‹ Contribution à l'étude de l'anesthésie par l'étherChapitre 15 sur 18 · EE · texte numérisé non relu

EE

dante des glandes salivaires, sécrétion qui se continue pendant l’anesthésie et on est obligé à plusieurs reprises d'enlever l’excès de salive qui s'écoule librement de la bouche.

L’anesthésie est pratiquée pendant 30 minutes et à on reprises on a été obligé de verser de l’éther dans le masque ; ainsi 5 ou 6 minutes après le début de l’anesthésie, le masque étant soulevé éloigné de la figure, on a versé une nouvelle quantité de 30 grammes d’éther et à plusieurs reprises différentes, à des intervalles variables, suivant l’état de la malade, on a versé de nouvelles doses d’éther, chaque dose variant entre 5 et 10 grammes, de telle sorte qu’à la fin de l'anesthésie, on avait employé 200 grammes d’éther.

Comme nous venons de le dire, tout le long de l’anesthésie le sommeil a été profond sans que la malade se réveille une seule fois, de même pendant toute la narcose on n’a pas observé un seul vomissement ; ceux-ci, comme le hoquet, ont fait complètement défaut.

Après le réveil qui s’est fait très rapidement la malade est calme et on n'observe de toute la journée que de légers vomissements formés de mucosités blanchätres, vomissements qui sont rendus sans que la malade en souffre et sans qu’elle fasse des efforts bien notables.

L'examen des urines ne révèle rien de caractéristique après l’anesthésie ; l’urine est normale, sans sucre et sans albumine.

Osservarion VIT (par M. AxGeLesco, interne des hôpitaux).

La nommé P. P., âgée de 47 ans, entre le 29 octobre 1894 à la Salpêtrière, au pavillon d’ovariotomie.

Elle est atteinte de plusieurs fibromes utérins enclavés dans le petit bassin ; on décide l’opération pour le 10 novembre et on pratique l'opération de Battey.

Anesthésie par l’éther (à l'aide du masque de Julliard).

On verse 30 grammes d’éther sulfurique pur dans le masque de Jullard et on approche doucement celui-ci de la figure du malade. L’odeur désagréable de l’éther impressionne la malade et la fait écarter le mas-

que avec les mains. L’agitation pourtant disparaît très rapidement et.

au bout de deux minutes la malade est absolument calme ; l’anesthésie complète du reste est obtenue en quatre minutes. La sensibilité a com-

Ses

plètement disparu, mais le reflexe conjonctival persiste jusqu’à la fin de la septième minute. La face de la malade est fortement congestionnée et la congestion est étendue au cou, et l’est légèrement à la partie supérieure du thorax. Malgré cette congestion assez intense, il n’y a pas de cyanose, la congestion est de courte durée, car l’anesthésie complète étant obtenue et en soulevant le masque pour verser une nouvelle quantité d’éther, la face devient rosée, aspect qui se continue dans le premier quart de l’anesthésie.

La malade présente une salivation très abondante, salivation qui va en diminuant à mesure que la narcose avance. À cause de cette salivation on essaie, à un moment donné, à pincer la langue, mais les mâchoires étant contractées et trouvant de la difficulté à les écarter on ne pince pas la langue ; on penche seulement la tête de côté et la salive s'écoule librement. La respiration est fort bruyante, s'entend à distance ; on trouve 50 respirations par minute, à la fin du premier quart d'heure d’anesthésie. Malgré la sécrétion abondante des glandes salivaires et malgré la sécrétion bronchique, la respiration, pendant toute l’anesthésie, ne présente pas la moindre irrégularité.

Le pouls est fort, résistant, et il conserve cette force et cette résistance jusqu’à la fin de l’opération, malgré la longueur de l’anesthésie qui dépasse une heure. Au début de l’éthérisation, il y avait 80 pulsations par minute; à la fin du premier quart d’heure on en trouve 108 pulsations par minute.

La température de la malade baisse progressivement à mesure que l’anesthésie avance ; son abaissement est continu, mais il est plus marqué relativement au début de l’anesthésie ;- ainsi la malade présentait 3609 avant l’anesthésie ; elle présente 3601 à la fin du premier quart d'heure du début de l’anesthésie ; 35°8 à la fin de la première demiheure de l’anesthésie.

La malade présente pendant l’anesthésie une épilepsie spinale très intense, épilepsie qui persiste jusqu’à la fin de la narcose ; le réflexe patellaire étant aboli.

On observe de même un léger nystagmus surtout marqué au début de l’anesthésie.

Le sommeil est calme, profond, et de temps en temps quand l’on BORREL-DEROIDE 13

LOS ee

s'aperçoit que la malade se réveille, on verse de nouvelles doses d’éther, de 5 à 10 grammes.

L’anesthésie est maintenue pendant une heure cinq minutes et on emploie 160 centimètres cubes d’éther.

Pendant toute l’anesthésie, comme après la narcose, il n’y a pas le

moindre vomissement, pas le moindre hoquet, mais on remarque après l’anesthésie une agitation assez prononcée, agitation qui se Continue pendant à peu près une heure ; la malade parle, rit et pleure, mais elle reste tranquille dans son lit. La première heure passée, tout se calme et on n’observe plus rien. à

Le réveil de la malade a été assez vite, car 15 minutes après la cessation de l’anesthésie, elle était complètement réveillée.

Les urines ne présentent ni sucre, ni albumine ; elles sont seulement légèrement troubles dans les deux premiers jours et laissent déposer au fond du verre un léger dépôt rougeûtre.

La malade n'avait jamais été anesthésiée auparavant.

Ogservartion VIIL (personnelle).

La nommée N. B., âgée de 43 ans, entre le 8 novembre 189% à la Salpêtrière, salle Lallemand, lit n° 5.

Elle est atteinte d’un cancer du sein accompagné de ganglions dans Paisselle. Extirpation du sein le 20 novembre 1894 et extirpation des ganglions.

Anesthésie par l’éther (avec le masque de Julliard).

On verse 20 grammes d’éther dans le masque et on l’approche graduellement de la figure. La malade supporte très bien l’éther, car elle ne fait pas la moindre défense pour écarter le masque. L’agitation fait par conséquent complètement défaut.

La malade se congestionne assez fortement, sans présenter pourtant de la cyanose. Le salivation dans ce cas est légère, presque insignifiante. L'anesthésie complète est obtenue au bout de 7 minutes; elle est aussi complète que possible pendant toute la durée de l'opération. La malade ne se réveille pas une seule fois pendant toute la narcose. On est obligé seulement de temps en temps, quand on voit le réflexe conjonctival apparaître, de verser de nouvelles doses d’éther dans

Page 1