‹ Contribution à l'étude de l'anesthésie par l'étherChapitre 11 sur 18 · AVANTAGES DE L'ÉTHER (DASTRE · texte numérisé non relu

AVANTAGES DE L'ÉTHER (DASTRE

On n’a pas observé de syncope primitive avec l’éther.

Cet agent offre moins de danger dans la première période de l’anesthésie en exposant moins que le chloroforme à la syncope secondaire ou bulbaire.

« L’éther doit être préféré lorsque les conditions du sujet ou d’autres causes font redouter la syncope secondaire, lorsque Le sujet présente une lésion du cœur droit et de ses orifices, conséquence d’une affection chronique du poumon. Au contraire, dans les opérations prolongées, dans le cas de lésion du cœur gauche et enfin chez les enfants, le chloroforme conviendrait mieux ».

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Mais, dit M. Julliard, « si l’éther arrête brusquement la respiration chez les enfants, alors il suffit de cesser les inhalations et d’un lavage de la face avec de l’eau froide pour ranimer les mouvements respiratoires. Il laisse du moins le cœur tranquille, tandis que le chloroforme arrête le cœur chez eux comme chez les adultes, accident contre lequel on est sans ressources, raison pour laquelle encore on doit préférer l’éther : de deux maux je choisis le moindre ».

En somme, on peut conclure avec M. Julliard :

1° L’éther est beaucoup moins dangereux que le chloroforme ;

2° Il produit l'anesthésie aussi constamment et aussi complètement que le chloroforme ;

9° Les inconvénients de l’éther, que le chloroforme ne présente pas au même degré, peuvent être évités par une bonne administration, ou tout au moins réduits à l’état de désagrément sans gravité. En tout cas, ils ne peuvent pas être mis en balance avec les dangers du chloroforme ;

4° Les contre-indications de l’éther sont: son inflammabilité etle mauvais état des voies respiratoires.

En somme, pour anesthésier un patient, l’éther seul suffit. La méthode de Kocher qui consiste à endormir le malade d’abord avec le chloroforme, puis à continuer l’anesthésie avec l’éther est déplorable, puisque c’est ajouter aux inconvénients du premier agent le orand danger auquel exposent les premières bouffées du chloroforme : la syncope laryngo-réflexe.

Peut-être, si l’on veut adopter absolument une anesthésie mixte, aurait-on tout intérêt à avoir recours à la méthode du professeur de Genève : l'association de la morphine en quantité variable suivant le sexe de l’opéré.

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Nous en avons fini avec l'étude de la physiologie de l'éther, avec ses grands avantages, avec ses inconvénients si minimes qu’on peut dire qu'ils sont jusqu'à un certain point négligeables. Après avoir étudié comparativement l’un et l’autre des deux grands agents anesthésiques qui se disputent à l'heure actuelle la faveur du monde chirurgical, nous allons passer à l'examen des divers appareils employés pour la narcose éthérique. Nous verrons combien ont été lents les progrès réalisés dans cette voie et l’on comprendra pourquoi on a rejeté si longtemps le secours de l’éther dans les opérations chirurgicales : jusqu'aux masques de Julliard et de Wanscher l’imperfectibilité de certains appareils ou la complication de certains autres les faisaient abandonner au profit du chloroforme si facile à administrer. Mais avant d’entrer dans la description de ces appareils, nous allons examiner dans un chapitre spécial les différentes statistiques apportées par les auteurs et qui sont tout en faveur de l’éther.

Statistiques.

I est incontestable que les statistiques, sans avoir toute la valeur qu’on peutleur demander, présentent pourtant un grand intérêt quand il s’agit de juger une question et surtout de pencher la balance en faveur de l’un ou de l’autre des deux anesthésiques principaux que nous mettons en présence. |

‘Presque tous les auteurs sont d'accord pour reconnaître que la mortalité est plus petite avec l’éther qu’avec le chloroforme et nous n'avons qu’à prendre et à discuter le plus brièvement possible l’ensemble des statistiques donné dans le travail de Julliard pour montrer qu’il y a une différence assez caractéristique à ce point de vue entre l'éther et le chloroforme.

Julliard donne dans son mémoire une statistique de 524.507 chloroformisations avec 161 morts, et une autre statistique de 314.738 éthérisations avec 21 morts ; donc la proportion est la suivante: une mort sur 8.258 chloroformisations et une mort sur 14.987 éthérisations ; en d’autres termes l'éther d’après l'ensemble de ces statistiques est quatre fois et demie moins dangereux que le chloroforme.

D'autres auteurs sont arrivés à des chiffres même plus écartés, car en prenant les statistiques il y a des auteurs comme Ollier qui sur 29.500 éthérisations n’a pas eu une

seule mort, et tout dernièrement à la Société de chirur- --BORREL-DEROIDE 9

gie (1), ce dernier a montré que sur 40.000 anesthésies par l’éther il n’a jamais constaté aucun accident mortel, etil est convaincu deil’efficacité et de l’innocuité de l'éther qu’il £ préconise depuis plus de trente ans. |

M. Chaput (2) sur 135 éthérisations, M. Monod (3) sur 241 anesthésies à l’aide de l’éther comme du reste M. Michaux (4) sur 1.000 cas n'ont pas eu une seule alerte.

Quelques jours après les communications de ces auteurs, M. Poncet (5) (de Lyon) qui à une grande pratique de l’anesthésie par l’éther montrait à la Société de chirurgie que depuis 25 ans qu’il emploie l’éther il a pratiqué plus de 25.000 éthérisations ; pour lui l'éther est beaucoup moins dangereux que le chloroforme et toutes les statistiques parlent dans ce sens ; on note un décès sur 3.000 chloroformisations tandis qu'iln'y en a qu'un sur 6.000 éthérisations ; en d’autres termes l’éther serait deux fois moins dangereux que le chloroforme.

Poncet sur 15.000 éthérisations indiquées dans le travail de Vallas (6) a eu deux décès: le premier décès est celui d’un enfant atteint de plusieurs tuberculoses localisées et dont l’état général était tout à fait défectueux, car du côté du cœur il y avait des lésions cardiaques très marquées, une insuffisance aortique accompagnée d’un rétrécissement aortique. Au cours de l’anesthésie faite par l’éther le malade présentait des phénomènes asphyxiques graves ; il se cya-

1) OLLIER, Société de chirurgie, 8 mai 1895.

2) CHAPUT, ANGELESCO ET LENOBLE, 8 mai 1895, )

(4) MicHAUX, Société de chirurgie, 22 mai 1895. (5) Poncer, Société de chirurgie, 29 mai 1895, (6) VALLAS, loco citato. |

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