0025 60 à 65 08r,0027 à 08r,0028

À ütre d'exemple, nous avons constaté que ces substances injectées à la dose de 0#r,01 (1 centimètre cube à 1 p. 100) à des chiens de poids voisins de 6 kilogrammes (soit 0#r,0015 par kilogramme) produisaient aussi bien l’une que l’autre une anesthésie complète

niv

d’une durée de cinquante minutes. Il était tout au plus possible de remarquer comme différence que l’anesthésie survenait plus rapidement avec la pseudococaïine droite (trois à cinq minutes après l'injection) qu'avec la cocaïne gauche (sept à dix minutes). Nous pouvons donc conclure qu’en anesthésie rachidienne le chlorhydrate de pseudococaïne droite possède sensiblement le même pouvoir anesthésique que le chlorhydrate de cocaïne gauche ordinaire.

Si nous prenons comme-unité le pouvoir anesthésique du chlorhydrate de cocaïne, les valeurs anesthésiques moyennes relatives du chlorhydrate de pseudococaine droite peuvent être groupées dans le tableau suivant :

ACTIVITÉ anesthésique réelle.

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