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Les testicules eux-mêmes, dont on connaît l'hypersensibilité à l'état normal, deviennent peu à peu insensibles à la pression. és
L'extension des phénomènes anesthésiques est d’ailleurs en relation étroite avec la position donnée au malade. C'est ainsi que dans son auto-observation, le D' Fzaïcou, après avoir éprouvé les phénomènes décrits ci-dessus au niveau des membres inférieurs et jusqu'à la partie supérieure des cuisses, fit, cinq minutes après l'injection, transformer la position assise qu'il avait gardé jusque-là,en position déclive, à laquelle il se fit amener lentement et progressivement, moins toutefois la tête qui fut maintenue en position d'hyperflexion sur le thorax. Une minute après ce changement de position, l’auteur constata la progression des phénomènes anesthésiques vers les régions iliaque et lombaire. -
Enfin, le même auteur signale au moment ou l'anesthésie se complète et atteint son maximum d'extension, des modifications des mouvements respiratoires qui deviennent plus espacés et plus profonds, des phénomènes congestifs du côté du visage et aussi un état d'euphorie assez caractéristique, qui l’aida pour une grande part à se décider en dernier ressort à entreprendre lui-même son auto-opération et qui semble bien dû à une action de la solution ‘anesthésiante sur les centres nerveux supérieurs.
Pendant l’anesthésie le malade conserve toute sa conscience et M. Jonnesco déclare qu'il a l'habitude de causer avec ses malades, ce qui détourne leur attention de l'acte opératoire qui est leur idée fixe. Le champ opératoire
leur est caché par une toile soutenue à la hauteur du cou
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par une barre traversale fixée à la table d'opération ; cette toile est préférable au masque qui gêne le malade et lui fait perdre patience. Et il n'est pas rare dans ces conditions d'entendre le malade demander à ce que l'opération commence alors qu'elle est déjà fort avancée ou même presque terminée.
Dans les interventions abdominales et surtout pelviennes faites sous la rachianesthésie, les intestins restent dans une immobilité parfaite, qui contraste violemment avec ce | qu'on observe si fréquemment dans l'anesthésie par inhalation. Ce silence abdominal, comme l'appelle M Jonnesco, constitue un des grands avantages de la méthode, dans les laparotomies gynécologiques en particulier; les viscères restent comme figés à leur place ; ils ne sont sollicités par aucune contraction abdominale dûe à un effort de toux ou de vomissement, et n'ont pas besoin d'être maintenus, ce qui ne va jamais sans risques de les froisser, pour empêcher qu'ils viennent encombrer le champ opératoire.
L'immobilité des membres inférieurs et celle des membres supérieurs, du cou et de la tête, qu'on obtient par la rachistrychnostovaïnisation haute, constitue elle aussi encore un avantage de la méthode, car elle supprime les mouvements qui fréquemment gênent l'opérateur et les aides. Elle est d’une incontestable utilité en particulier dans le cas d'intervention sur un membre fracturé ou ayant subi un traumatisme quelconque, et qui est le siège de violentes contractures musculaires, M. JonxnEsco fait observer toutefois, qu’on peut avoir une anesthésie parfaite sans immobilité des membres ; c'est là un fait rare mais qui doit être
connu, car il n’est pas nécessaire d'attendre la parésie pour
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éommencer l'opération, les phénomènes parétiques et anesthésiques n'évoluant pas toujours avec un parallélisme parfait.
M. Jonxesco fait cette remarque intéressante, que les chirurgiens peu entraïnés à la pratique de la rachianesthésie et craignant les complications, cherchent parfois à l'obtenir avec des doses moindres que celles qu'il indique ; mais alors l'anesthésie n'est ni profonde, ni durable. L'opéré conserve par exemple la sensation du contact; l’incision de la peau en particulier, ou les sutures superficielles, restent sinon douloureuses, en tous cas pénibles pour le malade. Les tractions sur les viscères sont égale-
ment pénibles ou même réellement douloureuses.
La durée de l’anesthésie ainsi obtenue, est assez variable suivant la dose de stovaïne injectée. Ses limites varient dans un délai de une demie heure, durée minima, à une heure et demie ou deux heures. Dans quelques cas, nous trouvons noté dans nos observations que la sensibilité n’a réapparu qu'au bout de plusieurs heures, mais nous pensons que la recherche de la sensibilité a été pratiquée dans ces cas au niveau des membres inférieurs et que jamais l’anesthésie étendue ne persiste au delà de une heure et demie à
deux heures, durée maxima.
Lorsque la durée de l'intervention dépasse celle de l’anesthésie, il faut ainsi que le recommande M. JoNxEsco, pratiquer une nouvelle ponction, l'opéré étant placé dans le décubitus latéral, avec une dose de stovaïne inférieure ou égale à la première, ce qui permet de prolonger indéfiniment
la durée de l’cpération.
P'éntee
2°) Phénomènes post-anesthésiques observés pendant
l'intervention
On observe assez fréquemment au cours de la rachianesthésie par la stovaine un certain nombre de phénomènes, d'incidents, banaux à force d'être fréquents, sans lesquels on peut dire qu'il n'est guère de rachianesthésie possible. Ce sont: des phénomènes vasomoteurs et sudoraux du côté de la face : paleur et sueurs du visage, cependant beaucoup moins fréquents d'après M. Jonnesco lorsqu'à la stovaine est associée la strychnine. Ces phénomènes peuvent d’ailleurs être amendés par une injection préventive de caféine faite avant l'injection anesthésiante.
Les nausées sont fréquentes ; les vomissements sont plus rares. Dans nos observations de rachistrychnostovainisation ces phénomènes ont été constatés 19 fois sur 63 cas, donc dans moins d’un tiers des cas d’anesthésie obtenus.
La céphalée est rare au cours de l'intervention ; nous ne la trouvons notée avec netteté que dans un seul cas. Céphalée et vomissements marchent souvent de pair et semblent düs à un trouble de l'équilibre céphalo-rachidien, normal, donc à des phénomènes mécaniques plutôt que toxiques. Et si certains auteurs ont cru voir dans l'hypertension du liquide céphalo-rachidien une cause à ces accidents, nous ne sommes pas éloignés de penser qu'au même titre que l'hypertension, l'hypotension pourrait les pro? voquer.
L'incontinence des matières fécales a été observée ; mais
elle est rare. On la rencontre environ dans 4 0/0 des cas;