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Mais l'obtention de l'anesthésie locale de la région nécessite un temps plus ou moins long pour être réalisée, car l'injection de cocaïne diffuse surtout en surface ‘entre les plans aponéxrotiques et musculaires, alors que pour être réelle l’anesthésie à réaliser doit être obtenue sur une profondeur de 6 à 8 centimètres, c'est-à-dire plan par plan, en ne faisant progresser l'aiguille que par échelons, à quelques minutes d'intervalle, ce qui entraine une assez grosse perte de temps. D'ailleurs même avec cette méthode, l'insensibilité du malade à la piqûre est rarement parfaite ; la douleur est réveillée surtout en effet par la pointe de l'aiguille, qui forcément traverse des plans non encore anesthésiés, puisque la solution injectée diffuse peu en profondeur et que lazône d'insensibilité se trouve forcément
limitée en deçà de la pointe de l'aiguille.
Nous croyons donc que cette pratique doit être rejetée, à moins de certains cas exceptionnels. D'ailleurs un opérateur habile, chez un malade qui n'est point un névropathe, arrive à faire la ponction lombaire sans provoquer de grande douleur. Il y a intérêt à éviter soigneusement la piqûre du périoste, qui est la cause fréquente de douleurs violentes tant immédiates que consécutives. Chez un malade qu'on sait un névropathe,on agira par suggestion ; en particulier, on le préviendra du moment de la piqûre, en le priant d'éviter tout mouvement violent qui pourrait gèner
la pénétration ou la progression de l'aiguille.
Le chirurgien arrivera ainsi dans la plupart des cas à se
passer de l’anesthésie locale.
La ponction proprement dite est pratiquée suivant la
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méthode classique et qui n'a guère été modifiée depuis qu'elle a été décrite.
Nous employons couramment l'aiguille de TurFier, longue de 8 centimètres environ (l'aiguille de 6 centimètres nous paraît trop courte pour beaucoup de sujets; celle de 40 trop longue et encombrante, d’ailleurs plus difficile à manier), à biseau court et très piquant, aiguille en platine iridié, résistante, mais assez malléable pour ne point se tordre ni se briser.
L'aiguille à biseau long avec trou latéral employée par certains auteurs ne nous parait avoir aucun avantage. D'autre part le biseau long peut être une cause possible d'échec à l'anesthésie, une partie du. biseau pouvant se trouver endeçàou au contraire au-delà du sac arachnoïdien et laissant difluser hors de lui une quantité plus ou moins importante du liquide injecté. Cette aiguille doit être munie d'un mandrin assez résistant qu'on peut à volonté retirer ou laisser en place au moment de la ponction.
Cette aiguille rigoureusement stérilisée, est saisie à sa base par le chirurgien entre le pouce et l'index de la main droite ; l'index gauche n'ayant pas quitté son repère, le chirurgien étant placé soit debout, soit mieux assis ou agenouillé, légèrement à la gauche du malade, enfonce l'aiguille en dehors de la ligne médiane, tout en recommandant au malade de faire le gros dos, pour faire saillir les apophyses épineuses et bailler l'espace qui sépare les lames vertébrales. La traversée des plans superficiels ne se fait souvent qu'après une certaine résistance ; celle-ci vaincue, l'aiguille est enfoncée lentement et progressivement, obli-
que en dedans vers la ligne médiane, légèrement en haut